DAUMONT
Arnulphe Daumont était recteur de l'université en 1772. Il avait reçu le jour à Grenoble en 1721, et avait marié sa fille unique, Elisabeth, avec J. B. Henri-Planel. 11 mourut le 30 thermidor an VIII (18 août 1800).
M; Daumont n'était pas seulement un habile médecin et un savant distingué, il se recommandait encore par toutes les qualités de l'homme de bien et du bon citoyen. Il a fourni à V Encyclopédie trois cent soixante-quatre articles de médecine, qui embrassent presque toutes les parties de la science et ont puissamment contribué à ses progrès. On peut lire sur ses travaux une note intéressante de M. Plànel dans la Statistique de la Drôme, page 632.
On lit aussi dans un Traité de Physiologie du docteur Duffieu :
« Je finirai cet ouvrage par un mémoire qu'a bien voulu » me communiquer M. Daumont, assez connu par Féten- » due de ses lumières. Le sujet en est trop intéressant pour » ne pas en faire part au public. On reconnaîtra dans ce » mémoire l'observateur éclairé par le flambeau d'une i sage théorie, et le praticien consommé qui sait à propos i trouver des ressources nouvelles dans les cas les plus » épineux (1). »
RÉAUER.
Jean-François Réalier, agrégé en droit, était recteur de luniversité en 1778. Il naquit à Valence en 1740, d'une famille de robe originaire de Grest, étudia le droit dans notre ville et lut reçu docteur le 29 mars 1768. Il devint ensuite conseiller au présidial, officier municipal, juge au tribunal de Montélimar, puis à celui de Valence, où il est mort en 1820. Il avait un frère nommé Henri, décédé en 1806 et qui eut pour fils Jean-François-Ignace Réalier Dumas, secrétaire de M. de Montalivet en- 1809, conseiller à la cour royale de la Corse en 1814, et à celle de Riom en 1819, député de la Drôme en 1830. Celui-ci mourut à Livron le 23 juin 1840; son fils unique, Pierre-Paul Henri, né le 4 mars 1834, a été nommé auditeur au conseil d'État par décret du 16 février 1858.
VALETTI.
Nicolas-Marie Valetti, recteur de l'université en 1785, était oncle maternel d'Ignace Réalier Dumas, député de la Drôme en 1830. Au commencement de la révolution, il se retira en Toscane d'où il était originaire.
(1) DuFFiEU, Traité de physiologie, tom. U, pag. 822.
DUBESSÉ.
Henri-Joseph Dubesssé était recteur de l'université en 1779. Il enseignait avec talent, et avait commenté plusieurs ouvrages de droit ; mais ses manuscrits n'ont jamais été imprimés.
Il était fils de Claude Dubessé et de Henriette de Sautel de Monteillet. L'un de ses aïeux avait épousé, en 1705, Françoise Neyremand des Mottes, fille de Claude Neyremand des Mottes , conseiller au présidial de Valence, agrégé en droit à l'université et recteur en 1701 .
Louis-Joseph Dubessé épousa en 1779 Jeanne-Charlotte de Marche de Saint-Pierre ville, de laquelle il eut deux filles: Anne-Rosalie, morte au berceau, et Françoise-Eugénie , qui fut mariée avec M. Gamier Labareyre Laborie, aide-decamp de Dumourier et de Dampierre. De ce mariage est né le général baron de Garnier de Labareyre , qui commande aujourd'hui les départements de la Drômc et de l'Àrdèche. Le recteur Louis Dubessé est mort à Thodure en 1802.
PLANEL.
Henri Planel était recteur de l'université en 1780. Après la suppression du corps enseignant, il sut faire usage dans les luttes du barreau , et comme avocat consultant, des connaissances en droit que lui avaient acquises de fortes études et qui s'étaient étendues et perfectionnées en lui dans la pratique de l'enseignement. Plus tard il fut appelé à remplir des fonctions de magistrature, d'abord au bureau de pacification établi à Valence, et successivement au tribunal du département dont le siège était dans cette ville et dont il était, on l'an VIII, le président.
Lorsque des temps plus calmes eurent succédé aux orages révolutionnaires,un service pour secours à l'indigence
ayant été fondé à Valence, on voit M. Planel, en qualité de membre du bureau de bienfaisance, prendre, en Tan XI, une grande part à la réorganisation de cette œuvre, avec le concours de la digne sœur Françoise , supérieure des sœurs de Saint-Vincent de Paul, attachées à cet établissement charitable.
Le retour de l'ordre n'avait point rendu à Valence son ancienne université ; mais Grenoble avait obtenu la faveur de devenir le siège d'une académie ; dès la création de sa faculté de droit, M. Planel y fut pourvu d'une chaire de professeur ; deux ans après, il en fut nommé doyen, en remplacement du malheureux Didier, démissionnaire, et il continua jusqu'en 1822 à professer dans cette école , s'y faisant remarquer non moins par la profondeur de son savoir que par sa latinité élégante et facile.
A cette époque Técole de droit de Grenoble fut temporairement supprimée, et M. Planel admis à faire valoir ses titres à la retraite. Rentré danb^ ses foyers à Valence , il tint à honneur de faire rétablir son nom sur le tableau des avocats du barreau de cette ville ; bientôt après il reçut la flatteuse distinction de bâtonnier de l'ordre. Enfin, au mois de décembre 1828 s'éteignit sa laborieuse existence. • Jusqu'à son dernier jour, l'étude des lois fut pour M. Planel l'objet d'un culte spécial ; on a de lui quelques dissertations estimées sur despoints de droit controversés; mais il suffirait , pour honorer sa mémoire , du souvenir que lui ont conservé ses anciens élèves, dont il aimait à se considérer comme le père, et dont plusieurs se sont distingués et se font remarquer encore dans l'administration, dans l'enseignement, dans la magistrature et dans le barreau.
M. Planel n'eut d'Elisabeth Daumont, son épopse, qu'un seul fils / Emmanuel-Jean-Baptiste- Arnulphe Planel, aujourd'hui président honoraire du tribunal de Valence. Ce digne magistrat est connu de nos lecteurs; son nom est
vénéré de tous, et nous n'avons pas à faire Téloge des services qu'il a rendus et qu'il rend encore à ses concitoyens. Il fut nommé juge au tribunal en 1830, vice-président en 1831, et président en 1846.
OUPRÈ.
Le recteur de l'université en 1787 était Esprit-Biaise Dupréjdocteuragrégéen droit. L'un de ses fils, Esprit-Prançois- Marie Dupré de Loire, né le 2 novembre 1772, fut un littérateur distingué. On lui doit un poème épique en d.ouze chants, intitulé Charles Martel^ 2 vol. in-8o, Paris 1829, et un Voyage à la Grande-Cfiayrtreuse, 1 vol. in-I2, Valence, 1830. Il est mort dans notre ville le 6 juillet 1831, laissant un fils unique, M. Félix Dupré de Loire, docteur médecin, membre du conseil, municipal et président de la conférence de Saint- Vincent de Paul de Valence. •
Le recteur, Eeprit Dupré, eut un autre fils qui fut père de M. le docteur Dupré Latour, dont les talents, comme ceux de son cousin, sont justement appréciés dans la ville de Valence.