‹ Histoire de l'invasion allemande en 1870-1871Chapitre 38 sur 257 · I. Fautras (Gustave), Cinq mois de captivité, [ip. 9 et lo · texte numérisé non relu

I. Fautras (Gustave), Cinq mois de captivité, [ip. 9 et lo

mi, est tué de deux coups de fusil Au bruit de la détonation, M. Jacoby, propriétaire de la maison devant laquelle est tombé Colin, sort ; des soldats, croyant que c'est lui qui vient de tirer, le tuent à coups de sabre, puis, entrant dans son logis, le pillent.

Vaux (Ardennes), le 29 octobre — A la suite d'un combat qui a coûté la vie à un sous-officier allemand, trois habitants qui n'y avaient point participé sont fusillés sans avoir été jugés par un conseil de guerre.

Guitry (Eure), le 6 novembre. ■ — Exaspérés par un combat livré à proximité de Guitry, les Allemands envahissent le village qui ne compte queaiB habitants et commencent par arrêter le maire, dont ils inceadient la maison; ils assassinent ensuite huit habitants qui revenaient silencieusement des champs, leure instruments de travail sur l'épaule.

Mandé auprès des blessés, le curé s'arrête auprès de l'un d'eux, qui va mourir sous les yeux de sa femme et de ses enfants hébétés de douleur et d'eftroi. Deux Prussiens survenus disent au curé de ne pas « toucher à cela », de s'en aller au plus vite et mettent le feu à la chaumière: « Le curé enlève le mourant, entraîne la famille éplorée, s'élance hors de la maison qui s'embrase... Quelques instants après, le blessé rendait le dernier soupir i . »

Poni-sur-Vanne (Yonne), le 1 5 novembre"^. — Le i5 novembre au soir, le maire de Pont-sur- Vanne, le cultivateur Auguste Lavoué, âgé de 66 ans, père de huit enfants, et Jean-Louis, son berger, âgé de 38 ans, père de 3 enfants, sont arrêtés sur la déclaration men-

i. EnNouF (baron), Souvenirs de l'invasion prussienne en Normandie, p. 1 10.

2. Rapport adressé par le juge de paix de Villeneuve-rArchevèque au Procureur de la République.

songèred'uiiulilan qu'ils avaienttemporairementdésarnié parce que, la veille, étant ivre, il les avait menacés.

Vers 10 heures du matin, les inculpés comparaissent devant un conseil de guerre qui, malgré leurs dénégations, condamne à mort l'avoué et Jean-Louis. Aussitôt après l'exécution, la ferme de Lavoué est incendiée, mais on en a fait sortir le bétail et une partie du mobilier.

Forêt-laFolie (Euve), le i5 novembre. — Battant en retraite devant les Allemands, des francs-tireurs escaladent les murs d'une ferme exploitée par M. Champig"ny, qui cependant s'était opposé à ce qu'on l'occupât. Les Allemands assassinent Champigny, maltraitent sa fille et tuent le garde forestier Laine.

Berchères-siir-Vètjre (Eure-et-Loir), le 17 noveml)re. — Un combat livré non loin de Berchères servit encore de prétexte à treize assassinats de gens inoffensil's, le fermier, trois ouvriers de la ferme Ville-l'Evéque et neuf habitants de la ferme de la Mare.

Prénieaux (Côte-d'Or), le 17 novembre.

tJu soldat qui venait de sortir de l'iiôpital de Nuits est assailli sur la route par six uhlans ; frappé de coups de sabre, il est laissé pour mort. M. Viénot, maire de Prémeaux, le ramena à l'Hôtel- Dieu de Beaune '.

Saint' Apollinaire (Côte-d'Orj, le 28 novembre.

M.M, Aubert, Daiscy, Millière et Mme Mathey sont frappés à coups de crosse de fusil, à coups de sabre et à coups de pied.

MM. Simon et Mathé-Moreau, la tête hachée par le sabre des Allemands, sont liés aux roues des fourg'ons avec des raffinements de barbarie qui rappellent les routiers du moyen-àge. M. Simon meurt dans d'atroces souflrances '.

1. Clément-Jamn, Journal de la guerre de i8/0-i8ji à Dijon el dans la Côte-d'Or, t. II, p. 47-

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