NOUVELLES USURPATIONS DES MOTNES
prêter les privilèges conférés aux Mendiants, montre que l'hostilité persistait et guettait les occasions de se produire. Miimc à l'extrémité la plus lointaine de l'Espagne, Yhermandad des évêques et abbés de Léon et de Galice, en 1283, indique, comme un des objets de la confédération, la résistance aux usurpations des Dominicains et des Franciscains et aux injures qu'ils infligeaient sans cesse tant aux monastères qu'au clergé séculier. Celui-ci s'efforçait parfois d'empêcher l'établissement de nouvelles maisons de Mendiants ou de les contraindre à la retraite par des vexations, avec l'inévitable résultat de s'attirer la colère pontificale. 11 y eut une lueur d'espérance quand le sage et érudit Jean XXI monta sur le trône; mais son hostilité 290 envers les Mendiants abrégea sa vie, comme elle avait abrégé celle d'Innocent IV. Le toit de son palais s'écroula sur lui après huit mois de règne et les pieux chroniqueurs des Ordres flétrirent sa mémoire comme celle d'un hérétique et d'un magicien. Vers 1284, l'interprétation de quelques nouvelles concessions de Martin IV réveilla l'antagonisme. Toute l'Église gallicane se leva. En 1287, l'archevêque de Reims convoqua un concile provincial pour étudier la question. Il rappella en termes émus les vains efforts du clergé en vue d'une solution pacifique, les insupportables empiétements des moines, les intolérables injures infligées tant au clergé qu'aux laïques et la nécessité d'un appel à Rome. On savait qu'un pareil appel entraînait des dépenses considérables ; mais tous les évêques consentirent à abandonner cinq pour cent de leurs revenus ; les abbés, prieurs, doyens, chapitres et églises paroissiale' de la province sacrifièrent un pour cent de leurs rentes pour ia même cause. Le pieux Franciscain Salimbene nous apprend qu'on réunit ainsi cent mille livres tournois et qu'on acheta à ce prix, le pape Honorius IV. Le Vendredi Saint de l'an 1-87, il devait publier une bulle retirant aux Mendiants le droit de prêcher et de confesser. Ils étaient désespérés, mais, cette fois, ce furent les prières des Franciscains qui prévalurent, comme celles des Dominicains avaient remporté la victoire au temps d'Innocent IV. La main de Dieu d'appesantit sur Honorius clans la nuit du mercredi; il