‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 176 sur 551 · POLITIQUE DU PAPE · texte numérisé non relu

POLITIQUE DU PAPE

que de bonnes paroles. En arrivant à Rome, il eut d'abord plus de succès, car sa situation morale était très forte. Il n'avait jamais été convaincu des crimes dont on l'accusait; il n'avait jamais même été jugé; il avait toujours professé obéissance à l'Église, se déclarant prêt à prouver son innocence, conformément à la procédure de l'époque, parla pur g ation canonique; il s'était soumis à de sévères pénitences comme s'il avait été condamné, il avait été absous comme si on lui eût pardonné, et, depuis, il avait rendu de fidèles services en combattant ses anciens amis et offert toutes les réparations en son pouvoir aux églises qu'il avait dépouillées. Il affirmait hardiment son innocence, demandait des juges et réclamait la restitution de ses châteaux.

lunocent paraît d'abord avoir été touché par le tableau des torts faits à Raymond et de sa ruine imminente; mais cette impression fut de courte durée et le pape revint bientôt à la politique de duplicité qui jusque-là lui avait si bien réussi. Il décida d'abord que les citoyens de Toulouse s'étaient suffisamment justifiés et ordonna que l'excommunication qui pesait sur eux fût levée. En ce qui touche Raymond, il envoya des instructions aux archevêques de Narbonne et d'Arles, à l'effet de réunir un conseil de prélats et de nobles où Raymond serait jugé sur sa demande. S'il se trouvait là un accusateur pour affirmer que Raymond était hérétique et responsable du meurtre de Pierre de Castelnau, on entendrait les deux parties et on rendrait un jugement qui serait transmis à Rome, où les décisions finales devaient être prises; en l'absence de tout accusateur formel, on prescrirait à Raymond une pénitence convenable, après laquelle }fi/ il serait déclaré bon catholique et obtiendrait la restitution de ses châteaux.

Tout cela était, en apparence, assez loyal; mais l'intention frauduleuse ressort d'une lettre écrite en même temps par le pape au légal Arnaud. Innocent y félicite chaudement le légat de ce qu'il a fait jusqu'alors et lui explique que, si la nouvelle affaire a été ostensiblement confiée au nouveau commissaire Theodisius, c'est uniquement pour leurrer Raymond; le légat,

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