JEHAN LE MORE
Jehan le More était né à Tencc en Vivarais,el avait épousé Esther de Chambonnet, fille du capitaine Marcellin de Chambonnet.
Il eut quatre filles et deux fils.
La première de ses filles, Claude, ,fut mariée à M. de Chizaret; la deuxième, Isabeau, à M. de Figon; la troisième, SébasOenney h,M. de laBorie; et la quatrième, Françoise, à M. de Serret; conseiller au présidial de Valence. Celle-ci mourut avant son père , laissant trois enfants : Jeanne, Esther et Marie. Les deux fils de Jehan le More furent Marcellin, conseiller, lui aussi, au présidial de Valence, et à qui son père donna 6,000 livres pour acheter cet office, et Jacques, docteur en droit , agrégé en Tuniversilé , qui fut son héritier uiiiversel; Jacques avait épousé Marguerite de Bojzonis,
Jehan le More fit son testament à Valence, le 1" octobre 1643. En voici quelques passages:
« Au nom de la sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, » je, Jehan le More, premier docteur régent royal de la » faculté des droits en l'université de Valence, doyen d'i- » celle faculté, et en cette qualité conseiller du roi et juge » général de la comté de Velay, me reconnaissant âgé' de » septante-trois ans, et par ce moyen n'avoir guère plus à » vivre, attendu jnême la maladie contagieuse qui règne » cette année ; après avoir invoqué la grâce et la niiséri- » corde de Dieu , j'ai fait mon testament et dernière vo- » lonté en la forme et manière que s'en suit, et.première- » ment ai fait le signe de la sainte croix, disant au nom du » Père et du Fils et du saint Esprit, et suppliant comme je » supplie Notre-Seigneur Jésus-Christ , vrai Dieu et vrai » homme, par les mérites de sa saincte mort et passion ,
Antoine deMarville mourut à Valence le 31 octobre 1693, âgé de 84 ans. Il avait marié Tatnée de ses filles, nommée Marianne, à Pierre Serrct, conseiller au présidial, et Blanche, la cadette, à noble Joseph de Burzet, seigneur de Bidon.
Son fils, Marc- Antoine, chevalier d'honneur au présidial et docteur de Tuniverslté, épousa Anne Serret de laquelle il eut deux filles et trois fils. Il vivait encore en 1744 et avait alors 85 ans.
Gomme le nom des Serret figiin-^ souvent dans Thistoire de l'université de Vahace, nous ferons connaître ici Torigine et les alliances de cette famille.
Pierre Pellissier, bourgeois de Romans, n'eut qu'une fille nommée Jeanne, qui fut mariée à Helain Serret, juge du Bourg-lès- Valence, agrégé en l'université, de laquelle naquirent trois fils et trois filles.
L'aîné des fils fut Pierre-André Serret^ marié à Anne Jay, qui donna le jour à Anne Serret, fille unique, épouse de Marc-Antoine de Marville.
Du mariage d'Anne Serret avec Marc-Antoine sont issus.:
1° Pierre-Antoine de Marville qui fut capitaine à 23 ans au régiment de Blacons;
2° Pierre- André, lieutenant des grenadiers au. régiment de Royal-Comtois ;
3° Aimard, lieutenant de la milice du Dauphiné ;
4" Anne, mariée à Jean-Louis Rouveyre de Perrault, prévôt d'armée ;
5** Marie qui épousa Claude Petit, président au bureau de l'élection de Valence.
L'aînée des filles d'Hélain Serret, nommée Anne, fut mariée à M. Planta, souche de l'honorable famille de Planta si avantageusement connue à Valence, et qui a donné à Tirnivcrsilé plusieurs docteurs-régents d'un rare mérite.
Ainsi s*allièrent à diverses époques les familles Serret, Marville et Planta, qui depuis lors ont formé diverses branches dont Tune subsiste encore de nos jours en la personne de M. Duclaux Marville, receveur des hypothèques à Nyons. L'union des Marville aux Duclaux eut lieu vers Tannée 1740 par le mariage de Jeanne de Marvilleavec M. Duclaux, seigneur de Mésangère, conseiller du roi au présidial de Valence.
Nous terminerons ce rapide aperçu par quelques extraits du testament de notre célèbre docteur Antoine de Marville.
« Par devant moy notaire royal... Estably en personne » noble Antoine de Marville, premier professeur du roy et » docteur-régent de la faculté de droit en l'université de » Valence, lequel, de gré, a voulu disposer par sa dernière » volonté des biens qu'il a plu à Dieu lui donner comme » s'en suit : Premièrement il s'est muni du signe de notre » rédemption en disant : Au nom du Père et du Fils et du » Saint-Esprit, suppliant la divine Majesté de lui pardon- » nerses péchés par sa grande miséricorde et de le recepvoir » en son Paradis par sa bonté infinie, et par l'intercession » de la glorieuse vierge Marie et de tous les saints, décla- » rant le dit testateur avoir choisi sa sépulture dans la cha- » pelle de l'église de révérands frères prêcheurs de l'or- *f dre de saint Dominique de cette ville où demoiselle » Jeanne Crozat, son épouse, est ensépulturée, désirant » que son corps y soit porté sans cérémonie incontinent » après son décès, et le lendemain que les religieux fas- » sent un service et commencent un annuel de mes- » ses, pour quoy il lègue au dit couvent la somme de cent- » vingt livres... Lègue aussi à l'hospilal de nouveau esta- » bli, proche la dessante de la dite ville, au Bourg lèz la » dite ville, la somme de trente-six livres, au couvent des » révérands frères capucins de la dite ville, duquel il a » l'honneur d'être sindic ou père temporel, semblable
» somme de trente-six livres, priant les religieux du dit » couvent de célébrer chacun la sainte messe le lende- » main du dit décès pour le repos de son âme. Lègue » aussi aux révérands pères cordeliers, minimes, récol- » lets, et à Téglise de la mission et collège de la dite » ville la somme, de douze livres à chacun, et pareille » somme pour la fabrique de Féglise parochiale de saint » Jean de la dite ville où plusieurs de ses enfants ont eu » la sépulture ; lègue aussi aux monastères des religieu- » ses de Soyons, de Vernaison, de sainte Ursule, de la » Visitation sainte Marie et de Notre-Dame, au chacim la » somme de six livres, leur recommandant de prier » Dieu le lendemain de son décès pour le repos de son * âme... Nomme pour son héritier universel Marc-Antoine » de Marville, son fils unique, docteur agrégé en Funiver- » site du dit Valence... »
Le testament est daté du 25 février 1685.
On a d'Antoine de Marville plusieurs ouvrages , entre autres : 1* Oratio de concordid arniorv'm et legvm adversvs paroemiam silere leges inter arma, Parisiis, 1657, iAi-4°. (Bibliothèque de Grenoble.) 2° Selectœ sententix ex iiistitvtionlbus civilibus, cvm supplemento definitionvm et differentiarvm iuris. ValenPiœ, 1683, in 12.
BAGHASSON.
L'université de Valence avait pour recteurs en 1698, Jean-Pierre Bachasson, et en 1730, Laurent Bachasson.
Cette famille illustrée de nos jours par deux ministres de rintérieur, était originaire de Valence. Jean-Pierre Bachasson fut anobli pendant son professorat comme la plupart des autres régents de l'université. En 1785, un descendant de cette famille, ayant acquis une charge de conseiller au parlement de Grenoble, ajouta à son nom pa-
tronymique celui de Montalivet, terre située près de Montmeyran, et l'empereur confirma ce titre de noblesse en nommant M. Bachasson de Montalivet comte die l'empire.
M. Bachasson de Montalivet était né en 1766, et avait embrassé jeune encore la carrière des armes. Il connut Napoléon à Valence en 1789 et eut avec lui de fréquentes discussions sur les affaires politiques. En 1794, il faisait partie du bataillon des volontaires de la Drôme avec le grade de caporal. L'année suivante, il fut nommé maire de Valence , et se fit estimer et chérir de ses concitoyens. S'étant démis de ses fonctions municipales, il fut appelé successivement à la préfecture de la Manche et à celle de Seine-et-Oise. L'empereur le nomma ensuite conseiller d'État en 1805, directeur-général des ponts-etchaussées en 1806 et ministre de l'Intérieur en 1809. '
En 1815, il suivit à Blois l'impératrice Marie-Louise, et au retour de l'ile d'Elbe, Napoléon le nomma intendant général de la couronne et pair de France. Il fut rétabli dans cette dignité en 1819, et l'a conservée jusqu'à sa mort, arrivée le 22 janvier 1823.
M. de Montalivet est un des ministres de l'empire qui ont le plus puissamment contribué aux grandes choses accomplies sous le règne de Napoléon et qui ont laissé la réputation la mieux établie de savoir et de probité.
Il avait épousé Louise-Françoise-Adélaïde Lauberie Saint- Germain, sa cousine, doot il eut trois fils ; Simon, mort à Véronne en 1832, Charles, mort la même année à Naples, et Marthe-Camille, né à Valence le 25 avril 1801. Celui-ci, héritier des titres de comte et de pair de France, entra en 1826 à la chambre des pairs. Louis-Philippe le nomma en 1830, ministre de l'intérieur, et en 1831, ministre de l'instruction publique. Après la mort de Casimir Pcrrier, en 1832, il reprit le portefeuille de Tinté-
rieur, puis il fut chargé de Tin tendance générale de la liste civile qu il conserva jusqu'à la révolution du 24 février, époque où il se retira des affaires publiques.
M. le comte Marthe-Camille de Montalivet est grandcroix de Tordre de la Légion d'honneur et membre de l'Institut.