‹ Histoire de l'invasion allemande en 1870-1871Chapitre 215 sur 257 · CAUSES VERITABLES · texte numérisé non relu

CAUSES VERITABLES

L'Allemagne a toujours haï la France, Haine faite de cette double admiration (ju'cng-endrent l'envie et la convoitise. Depuis les brumes de la préhistoire, sa préoccupation courante fut de nous prendre ce que nous avions de bon, ce que nous avions et ce qu'elle ne possédait pas -.,.

Les otag^es dits de Brème en eurent le sentiment dès leur arrivée dans une rég'ion où il ne semblait pas qu'une grande animosité pût régner contre nous : envie, « extrême antipathie de race », manque absolu de générosité, « intention persistante de nous écraser sous le nombre ».

Déjà nous avons signalé ce fait extraordinaire, mais probant, que, même chez les Allemands blessés, la haine des Français subsistait ^. Elle provient, à n'en pas douter, de l'instruction reçue dans la famille et à l'école.

C'est bien là le « souffle de sauvagerie poméranienne » signalé par E. Délerot.

I. Thiers, Histoire du Consulat et de l'Empire, t. VU, pp. 249 et

■>.. Rkgamey (Jeanne cl Frédéric), t' Allemagne ennemie, p. i36. 3. ISIeyiieï (lieutenant-colonel), op. cit., p. 119.

A. Legrelle pensait, lai aussi, que la haine seule peut expliquer les « ordres sanguinaires donnés par des officiers supérieurs avec je sais quel sang-froid dédaigneux et méthodique qui force parfois à se demander si ces doctrinaires de l'assassinat et de l'incendie sont tout à fait nos semblables... ^ ».

LETTRES D UN LANDWEHRIEN, G. RINDFLEISCH

Le landwehrien G.Rindfleisch (i843-i883), conseiller de première classe à la cour de Celle (Hanovre), depuis sous-secrétaire d'Etat au ministère de la justice à Berlin, a laissé un Recueil de lettres de campagne- qui, publié en 1889, constitue un terrible réquisitoire contre des gens instruits qui auraient dû se montrer délicats et bien élevés. Tout serait à citer; le peu que nous reproduisons est écœurant :

... Tu ne saurais croire quelle exaspération bouillonne contre la nation française. Notre entretien roule souvent sur tous les moyens de veno-eance imaginables contre ces gredins menteurs pourris jusqu'aux moelles....

Je pense que, dans une huitaine de jours, l'attaque sera prête. Nous verrons alors ce que Paris pourra faire. Je compte toujours à part moi sur un bombardement de trois ou quatre jours avec les obus incendiaires ; afin qu'au moins une partie de cette Sodome 3 soit visitée par la destruciion pour la punition de ses péchés sans nombre.

J'ai une haine de race absolument irréconciliable contre ces canailles... Jusqu'au bout, telle est notre devise. Si je tenais aujourd'hui à la gorg-e le bien-être de la France tout entière, je

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