I.UTHFR
traitant la même question. Le pape et les apologistes catholiques avaient cité, parmi les damnables opinions émises par Luther, qu'il aurait dit : «Proeliari adversus Turcas est repugnare Deo visitanti iniquitates nostras». Luther avait déjà protesté dans son «nAssertio — — — ar» ticulorum damnatorum» (1520), en disant qu'on n'a pas tort en lut« tant contre les Turcs, mais qu'il faudrait d'abord réformer l'Eglise. C'est cette thèse qu'il reprend ici, dans l'année même du siège de Vienne par les Turcs. Le danger qui semblait menacer toute l'Eus rope avait profondément ému les esprits, et l'on comprend que Lu* ther ressent le besoin de se disculper de l'accusation d'avoir défendu une opinion si évidemment impopulaire. Le fait d'insister trop .sur une réforme de la papauté aurait pu ajourner toute défense contre les Turcs. Luther se sauve du dilemme en appuyant sur sa doctrine des deux magistrats ; le pouvoir séculier — l'Empereur — peut or< donner la guerre; le chrétien particulier doit s'en abstenir. Luther ne résout pas le problème de savoir comment l'Empereur doit trouver des soldats si tous les «chrétiens» exigent d'abord la réforme de la papauté. Il a sans doute pensé qu'il y aurait suffisamment de bons catholiques. — Son écrit finit par une exhortation vigoureuse de combattre les Turcs. — Son «Heerpredigt wider den Turcken» est encore plus violent.