‹ Histoire de l'Inquisition au moyen âgeChapitre 372 sur 551 · QUERELLES ENTRE MOINES · texte numérisé non relu

QUERELLES ENTRE MOINES

quelques-uns qui étaient venus de France. Immédiatement, les inquisiteurs français les réclamèrent, en particulier l'un d'eux qui avait le rang d'évêque parmi les Cathares. Le pape Nicolas IV se hâta d'ordonner au Frère Philippe de Trévise de livrer ses prisonniers à l'envoyé de l'Inquisition de France, après avoir tiré d'eux le plus de renseignements qu'il pourrait. L'Inquisition pontificale jouissait, aux yeux des hommes, des privilèges de l'omniscience, de l'omnipotence et de l'ubiquité (1).

Parfois, il est vrai, l'efficacité de cette organisation était affaiblie par des querelles, en particulier celles qu'engendrait la jalousie des Dominicains et des Franciscains. J'ai déjà rappelé les difficultés qui surgirent.de ce fait à Marseille en 4266 et à Vérone en 1291. Un autre symptôme du manque d'unité se manifesta en 4327, lorsque Pierre Trencavel, un Spirituel bien connu, qui s'était évadé de la prison de Carcassonne, fut fait prisonnier en Provence avec sa fille Andrée, fugitive comme 367 lui. Il était évident qu'ils relevaient du tribunal auquel ils s'étaient soustraits par la fuite ; néanmoins, le Frère Michel, inquisiteur franciscain en Provence, refusa de les livrer et le tribunal de Carcassonne fut obligé d'en appeler à Jean XXII, qui intima l'ordre à Michel de rendre immédiatement ses captifs. Toutefois, si l'on tient compte de l'imperfection de la nature humaine, il faut convenir que des contestations de ce genre semblent s'être produites assez rarement (2).

Pour diriger équitablement une organisation aussi puissante, de laquelle dépendaient la vie et le bonheur de millions d'individus, il aurait fallu une sagesse et une vertu presque surhumaines. Quel était l'idéal des hommes auxquels était confiée la besogne courante du Saint-Office? Bernard Gui, l'inquisiteur le plus expérimenté de son temps, termine ses instructions détaillées sur la procédure par quelques conseils généraux touchant la conduite et le caractère. L'inquisiteur, dit-il, doit être diligent et fervent dans son zèle pour la vérité

(1) Coll. Doat, XXX. 132; XXXII. 155.

(S) Coll. Doat, XXXV. 18.

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