‹ Histoire de l'invasion allemande en 1870-1871Chapitre 179 sur 257 · ENVIRONS DE PARIS ET ILE DE FRANGE · texte numérisé non relu

ENVIRONS DE PARIS ET ILE DE FRANGE

La population des environs de Paris fut soumise à des vexations età des humiliations incessantes jusqu'à ce que, en bon nombre d'endroits, on l'expulsât en masse pour l'interner ailleurs^.

L'Ile de France, a dit E.Fournier, fournit un tableau complet de dévastation que les Allemands infligèrent à plusieurs régions :

Dévastations puis destruction, à l'aide de l'incendie pour faire disparaître les traces du pillag-e et laisser croire à l'anéantissement et non au vol des choses enlevées, dévastation avec souil-

1. Cavaniol (Th.), l'Invasion de j8jo-i8yi dans la Haate-Marne, pp. 198 à 243.

2. C'est ce qui arriva aux malheureux habitants de Saint-Cloud, Thiais et Ghevilly, Chenncvièrcs, Gouvernay, Boug^ival, Garches, Meudon, etc. Des#ardins (Gustave), op. cit., p. 85.

lures, presque toujours la même, et les plus immondes, les plus dcshonorautes pour ceux qui ne rousjfirctit pas de se les permettre ; dévastation avec profanation et même sacrilège : tout y l'ut i.

Les malheureuses bourgades dévastées furent rangées en trois catégories numérotées : n° i, «assez joliment pillée; n" 2, modérément pillée; n" 3, complètement nettoyée ». Aussi un Allemand, J . de Wickede, pouvait-il écrire de visu, à la fin de septembre 1870 :

... Pendant trois jours, je n'aperçus que destructions. Le pillage allait aussi bon train. Une nuée de pillards, s'intitulant vivandiers, fournisseurs, infirmiers, se précipitaient de l'Allemao"ne sur la France, mais ce riéfaient que des gens de sac et de corde. Ils affluèrent surtout autour de Paris, volèrent, rançonnèrent, escroquèrent les habitants à cœur joie, et poussèrent nos soldats à piller, leur oti'rant quelque menue monnaie pour le produit de leur vol. Il se passa alors bien des faits gui ne sont f^as à l'honneur^ du nom allemand et qui ont, à bon droit, révolté les Françfiis. Il n'y a rien à répondre quand ils nous accusent de barbarie et de brutalité 2.

VERSAILLES ET SEINE-ET-OîSE

Il faudrait deux volumes pour donner une idée de ce qu'ont eu à souffrir, à la connaissance certaine du roi de Prusse et de ses conseillers, les populations de cette région qui fut littéralement foulée aux pieds. Ces volumes ont été faits et loyalement écrits par deux Yersaillais : E. Délerot et G. Desjardins, aux travaux desquels nous serons le plus souvent obligé, faute de place, de renvoyer.

On doit au premier d'entre eux un tableau fidèle et

I. FouRNiER (Edouard), op. cit.. pp. 180 et siiiv. Voir aussi le Times du 3o décembre 1870.

3, Neuxomm (V,), pp. ^l^3-lI^b.

vivant de la physionomie qu'offrit Versailles pendant les 174 jours que dura l'occupation ^ 11 reconnaît, d'ailleurs, que le sort de ses habitants fut « naturellement très doux, comparé à celui des habitants des villages occupés. . ».

Les scènes de violation de domicile, de vols et de pillag"e furent fréquentes-.

Que dire des sacrifices pécuniaires imj)osés, du 20 septembre au 3o janvier 1871, à une ville dont le sieur de Brauchitsch (bronchite, se permettait-on de dire, pour plus de facilité) connaissait exactement les recettes annuelles s'élcvant à 800.000 francs.

Entre ces deux dates, Versailles eut à débourser ^ mensuellement 390.000 francs; encore, le Roi lui fitil remise, le 29 septembre, d'une contribution de g-uerre de 4oo.ooo fr. et participa-t-elle à la mesure concernant la contribution... toujours « extraordinaire» de 10 millions pour laquelle sa quote-part était de 1.054.567 francs.

Les Réquisitions exigées pendant cinq mois dépassèrent, surtout pour les bureaux d'état-major, tout ce qu'on peut imaginer. Délerot en a donné plusieurs spécimens *. Le roi et le prince royal, son fils, ne réclamèrent que « le logement, le feu et la chandelle », mais quel brasier perpétuel et quelle illumination ! Pour le prince seul, on eut, en effet, à fournir par

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