SON
Alimentation. — La population de la crèche se divise en trois groupes : les nourrissons, les enfants au biberon, les sevrés.
Les enfants au sein étaient allaités deux ou trois fois par jour. Dans l'intervalle des visites de la mère on ne leur donnait jusqu’à l’âge de quatre mois que du lait de vache coupé d’eau de gruau ; de quatre mois à un an on leur faisait prendre,à 9 heures,à midi et à 4heures, des bouillies, semoules ou panades sucrées.
Pour les enfants au biberon, le régime était le même, le lait de la mère étant remplacé par des prises de lait de vache pur ou coupé suivant la force de l'enfant.
Le régime des enfants sevrés variait quelque peu suivant les crèches; à Saint-Louis d’'Antin on leur donnait : à 11 heures, panade ou potage maigre, à 2 heures tartines au beurre ou à la confiture, à 5 heures potage gras, à 6 heures, nouvelle tartine ; aux plus âgés on donnait quelques tranches minces de bœuf bouilli. La boisson consistait en eau panée ou eau de réglisse. \
Les médecins indiquaient les enfants qui avaient besoin d’un régime exceptionnel.
Prescriptions hygiéniques diverses. — Nous ne saurions mieux faire que de citer encore le règlement hygiénique de la crèche de Saint-Louis d’Antin”
« La plus grande propreté dans toute la crèche, et sur les enfants et sur les berceuses. Chaque enfant
SN
lavé deux fois, peigné une fois par jour. Ne le laver à fond qu'une heure au moins après le repas. Le laver loin des croisées. L’essuyer toujours, l’essuyer avec un linge propre. Sur lui jamais rien de mouillé. À chacun son mouchoir, sa tasse, son éponge, sa cuillère. Bercer peu, promener beaucoup, faire marcher ceux qui le peuvent. Gronder rarement, ne battre Jamais. Douceur en tout. Coucher l’enfant tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, et toujours la tête légèrement élevée. Couvrir assez; pas trop. Ne pas le laisser assis longtemps sur le pot, ni ailleurs. Ne pas gêner ses mouvements dans un maillot. Ne pas l’enlever par un bras. Pieds chauds ; ventre libre ; tête fraiche. Ni joujoux peints, ni rien qui puisse faire du mal aux voisins. Caressez, mais n’embrassez pas souvent. N’éveillez pas l'enfant qui dort. S'il faut un lit de camp, éviter que les enfants soient en contact. Ne pas exciter le mécontentement ou les pleurs. Laisser jouer les enfants ; les placer à côté de ceux qu'ils aiment. »
Telle fut l'hygiène des premières crèches ; on en a beaucoup médit, et si cependant on avait voulu se rappeler dans quelles déplorables conditions hygiéniques se trouvaient à cette époque les malheureux enfants confiés à la nourrice, à la gardeuse et à la sevreuse, on aurait bien été obligé de convenir que la crèche avait en somme réalisé un très grand pro-
grès,