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GRAPHIQUES

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La présente publication est due à l’initiative de la Société académique de Genève, une association libre d'amis de l’Université, qui pensent que, dans le domaine des études supérieures, le glorieux passé d’une patrie impose des devoirs à tous ses enfants. Entreprise, à l’occasion de l’Exposition nationale suisse de 1896, avec l’appui du Département de l’instruction publique et du Sénat universitaire, cette publication a pris, au cours de son exécution, des proportions imprévues, subi des retards inattendus. L’auteur s’en excuse. 11 espère que la critique, mesurant l’étendue et les difficultés de la tâche, ne trouvera pas exagéré le temps consacré à la remplir.

L histoire de l’université dont la fondation fut projetée au moyen âge, sous les auspices du plus lettré des empereurs, par l’un des plus illustres des comtes de Savoie, fut tentée par plusieurs princes de l’Eglise, sous le patronage d’un grand pape, et fut réalisée enfin par les magistrats d’une république bourgeoise, sous l’impulsion de Calvin, n’est pas seulement l’histoire d’une haute école, unique en son genre, c’est celle de Genève intellectuelle. Comme on proposait jadis à Léonard Baulacre de l’écrire, il répondit, à ce que lui-même rapporte: « Un plan de cette nature demande que l’on prépare des matériaux pendant quinze ou vingt ans, et je suis octogénaire ! » Ceci se passait au milieu du XVIIIe siècle.

L’œuvre que Baulacre estimait trop considérable pour être entreprise au déclin de sa vie le fut, avec l’aide des travaux qu’il laissa, par le plus distingué de ses successeurs à la direction de la Bibliothèque publique, un des derniers savants de cet âge fortuné oii l’on pouvait, sans trop d’effort, être à la fois physicien, botaniste, physiologiste et homme de lettres. Jean Senebier écrivit Y Histoire littéraire de Genève. Malheureusement cet ouvrage, fruit de tant de recherches, précieux à tant d’égards, ne peut plus être utilisé de nos jours qu’avec mesure et pour le siecle ou il a été composé. Depuis Baulacre et Senebier, non seulement la critique historique a décuplé ses exigences, mais les archives d’Etat se sont ouvertes à tous, offrant une base nouvelle à l’information. Jadis on rapportait, on contait, à la mode des anciens, citant tout au plus ses auteurs, aujourd’hui on restitue, on instruit pièces en mains. Ce qui était passe-temps littéraire est devenu travail scientifique, où le document a pris la

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place (le la tradition. La déposition contemporaine la plus authentique est devenue indispensable pour permettre à l’historien d’avancer un fait, de risquer un jugement. Et, quand on parcourt la plume à la main, avec celte préoccupation, les récits de la plupart de nos devanciers, il ne reste à y prendre (pie des indications, trop souvent imprécises, qui ne dispensent presque jamais de remonter aux sources. Pour l’époque de la vie de Calvin, l’étude documentaire de l’histoire intellectuelle de Genève a été rendue comparativement aisée par la mise au jour des œuvres complètes et de la correspondance du réformateur, ainsi que du plus grand nombre des délibérations des Conseils auxquelles il a été mêlé. Non pas tant qu’il n’y ait plus à glaner, ni à collationner, après le grand œuvre des professeurs de Strasbourg, — (pii peut se flatter aujourd’hui d’épuiser un sujet historique ? — (pie parce que les bases du travail ont été solidement, scientifiquement établies par eux. Mais ce quart de siècle, tout rempli et tout gros qu’il est d’événements et de pensées, a été précédé, a été suivi, de beaucoup d’au I res pour lesquels le chercheur se trouve seul, désemparé, en face de documents multiples semés aux quatre vents de l’Europe. Les premières chartes universitaires de Genève, par exemple, ont été découvertes aux archives de Turin et de Hanovre ; la correspondance de Bèze, aux trois quarts inédite, est disséminée, un peu partout, dans les grandes bibliothèques ; les papiers et les livres de Casaubon sont à Londres; la plupart des lettres d’Iîotman sont à Paris et à Bâle; et, des innombrables pièces dont le témoignage est indispensable, celles qui sont restées dans la cité de Calvin ne sont point réunies.

Les divers fonds consultés à l’étranger, au cours de la présente étude, sont suliisamment connus pour n’avoir pas besoin d’être rappelés autrement que par l’indication de leurs noms et rubriques. Un seul n’a point encore été l’objet d’un examen critique; c’est le précieux recueil appartenant à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, à Paris, longtemps classé sous le titre d Epistolæ Hæreticorum (D.l. in-b, 54-545,), que le catalogue, récemment publié par les soins de M. Charles Kohler, vient de remplacer parla cote J454-i458. Cette collection de lettres, formée de copies contemporaines, paraît avoir été faite par un ancien élève de Théodore de Bèze, venu à Genève en 1574 et resté son ami, près de trente années, Jacques Monau ( Monavius), de Breslau. Elle comprend cinq volumes dont on trouvera l’inventaire dans le beau travail de 51. Kohler1.

Pour ce (pii est des fonds genevois, ils ne sont pas d'un accès facile. Non seulement il faut tenir le plus grand compte, à Genève, des bibliothèques particulières des associations et des familles, mais les archives publiques sont dans un étal de décentralisation (pie les étrangers ont quelq ue peine à concevoir. L’Etat a ses archives, non encore groupées, dans un local unique; l’Eglise a ses archives; la Ville a ses collections de manuscrits. Et la répartition, relativement

Catalogue des Manuscrits de la Bibliothèque Sainte- Geneviève ; Paris, 1893-1898, II, 36 ss.

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récente, des documents entre ces divers dépôts a été souvent le résultat de circonstances politiques, ou même simplement fortuites, qui nécessitent une initiation particulière. C’est ainsi, pour ne citer qu’un exemple caractéristique, qu’il faut compulser à la Bibliothèque publique, qui appartient à la Ville, la correspondance ecclésiastique des X\T' et XVI I" siècles, tandis que celle du XVIIIe doit être consultée, en majeure partie, à la Bibliothèque de la Compagnie des Pasteurs.

On trouvera à leur place les références nécessaires pour identifier les nombreuses citations que comportaient, dans l’état des sources, la publication d’une histoire de l’Université genevoise. La plupart sont lirées des registres du Petit Conseil, conservés aux archives d’Etat et des registres de la Vénérable Compagnie, relevant de celles de l’Eglise. Ces deux sources principales se complètent, souvent se contrôlent, l’une l’autre1. A partir de 1701, il faut y ajouter les registres du Sénat académique, égarés jusqu’ici et que l’auteur a dû, non seulement rechercher longtemps, mais encore reconstituer lui-même, au cours de sa recherche dans les collections particulières, après en avoir rassemblé les éléments épars.

Quant au mode de citation, une différence a été faite entre les textes antérieurs et les textes postérieurs au commencement du XVIIIe siècle. Les uns et les autres ont été également collationnés à l'original, mais, tandis que poulies seconds l’orthographe était plus ou moins rectifiée, dans le luit d’obtenir quelque uniformité, pour les premiers, qui présentent un intérêt linguistique, la seule ponctuation et exceptionnellement l’accentuation, ainsi que l’orthographe des noms propres cités à toute époque, comme par exemple le nom de Bèze, subissaient les retouches indispensables2.

Une distinction plus grave a dû être faite, quant au régime même des citations et à l’importance attribuée aux détails biographiques et bibliographiques, entre le XVIe siècle et les suivants. Les maîtres qui ont enseigné dans l’école de Calvin a l’époque de sa fondation, — qu’il faut étendre, si l’on prend ce terme en son sens large, jusqu’à la mort de Bèze. — sont presque tous des hommes qui ont eu leur rôle dans l’histoire générale de la Réforme. Leurs vies, leurs œuvres, ont été étudiées hors de Genève, ou sont destinées à l’être. Il était nécessaire de réunir, autant que possible, les textes des documents genevois qui les concernent. Après la mort de Bèze, l’histoire de l’Ecole, sans cesser d’offrir un intérêt international, devient plus locale et, peu à peu, moins inconnue.

1 Cf. Louis Dufour-Verues, Les Archives d Etat de Genève, Bulletin de la Société d’histoire et d’archéologie de Genève, II, i (1898).

Eugène Hitler, I.es Archives de I Eglise de Genève (Rapport présenté au Consistoire, séance du limai 1886) ; Genève, 1886.

H.-V. Aubert, Nicolas Colladun et les Registres de la Compagnie des Pasteurs et Professeurs. Bulletin de la Société d histoire et d’archéologie, II, m (1900).

2 Les dates genevoises ne sont conformes au calendrier grégorien qu’à partir de 1701. Toutefois, dès 1575, le commencement de l’année, qui tombait à Noël, fui fixé par le Conseil au l1'1 janvier.

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La mémoire de ceux qui ont professé avec éclat clans ses chaires ayant été rappelée au souvenir de la postérité par des notices publiées sur place, de leur temps ou du nôtre, il est possible de restreindre progressivement l’appareil encombrant des notes spéciales. On ne peut cependant y renoncer tout à fait et l’auteur s’est contenté à cet égard d’une règle de proportions. Le défaut, si souvent ressenti, d’un dictionnaire complet de biographie genevoise lui faisait un devoir de conscience de ne pas aller au delà. Le lecteur devra en tenir compte. Un ouvrage d'ensemble, dans le plan duquel on a dù faire entrer la préoccupation du détail, de telle sorte qu’il puisse tenir lieu sur certains points de source de renseignements, est forcément d’une lecture moins facile, moins attrayante, que le livre qu’on a pu écrire avec d’autres.

Les publications contemporaines consacrées à 1 étude du passé de notre haute école sont, ou des esquisses abrégées, comme celle de J.-E. Cellérier et le discours jubilaire prononcé par Amiel, en 1859, ou des travaux de récapitulation, comme les Tableaux de l’enseignement supérieur , à Genève, d'Auguste Bouvier et Amiel, et les divers catalogues de thèses qui constituent, avec ces tableaux, la série des Documents pour servir à l’Histoire de V Académie de Genève. A la seule exception du Catalogue des thèses de théologie de M. le pasteur Henri lleyer, aucune de ces publications ne fournit les indications biographiques qu’on recherche volontiers dans un volume d’histoire. Elles devaient avoir leur place dans celui-ci.

On trouvera aux Annexes, à la suite des chartes universitaires de l’époque épiscopale et des Leges Academiæ de Calvin, le rôle des recteurs, tel qu'il nous a été conservé dans le registre ofïiciel. Celui des professeurs, par contre, est le résultat d’un travail de restitution. Le tableau des préteurs de l'Auditoire de théologie enfin est publié d’après les documents conservés à la Bibliothèque publique et à celle de la Faculté de théologie.

Ce livre ne s’est pas fait sans le concours de multiples bonnes volontés. L’énumération en serait si longue, à cette place, qu elle risquerait de ne point atteindre son but. Aux directeurs des bibliothèques et des archives que l’auteur a dû tant de fois mettre à contribution, aux propriétaires de collections, aux auteurs de communications, qu’on trouvera nommés à leur tour, il joint, dans l’expression de sa gratitude, les amis dévoués à l’obligeance desquels il a eu si souvent recours et notamment ceux de ses collègues de la Société d’histoire et d’archéologie de Genève qui ont bien voulu l'aider de leur expérience dans la lecture des documents, ou l’assister dans la tâche ingrate des révisions d’épreuves.

Université de Genève, le 5 juin 1900.

TABLE DES MATIÈRES

Pages.

A ver lisse me n I v-vm

INTRODUCTION

La charte universitaire de l'empereur Charles IV. — La charte du pape Martin V. — L'école de Versonne.r et le collège de Rive

L’ŒUVRE DE CALVIN

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