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Histoire de l'Opéra

'ouverture du Nouvel-Opéra nous a inspire' Vidée de publier ce petit livre ^ résumant ^ en peu de pages l'histoire si ? mal connue de noire Acadé-

^^""^^^'^^^^""*''^'"^'^ mie de musique^ tour à tour royale, impériale et nationale.

Les splendeurs du monument de M. Charles Garnier laissent bien en arrière^ non- seulement les dou^e salles qui abritèrent avant lui notre première scène lyrique^ mais toutes les salles de V Europe, anciennes et modernes.

La salle de la rue Le Peletier contenait 1,783 places sans les strapotitins, celle de M. Garnier en contient 2,100. On compte au théâtre San Carlos de Lisbonne 2,000 places; à Covent Garden de Londres, 2,5oo; au 7wuvel opéra de Vienne, 2^400; au théâtre royal de .Munich^ 2,3oo; au théâtre royal de Dublin, 2,000; à celui de Turin^ 2,000; au Carlo Felicede Gênes^ 2,000; à P Académie de New- York, 2,000; à r Académie américaine de Philadelphie, 2,890; à la Fenice de Venise, 2,000; à la Scala de Milan, 3, 000. Notre salle n^est donc pas Vune des plus vastes pour la contenance, mais ce sera certainement la plus magnifique,

La largeur de la salle aux appuis des premières loges,, qui était de i6™8o, est de 2o'"5o à notre nouvel opéra; la profondeur du devant des loges au manteau d^ arlequin,, qui était de 22'", est aujourd'hui de 2 5"'62 3. La largeur du cadre d^ avant-scène s'est augmentée de 3'" et la hauteur de i"M5 ; la profondeur de la scène a gagné 2"^ et sa largeur,, prise aux murs latéraux, ig^ço.

PREFAC E III

Cette extension de la largeur de la scène avait été adoptée pour recevoir un nouveau système de machinerie très ingénieux^ séparant les décors par le milieu et les réunissant sur riieure, sans perte de temps et sans/rais de transport^ dans les deux parties latérales. L'œil n aurait plus été choqué par les fermes qui montent du dessous et qui ne se raccordent jamais avec les frises descendant des cintres. Un plancher mobile aurait supprimé les praticables que l'on construit à coups de marteaux et qui font durer les entr actes aussi longtemps que les actes. Si quelques points pratiques ne répondaient pas entièrement à Vapplication des systèmes proposés ^ il fallait au moins les étudier à nouveau, les corriger et les perfec" tionner. Il reste évident que nous ne sommes pas plus avancés aujourd'hui en fait de machinerie théâtrale qu^on ne l'était sous Louis XIV, et même au seizième siècle. Il y avait certes beaucoup à prendre dans les projets élaborés par MM. Barthélémy de Nancy ^ Reynard, Foucault, Tresca^ Sabattier et Quéruel^ Sacré et Brabant, tous imparfaits, mais contenant tous de

très ingénieux moyens. M. Garni er dit, dans son excellent livre, le Théâtre, que le problème sera sans doute un jour résolu. Il importe qu'il le soit, et le plus tôt possible. La scène nouvelle est heureusement disposée pour se prêter à toutes les améliorations que les machinistes pourront trouver. Une commission consultée a préféré l'ancien système aux nouveaux, le connu à Vinconnu. Une autre commission décidera peut-être le contraire une autrefois.

Cette routine persistante empêche aujour^ d^hui, si un chanteur tombe malade le matin, de pouvoir représenter le soir un autre ouvrage que Guillaume Tell ou la Favorite. Les décors plus compliqués des autres pièces du répertoire nécessitent dix heures de travail pour les apporter des magasins et les placer dans les dessous.

La disposition de l'ancienne salle de Louis, qui a été reproduite par M. Garnier, est aS' sûrement la plus élégante qui se puisse voir. Le splendide escalier, les belles peintures de MM. Baudry, Boulanger, Lenepveu, BarriaSj Pils, Delaunay, ce luxe de sculptures, de

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