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II. LA CRISE DE 1586-87. DISPERSION DE l’ÉCOLE

La dernière année du professorat de Pierre Galez est la plus sombre qu’ait traversée l’école genevoise. Tandis qu’au commencement de 1585, Bèze écrivait encore à Dudith : « Tout va bien pour nous, jusqu’à présent, et jamais nous n’avons vu l’Eglise et l’Ecole plus fréquentées2, » en 1586 il était obligé, au nom des ministres, dont le Conseil avait demandé l avis, de déclarer la République en danger de ruine totale et de proclamer l’urgence d’une offensive militaire énergique contre le duc de Savoie3. Charles- Emmanuel, enhardi par un mariage qui venait de faire de lui le gendre du roi d’Espagne, avait repris et poussait plus activement cjue jamais l’exécution de son plan de conquête, soumettant la ville à un blocus qui l’enserrait tous les jours plus étroitement. Pendant dix-huit mois, tous les chemins furent successivement fermés. La voie même du lac fut menacée par l’armement d’une flottille de barques, sous le canon du fort de Ripaille. La disette ne tarda pas à se faire sentir et les écoliers en souffrirent cruellement. Le 25 avril 1586, le recteur Jean Jacquemot inscrivait au registre de la Compagnie cette note significative.

« Ce lundy mesmes on nie donna charge comme estant recteur de prier M1 le premier Syndic qu’il pleust à Messieurs prouvoir à ce que les escoliers

1 Athenæ Batavæ , p. 333.

2 « De rebus nostris reete adhuc omnia, nec unquam frequentiorem Ecclesiani et Scholam n habuimus. Sed mirum ni viciuus nune factus Hispani gener, et a socero non aliter exccptus, quant si « alter esset Hispaniarum rex, quiclem hanc vilain lotis viribus interturbel. Nos autem in Deum « respicintus, ad ferendum quidvis parati. » ( Ms s . Bibl. Ste-Geneviève, Epiât. Hær., III, fol 506.)

3 Le texte de la « remonstrance » a été publié par Gaberel, Histoire de l'Eglise de Genève. II, Pièces justificatives, 220 ss.

THEODORE DE BE/E

peussent trouver du pain chez les boulangiers, et que ceux qui tiennent pensionnaires peussent aussi trouver du bled. Et qu’ils y pensassent, ayant esgard à la conséquence de laquelle est l’escole. »

Non seulement tous les approvisionnements, mais les hommes qui pouvaient apporter à la cité le secours de leurs bras, étaient arrêtés au passage. Or les étudiants étrangers étant, comme on sait, de ce nombre, l’Académie se vit bientôt réduite aux seuls Genevois.

L’auditoire de droit fut le premier frappé. Sa clientèle se recrutait surtout en Allemagne. Lorsqu elle cessa de se renouveler, le vide se lit peu à peu sur ses bancs et, avant une année, Int complet. Les cours tombèrent d’eux-mêmes, faute d auditeurs, et les maîtres se virent supprimer leur traitement1. Les lettres, liées à la théologie battirent de l’aile quelque temps. Les écoliers du pays empêchaient l école de mourir. Ils ne pouvaient suffire, on ne tarda pas à s en convaincre, à la faire vivre.

Il paraît (pie ces étudiants suivaient volontiers l'enseignement particulier, donné « en chambre » par des précepteurs libres, dont les répétitions s’appelaient des « pédagogies. » Pour leur faciliter la présence à son cours du matin, lequel avait lieu conformément aux Lésés, à la suite de ceux d’hébreu et de grec, Galez obtint (pie l'heure en fût avancée:

15 avril. « Advisé que pour la commodité des Escoliers qui ont des pédagogies, Mr Galez qui lisoit en esté le matin, depuis 9 à 10, liroit après le presche, encore que ce fust en concurrence avec NI 1 Corneille 2. »

Quelques mois plus tard, la mesure n’ayant pas produit l’effet attendu, le professeur de philosophie crut devoir demander la suppression complète de ce cours du matin. Sa requête fut écartée. Les termes de la résolution font voir du reste clairement que sa personne n était pour rien dans ce refus.

1 Extrait d’une lettre de l'étudiant Jean-Jacques de Landenberg, à son parent Jean-Rodolphe, communiquée au pasteur Blaurer, de Leutmerken : « Studium juridicum sublatum esl, hoc enim (f tempore, propler inopiam auditorum, quod ouines lum propter famem lum bel 1 i periculum « dilfluxerunt. Oinnes liujus facultalis professores a suo munere remoti sunt, ut si quid velim in « jure addiscere, in privato studio assequi eogar, quod æque in palria absque sumptibus quodam- « modo præstare possem suppelenle mihi copia librorum. » Cette pièce est intitulée: « Copia « epislolæ ad agnatum Joh. Rudolphuni conscriplæ raptim descripla 22 Seplembris. » (Mas. Bibl. de S'-Gall.)

■ Reg. Conip., avril 1586.

LA CRISE DE 1586-87. DISPERSION DE l’ÉCOLE

20 juin. « Advisé ce jour mesme que M. Gallais, professeur en philosophie, qui estimoit que ce seroit pour le bien de l’escole, qu’il ne fist qu’une leçon, feroit les deux leçons, suivant les ordonnances, en ceste sorte qu’il pourroit lire l’Organon, le lundy et mardy, 2 leçons, et le mercredy une leçon et une répétition, le jeudy qu'il feroit disputer et le vendredy li roi t . la Compagnie considéra que, si on le dispensoit d’une leçon, les autres en vouldroyent estre dispensez de mesme. Ce qui ne se pourroit faire sans que l’eschole en receut quelque préjudice et Messieurs en fussent offensez h »

Galez pensait que, le nombre îles étudiants étant réduit, il fallait réduire aussi le nombre des cours. La Compagnie, sentant que l’existence même de l’école était menacée, redoutait d’attirer par une décision de ce genre, susceptible d’être invoquée par d’autres, l’attention du Conseil et de hâter la catastrophe. L’événement ne tarda pas à justifier ses craintes. Le mois suivant, Messieurs décidaient de créer un enseignement spécial pour la rhétorique et. la dialectique, dans une classe supérieure du Collège, et de suspendre les cours universitaires :

« Professeurs en hebrieu, en grec et en philosophie . Suyvant ce que fust dict dernièrement de casser pour le présent les aultres professeurs comme on a faict ceux de droict, a esté arresté, attendu la nécessité publique qu’on les casse par l’advis des spectables ministres, et au lieu de professeur en philosophie qu’on trouve ung homme docte pour lire la rhétorique et dialectique en une plus haulte classe1 2. »

La place prévue, au Collège, était destinée à Galez, seul relativement épargné par la résolution du Conseil. Bèze, averti du projet de Messieurs, différa d’en parler à ses collègues de la Compagnie, espérant sans doute ramener la majorité du Conseil à un avis différent. Mais le premier Syndic brusqua les choses en s’adressant à Pinault pour que l’affaire fût portée incontinent devant les ministres.

« Le jeudy [4 août] après le consistoire la Compagnie s’assembla chez M. de Bèze, oii M. Pinault proposa que M. le premier Syndique, luy avoit demandé si monsieur de Bèze avoil pourparlé touchant les professeurs Hébreu

1 Reg. Comp., juin 1586.

2 Reg. Conseil., 1 août 1586.

THEODORE DE BEZE

et Grec, d’autant qu’en la cherté et difficulté du temps Messieurs pensoyent qu’on leur pourroyt bailler congé. Sur quoy la Compagnie advisa que Mrs de Bèze, Pinault et Jaquemot, comme Recteur, iroyent devant eux pour leur remonstrer le tort qu’ilz faisoyent à Dieu, à l’Eglise, à leur réputation et utilité du public, de penser à une telle chose, les priant de s’en déporter et de cercher tous autres moyens de descharger plus tost la ville que cestuy-là cpii les deserieroit du tout h »

Devant Messieurs, Bèze défendit l’école de Calvin. Parce queleprocèsverbal nous a conservé de son discours, on peut juger des arguments qu il lit valoir. Par le sujet lui-même, on imagine l’émotion dont il était saisi et les accents qu’il trouva pour arracher au Conseil, sinon la grâce de l’Académie, du moins un sursis d exécution.

5 août 1586. « Ont icy comparu, Mrs de Bèze, Pinauld et Jaquemot, au nom

de la Compagnie, proposant par l’organe de Mr de Bèze Ils trouvent ceste

deliberation de descharger l’escole publique de deux professeurs merveilleusement estrange, sachans que l'Escole publique n’est celle qui s’appelle escole [le collège inférieur]. Ceste-là attire ceulx qui depencent. Si Messieurs considèrent bien le profit qu’elle a aporté icy dès vingt-cinq ans, on n’auroit pas envye de les casser et, si on le faict, on verra si on aura faict le profit de la ville. Ceste escole, dient-ilz, est la pépinière des ministres de France. On y envoie d’Angleterre des escoliers pour se former au ministère, comment on faisoit des Flandres cy-devant. Tout cela sera ruyné. Ce n’est pas l’honneur de la Seigneurie, llz allèguent les jésuites qui ont dressé des escoles partout mesmes en Savoie et en Souisse. Ilz dient aussy que les églises de France sont ruynées partout n’y ayant college que à La Rochelle. Hz prient ne regarder tant à l’argent, disant mesmes qu’ilz savent qu’une partie de l’argent de la contribution d’Angleterre a esté en faveur de l’escole qui est icy2. Hz retnonstrent aussy que la Théologie ne se peull manier sans les langues. Hz dient aussy que M1' Casaubon a beaucoup d’auditeurs, et mesmes qu’il y en a 23 qui oui esté dernièrement promeus du college aux [leçons] publiques, qu’ilz tiennent main qu'ilz fréquentent les leçons, et encor qu'il y auroit quelque éclipsé ilz prient ne rompre pour cela. Si on cope icy, le reste s’en ira. llz prient pour la fin de considérer ces choses, et la réputation, et le bien qui en vient aux églises. Cela advenant on les contristeroit. Si on faict ceste bresche on en sera

1 Reg. Comp., août 1586.

2 Allusion à la collecte laite dans tous les diocèses d’Angleterre, par les ordres de la reine Elisabeth, lors de l’ambassade du conseiller Maillet en 1583. Cf. plus haut, p. 151.

LA CRISE DE 1586-87. DISPERSION DE l’ÉCOLE

mai tv. [J Iz] prient de prendre plus lost au 11 res moyens. Eulx-mesmes y commun it|ueront b L’Eseole de Genève a esté estimée partout le monde. Ceulx qui [y] sont venus ont donné au publieq et aux particuliers. Si cecy se laict Genève sera ensevelie, noz ennemis s’en rejoifiront. Dieu nous garde de le veoir. On n’y reviendroit pas après le mauvais temps passé, comme on prétend 2. »

Le Conseil décida de suspendre l’exécution de son décret. Mais toute la bonne volonté des magistrats était impuissante en lace d’une nécessité chaque jour plus impérieuse. Le blocus de la ville continuait. Aucun étudiant ne se présentait aux portes. Le trésor ôtait vide. Le «S octobre, les trois professeurs encore en fonctions, Corneille Bertram, Isaac Casaubon et Pierre Gale/, furent congédiés «à cause des charges que la ville supporte, qui sont grandes » cl «d'anltant cru ils n’ont à présent des auditeurs 3. »

La veille, les ministres avaient tenté un dernier effort et, se sacrifiant eux-mêmes, avaient proposé que quelques-uns d’entre eux fussent congédiés plutôt cpie les professeurs. Lorsque l’arrêt fut irrévocable, tenant à réserver l’avenir, ils firent présenter à Messieurs une protestation formelle, déclarant ne céder qu’à la difficulté du temps et en attendant que Dieu permît le rétablissement de l'école selon les Ordonnances. Ils décidèrent en outre de saisir toutes les occasions qui se présenteraient d exhorter le Conseil à mettre la main à ce rétablissement4.

1 C’est-à-dire . y mettront du leur.

2 Reg. Conseil, ad diem.

3 Reg. Conseil, 7 oct. 1586. Au 1 i ou du nom de «Bertrand » que porte le registre, Gaberel a lu Rrisson (/. c.. II, 182 ). Cette erreur est reproduite par M. Van Proosdij, dans son récent ouvrage: Tlieodorus Beza medearbeiter en Opvolger van Caleijn: Leyde, 1895.

4 Reg. Comp., 7 oct. 1586. « Le vendredi 7e advisé que Messieurs seroyent ndvcrlis de la part n delà Compagnie, qu’attendu la difficulté du temps auquel on estoit, el que peut-estre le nombre a des ministres de la ville estoit trop grand, que s’il leur plaisoit on estoit content qu’il/, donnassent a congé à ceux qu’il leur plairoil. En outre qu’il n’y avait celuy qui ne fust prest d’employer ses « moyens pour la conservation du bien public. Et d’autant qu’après disnor on sceul que Messieurs « ne vouloyent plus continuer les gages des professeurs el cependant on ne leur avoit pas signifié « et ne leur donnoil ou point bonneste congé, advisé par la Compagnie qui lut assemblée à « 4 heures qu’on iroil devant Messieurs et qu’on leur monstreroil le torl qu’ilz faisoyent à cesle « Eglise que d’oster les professeurs et que, s’ils en estoyenl réduits en telle nécessité, il les en fa i 1 loi I « avoir adverlis de bonne heure el leur donner quelque bonneste congé comme il/, meritoyenl. « Messieurs de Béze et Pinaull furent députés et firent le Lundy suivant leur charge. Sur quoi n Messieurs se résolurent qu’ilz ne pourroyent retenir les professeurs, ce qui les faschoil fort, car a ilz voyoienl bien la playe qu’en recevroit la ville, mais le temps les y eontraignoil , et donnèrent « charge à M le syndique Chabrey de parler aux professeurs en les remercianl el leur accordant à a chascun 125 florins, qui estoyenl l’argent du quartier, et îles logis leur disant qu’ilz y pourroyent « demeurer comme bon leur sembleroit. »

Reg. Conseil, 10 octobre 1586 : « Ministres , Professeurs , Messieurs de Bèz.e et Pinatid, miuis-

UNIVERSITE Di: GENÈVE.

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En attendant, llè/.c, comme jadis au temps de la grande peste, soutint ce qui pouvait rester des cours publies et lit trois leçons de théologie, chaque semaine. Le 23 mars 1587, il rendait compte de ! événement au professeur Gaspard Peucer, médecin du prince d’Anhalt, en ces termes :

« Je suis convaincu de la vérité de cette parole de l’apôtre que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment et qui servent Dieu. Mais je voudrais cependant pouvoir vous donner plus heureuses nouvelles de nos affaires. Deux années de disette et les édits cruels d'un prince, notre voisin, qui entoure cette cité d’embûches, comme jadis Philippe de Macédoine harcelait

« 1res do la parole do Dieu ont proposé que suyvanl ce qu’il/, oui entendu qu'on vouloil congédier « lesdits professeurs et qu'on avoil retenu leur quartier, sans les avoir adverlis, car, combien « qu’on en lieust cydevant parlé, totesfois sur les remontrances faicles à Messieurs do la part « desdits spcclables ministres, il fusl respondu qu’on n’en viendroit là. Sus quoy ilz prient con- « siderer que lo pape cl scs supposlz n’en veulent seulement à coslo ville p ur l’Eslat, mais parce « que c’est une Eglise et une Escole, car il en a senty les coups, plus que par les armes. L’Escole « sans les professeurs n’est rien. Dieu a honoré reste ville par le moyen de 1 Escole en laquelle on « a mandé de tons costés de la Chreslienté. El pour le jour d’huy v a de la semence des ministres ci de France, Flandres. Angleterre oie. En quoy Dieu faict Messieurs instrumens de sa gloire « et ce qui faict renommer ceste ville, ceste escole. Ils remonsl ronl que quand les rois cassent « leurs «(liciers ils retiennent les plus honorables. Quant à ce que les professeurs costent, ils dienl « qu’il n’y a point d’escole où ils ayenl plus de peine et moings de gages, et quant à faire comparaison « de la costange, Messieurs trouveront que pour ung escu on a prévalu de 100 escuz. Il y a dill’erence « entre la nécessité et l'extrémité. Quand il n’y a moyen il fault attribuer quelque chose à la pro- « vidcnce de Dieu. Ce bastiment est exquis : si on l’abat, le pape s’en rejouira. Les jésuites sont « espars partout ; ceux de Vienne leur ont mandé qu’on leur tienne le college presl parce qu il y a « [été fondé] ung Jésus*. Comme il [le collège] est necessaire, disent ils [les ministres], qu’on regarde « d’appuyer 1 Estai, non pas de ruiner le pillier. Et quant à ce qu’on dict qu’on le reslablira après « l'an, il/ disent que cela est difficile, estant plus losl ruiné que redressé. Si cela advient, ilz prient « considérer quelles gens on a qui sont de savoir. 11 y a 24 ans que M. Corneille sert et est des a plus doctes qui sont pour le jour d’huy. Et de penser séparer la lecture de la langue hebraique « d’avec la théologie, il n’y a raison, car tous les jours on découvre de merveilleux secrelz. Si « cela est démembré, que sera-ce? Au reste remonslrent que, si on les heusl adverlis, ilz [les « professeurs] se lussent proveus. Sus quoy ilz prient regarder ce qui est honorable. Quant à culx « ministres, qui sont dix en la ville, ilz prient qu’on y provoie. Pour la nécessité, ilz sont prestz « de contribuer de leur coslé — »

« Là dessus a esté arresté, attendu la nécessité qui nous presse et aussy qu’ilz [les professeurs] « n’ont pas des auditeurs à présent, qu’on leur donne honneste congé et neantmoins qu’on ne laisse « de leur payer le mandement de leur quartier, de l’argent seulement et retenant celuy du blé. Cepcn- « dant qu’on leur laisse encor jouir de leur logis au College. »

Reg. Comp.. 14 octobre : « Le vendredy 14e advisé qu’on iroit devant Messieurs pour leur faire n entendre tant par escrit que par vive voix de bouche qu’on ne pouvoit approuver le congé qu'ils « avoycnl donné aux professeurs et qu'on eedoit seulement à la difficulté du temps en attendant « que, le Seigneur leur donnant quelque moyen, ilz remettent au dessus la profession selon les o ordonnances. »

Reg. Comp., 16 décembre : « ... Advisé aussi que Messieurs seroyent exhortés, aux occasions n qui se pourroyenl présenter, à ce que pour le moins on fisl lever quelque bruit de remettre la pro- « fession publique de 1 eschole au dessus. »

* Etablissement île l’ordre.

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