PROFESSEURS DES GRADUÉS
1 1 mars. Jean-Antoine Grife , de
Grenoble
Cujas et Rogicr.
Pierre de Dorne , de Va-
lence
Christophe Fahre, de Va-
lence
Antoine Chion, de Va-
lence
Antoine Ripert , de Gre-
noble
Cujas et Roaldès.
Guillaume Aîné
Jean de Saint-Auhan . .
Théodore Pinodél. . . .
2 avril.
Hugues de Sales , de
Vienne
Guillaume de Maran, de
Toulouse
Hubert Filziclen ....
8 mai.
Jean Potiers, de Rouen.
Guillaume Mangin. , . .
Antoine de Planta. . . .
21 juil.
Jean Vincent, de Lyon .
Laurent Dubourg , de
Lyon
Jacques Hochet
Cujas et Rogier.
Uenys Leber, de Troyes.
Cujas et Roaldès.
Pierre Pons
25 sept.
Charles Charlemagne, de
Troyes
Cujas et Rogicr.
16 oct.
Pierre Granet, de Valence
Nicolas Rergeret , de Be-
sançon
PROMOTIONS. NOMS DES tLÉVES. PROFESSEURS DES GRADUÉS.
30 oct. Gaspard Rolland, de Crest Cujas et Rogier.
9 nov. François Chonayne, de
Castres —
28 — Arnold d’Hœersolte. . . —
6 déc. Michel Rœnée —
12 — Georges Reyter, de Bavière —
1 7 — Marc Offred , de Crémo- —
ne (philos, et médec.). Duchesne.
15 janv. Isnard Démine, de Gap. . Cujas el Rogier.
19 — Michel Barberot —
6 fév. Claude Duchesne .... —
14 — Antoine Cluset, de Valence —
24 — Barthélemy Marquet , de
Valence
28 — Antoine Galbcrt, de Gre-
noble —
26 — Claude du Serf —
18 mars. Séverin Gourdon , de
Romans
21 avril. Claude Baille —
23 — Lucien Giraud, de Lan-
gres —
2 mai. Nicolas Sauvaige.de Lan-
gres —
10 — François Josserand ... —
29 — Guillaume Neveu , de
Lyon —
2 juin. Renaut de Chonnaie, de
Mons —
PROMOTIONS. NOMS DES ÉLÈVES. PROFESSEURS DES GRADUÉS
4 juin. Benoit Ferrand, deVien-,
ne Cujas et Rogier.
5 — André Nesmond —
6 — Philibert Baux , d’Anno-
nay —
1 1 — Nicolas de Crosmar, de
Rouen —
1 1 — Jean-Paul Bruœer , de
Romans —
17 — Antonin Carpillet . . . . Rogier et Simeon de la
Forge.
Pnurtraiclurc de la cité de Valence, en Daulphiné, l’an 1572, par Claude Rogier, régent de l’université.
La dicte cité de Valence est située en lieu fertile, abondant en vivres , vignes et prez. Du costé d'orient elle a à présent les ruynes de l’église Saint-Félix et de la Madelaine avec jardins et prez y joignant, lesquels s'arrousent de l’eau des fontaynes appelées du Charan, lesquelles sont faictesen voultc tellement que ung homme peult aller droict partout dedans, et l’une d’icelles entre ci advant qu’on n’a sceu trouver le fonds ou source d’icelle , et plusieurs ont tenu qu’elles ont été faictes par Julc César. Du costé de l’occident en descendant elle a le fleuve du Rosnc tant renommé par le moyen du quel y a grand commerce en la dicte ville de Valence, de toute marchandise, même la négociation du sel y est fort fréquente , y ayant grenier du dict sel; à une lieue du dict Valence ou environ, l’Isère entre dans le
Rosne, lequel lieu est appelé selon aucuns Coufoulens, qu’a esté illustré parla victoire de Fabius OKmilianus. Du costé du septentrion elle a les ruynes de l’église de Saint-Vincent, plusieurs jardins et prez qui s'arrousent des fontaynes estant près du dict lieu. Du costé méridional elle a les ruynes de l’abbaye de Saint-Rufs, laquelle estait bastie avec grand artifice , les cloistres estaient bastis à piliers de marbres de diverses couleurs aux chapiteaux desquels estaient taillés les ligures du vieil et nouveau testament et apocalypse , commençant à la création du monde et suyvant ordre par ordre. Du dit costé aussi tirapt au levant y a la fontaine de Contant de laquelle s’arrousent les prez estant à l’entour d’icelle ville, sur le bord de laquelle apparaissent cerlaynes marques et vestiges qui monstrent quelque édifice superbe autrefois y avoir esté construit. Dans icelle ville y a plusieurs belles fontaynes , puis moulins, places publiques, comme il est notoyre. La dicte ville est assize en belle playne , cyncte et environnée de deux grandes murailles ayant plusieurs tours esmynentes, esgalement séparées, soûlait estre embellie de plusieurs esglises à présent ruynées, savoir: de Saint-Apolinard, Saint-Jehan, La Ronde anciennement appelée Panthéon , Saint-Martin , Saint- Jacques , Les Cordeliers et les Jacobins , dans lesquels Jacobins y a encore le pourtraict d’un géant appelé Buart, de haulteur de quinze coudées, avec plusieurs ossements d’iceluy. A la dicte ville, en descendant du costé septentrional, est conjoinct le bourg avec une belle esglise à présent ruynée appelée Saint-Pierre , que Charlemagne , comme on dict, fonda à l’honneur du dict saint Pierre, et est en icelle esglise ou ruvne d’icelle ung trou par lequel, comme on dict, on va soûls Rosne ; hors la dicte ville soûlait aussy avoir plusieurs esglises, comme de Saint-Vincent, Saint-Félix, la Madeleine, Saint-Victor et le Mont de Calvaire et l’abbaye Saint-Rufs, chef d’ordre, comme dit est, dans laquelle
église de Saint-Félix y avait un monument d’un chevalier romain et de sa femme, avec l’épitaphe dessus gravée en pierre polie en façon de marbre, de telle sorte comme s’en suit :
MEMORIAE AETER PETRONI CASTI VET MISSI HONESTA MISSIONE EX LEG PRIM MIN EX OPTIONE PROCON DUCENAR
ET VITALINAE FLORAT CON IUGI EIUS .
VIVI SIBI PONEND CYRAVER ET SVB ASSIA DEDICAVERVNT
Dans l'église ci-dessus mentionnée de Saint-Apolinard étant dans la ville de Valence, d’icelle église du costé de l’évcsché, maison de l’évesque, y a telle inscription:
T POMPEIO HILARI LVERIVE T POMPEIVS BASSVS ET PATRI SIBI
Outre ce, en l’an 1512, hors la porte Saint-Félix, en une vigne sur le béai, venant des fontaynes des Favenlines, fut trouvé ung sépulchre de pierre couvert d’une pierre espesse d’un pied etdemy, à l’un dcscostés d’iceluy y avait ces mots: D. IVSTINA M. La pierre duquel sépulchre avec la dicte inscription est au logis du Daulphin, et comme l’on dit fut trouvé dedans le corps d’une femme ayant en chas-
cunc des aureillcs une bague d’or , desquelles en une estait enclose une esmcraudc et en l'autre une turquoise cassée, et bien tôt après qu’elle fut découverte fut réduite en pouldre. Auprès d’icelle femme du costé de la teste, fut trouvé une lampe de verre et du costé des pieds une tasse en verre cristallin.
Au portail de la porte Saulnière de la dicte cité de Valence, l’on voit une pierre ayant telle inscription :
VINDAVSCIA PETRONIAE II VS AELLANV CONIVGISANT SIMAE
La dicte ville est décorée d’un siège épiscopal, estant à présent évesque et comte d’icelle messire Jehan de Montluc, conseiller du conseil privé du roy et super intendant de ses finances ayant esté huit lois ambassadeur soubs le roy François premier de ce nom et soubs le roy Henry, et à présent au royaume de Pologne , soubs le roy Charles très-chrestien, qu’est la neufvième légation. En la dicte ville y a université ancienne et renommée, à présent illustrée par Jacques Cujas et François Roaldès , docteurs en droit , personnages excellents qui y lisent avec grande affluence d’cscolliers de toutes parts, outre les autres docteurs ordinaires, comme aussy elle est abondante en grains, vins, fruits et bestial, ayant auprès plusieurs collynes fort fertiles, et aussi à l’entour plusieurs villages desquels toute habondance vient en la dicte ville. Le roy François premier de ce nom avait délibéré la fortifier, comme en apparaissent encore les marques et vestiges près et dehors la dicte ville.
Et pour mettre fin à la description de Valence, n’avons voulu obmettre ce que doctement en vers latins en a escrit maître Pierre Gillibert, conseiller du roy en son parlement de Daulphiné cy après inscrits, bien qu’on espère qu’en bref sera mise en lumière plus ample description nonseulement de Valence, mais de tout ce pays de Daulphiné par ung personnage assez cognu et renommé. '
Et ainsy a esté dicté par M. Claude Rogier docteur en droits régent en la dicte université et avocat de la maison consulaire délégué commis par le conseil de la dicte ville de Valence et par les docteurs du collège de la dicte université, ayant prins mémoires de plusieurs docteurs du dict collège et de plusieurs citoyens de la dicte ville , estant consuls Symon Roux, Pierre Chaponay, Jehan Chanteperdrix, Jacques Nodin, lesquels de l’année de leur consulat, ont fait descrire et peindre la dicte cité de Valence, l’an mil cinq cent septante deux.
Statuts et ordonnances pour le college de la faculté des arts de l'université de Valence, en Dauphiné (1 §74).
Platon fourmant l’idée d’une république ferme et stable veult et ordonne que les magistrats et gouverneurs d’icelle soient tenus et ayent la charge de l’éducation, enseignement et endoctrinement des enfans, jusqu'à prescrire aux précepteurs et maistres comment et en quelles sciences ou doctrines, ils les doibvcnt gouverner, enseigner ou endoctriner selon checun aage et leur capacité comme leur ayant à succéder en l’administration d’icelle et à ce que une confusion n’apporte avec soy annéantissement d’une bonne œuvre.
Pareillement pour maintenir tout un corps en une bonne paix se comportant les membres avec son chef et au contraire en amitye, les consuls de Vallence en volonté d'approcher le plus qu’il leur seroit possible à la constitution d’une telle république et recevoir le fruit d’un précepte sy proflitable avec l’advis de leur conseil ont faict les statuts et ordonnances suyvanles:
1° Veulent et entendent lesdits consuls: que dans le collège sus dit soit mis ung personnage de bonne vie, mœurs et conversation , qu’on nommera et appellera le principal d’icelui collège, auquel veulent estre commise comme ils commettent la charge, soing et sollicitude d’enseigner la jeunesse, la manière de bien vivre par soy et les lettres humaines par ses régents, veullent et entendent aussy lui estre defféré tout honneur tant par lesdits régents, enfants que pédagogues si aulcun en y a, et tous autres escolliersesludiant dans ledit collège, a quoy les dits cscolliers seront incités et contraincts par leurs maistres, le dit principal pareillement respectera ses dits régents selon ce que leur vertu et leur scavoir le requerra.
2° Auquel principal est aussy permis les jours des dimanches et les aultres fêtes collables de l’année à l’heure de midy fins à deux heures après, instruire et enseigner la jeunesse par manière de catéchisme ou christianisme tant aux rudiments de la foy que l’obéissance envers Dieu et envers leurs pères et mères selon et ainsi qu'est ordonné et ensemble commandé par le sainct sacré universel et général Concile de Trente auquel enseignement le dit principal aydé en tout par ses régents fera assister tous les escholliers indifféremment dudit collège.
3° Luy sera loisible une fois l’année tant scullement pouvoir faire jouer et réciter à la jeunesse et d’icelle à tels escolliers qu’il advisera et choisira comme plus suffisants et formés, quelque commédye ou représentation de quel-
que histoire sainete en quoy on lny donnera toute faveur et ayde de droit et de raison afin que nul désordre s’v commette. Pourra toutefois faire déclamer ainsy favorisé et aydé comme ey-dessus toutes ctquantes fovs qu'il cognoistra estre convenable et profitable à la dite jeunesse.
4° Sera tenu le ilit principal interroger et examiner au commanccmcnt de l'année ou à leur arrivée, séparément et ensemblement , la jeunesse et escolliers qui viendront pour apprendre audit collège et après avoir entendu l’advis et rapport de ses régents, les reigler selon leur savoir et ainsy les mettre en la classe qu’il cognoistra leur estre convenable pour en icelle entendre et apprendre les autheurs dont sera fait leçon et répétition par le régent, n’estant permis ains deffendu très-expressément à tous les dits enfants et escolliers de ne changer de classe sans la permission et licence dudit principal.
5* Et d’aultant que trop grande familiarité engendre contemnement (mépris) ainsi que nous démonstre l’expériance, les dits régents soit en classe ou ailleurs ne se rendront pas trop familiers ausdits escolliers moings encore le dit principal, ains par honneste maintien et gravité decente , leur donneront occasion de se faire révérer comme est de raison.
6° Sera faicte conléreuce et convention au commencement de l'année entre le dit principal et ses régents des livres qu'il conviendra lire toute l’année et estre exposés par les dits régents soit en grec ou en latin. Les quels livres feront affiger es lieux publics de ceste cité sans que soit nuis après loisible en pouvoir lire d’aultres sinon qu’au préalable soit derechef faicte la conférence et convention susdite.
1 “ Tous jeus de cartes, de dés et aultres quelconques sont défendus et ne seront exercés dans le dit collège par les dits régents, moins par les enfants; bien pourront les
dits enfants passer leur temps à quelque jeu honneste quelque foys avec la licence et congé' du dit principal.
8“ Pareillement sont interdits tous blasphèmes et jurements de nom de Dieu, de la Vierge Marye, des saincts et sainctes du paradis et aultres, et ensemble toute tinnsgression des commandements divins, des quelles la correction en demeurera au dit principal respectivement et indifféremment sur tous, aux dits régents sur les escolliers seulement de leur classe. De même sera de la correction et chastiment des mauvaises mœurs et faillies que pouroit commettre par cy après quelqu’un des dits escolliers contre la discipline et ordonnance tant ecclésiastique que humaine.
9° Demeurera au dict principal la négotiation domestique pour l’entretencment tant sien que des dits régents touchant la nourriture corporelle afin que les dits régents ne soient distraits et destournés de leur estude et enseignement qu’ils doibvent donner à la dite jeunesse, auxquels régents le principal tiendra et puis rendra chasque jour de sabmedybon compte de tout le rcceu et despendu avec le reliqua si aulcun en y a et ce ou nescherroit et ne scrroit entre eux accord fait aultrement touchant le dict cntretenement.
10° Le premier régent commencera le matin à huit heures tant sa leçon et répétition que disputes es lettres humaines et latines et ce fins à dix heures, fera sa leçon en grec à midi fins à une heure, daprès son aulfre leçon es bonnes lettres humaines et latines depuis trois heures après midi jusques à cinq, ausquclles tant leçons, répétitions que disputes nassisteront sinon ceulx qu’on y aura mis en vertu de lexamen susdict des quels sera faict un roole cl dénombrant. ut par les susdicts tant principal que régents.
1 1° Les escolliers de la première classe et tous aultres grammairiens seront contraints parler latin pour appren-
dre le langage et ce par leur dict régent et principal, demeureront aussy soubs sa correction et discipline non-seulement pour le regard des maulvaises mœurs, œuvres et paroles dont cy-dessus a esté parle, mais pareillement pour le regard de la nonchallance et paresse d’apprendre et aultres defiaults punissables.
12° Le second régent quest a présent nommé IA B C daire ne pourra ensemble ne ses successeurs instruire les enfants de sa classe et charge sinon a lire et commencera a sept ou huit heures du matin son enseignement selon que requerra le nombre des enfans que aura et finira a dix heures. Lapres diner recommencera a deux heures et continuera lins a cinq heures son dict enseignement lequel ne sera de livres prophanes moins hérétiques et aultres quelconques défendus, leur enseignera a parler latin par petits formulaires des manières de parler plus communes et selon leur capacité.
1 3° Sera tenu mener et conduire tous les enfants et escolliers généralement du dit collège les dimanches et aultres festes commandées tant à la messe quaux serinons et générales processions, semblablement a vespres et complies et a ses lins tous lesdits enfants et escolliers seront tenus sasscmbler audit collège de lheurequi leur sera prcscriptc et commandée par ledit principal, demeurera audict regent ABC daire inesme puissance de correction et discipline sur les dits enfants de sa classe et charge quaulx aultres regents sus et soubs nommes.
I i" Et ou adviendroict que les dits consuls avec leur conseil établissent plus grand nombre de regents audict collège pour satisfaire a laffluencc et scavoir des escolliers dicelluy, commenceront les dits regents a mesmes heures et tiniront leurs leçons comme les premiers dont cv devant a esté parle et nauront pour auditeurs sinon ceulx qui leur seront este bailhés par le dict principal en vertu de lexa-
men susdict sur les quels auront toutale puissance quont ordinairement les regents et les maislres sur les enfants et disciples quils enseignent et les contraindront de parler latin comme dessus.
15° Le temps de ladvant et caresme tout enseignement commencera a sept heures du malin et finira a huit, puis tous les escolliers du dict college seront ensemble conduits au sermon quils oyront, la messe aussy auparavant, sy faire se peult comodement, le dict sermon parachevé retourneront aussy tous ensemble audict collège aux fins de parachever leur enseignement commencé et jusqua onze heures au temps du susdict carcsme.
1G° Tous les regents et pédagogues si aulcun en y a seront tenus d'aller à la messe tous les dimanches et festes collables, sont exhortés daller aux mesmes jours aux sermons et en aultre temps lorsque se diront, daller aussy. les dictes festes aux vespres processions generalles en quel temps quelles se fassent pour donner bon exemple a leur jeunesse et témoignage de leur dévotion et bonne conversation a tout le peuple de ceste ville de Yallcnce duquel est la plus grande part de ladicle jeunesse ou escolliers qui frequente ledict college.
17° Appartiendra audict principal par remontrance la cognoissancc des mœurs dépravées et malversation de ses regents, ne les pourra toutefois congédier, envoyer ne changer sans les consuls auxquels fera entendre le deflault de ses regents sy cas' est quils ne facent leur devoir et ce pour y remédier et donner tel ordre par ensemble avec le dict principal comme ils verront estre de droict et raison.
18° Ne pourra le dict principal faire changer la leçon des autheurs quauront este ordonnes pour lire toute l'annee ne semblablement le regent quel qu’il soit sy nest par le moyen dune conférence et convenance susdicte, la nécessite et grand proflict de la jeunesse le requérant ainsv.
19° Pareillement ne pourra le dict principal faire les leçons des régents ordonnés en classes et auditoires sy nest par maladie daulcun deux ou absence en quel cas en estant prié sy employra si bon lui semble sinon seront tenus les dits regents y pourvoir a leurs despens d’un personnage suffisant approuve par lesdicts principal et consuls attendu les gages ou salaire et entretien qu’on leur donne, ou le dict principal vouldroit pour son plaisir et pour le plus grand proffit de la jeunesse et voire des pédagogues frequanlant le dict college lire quelque bon autheur et clairement l’exposer le pourra faire a lheure non employée aux leçons ordinaires et a tels seullement quil cognoislra estre suffisants et capables.
20" Tous les escollicrs du dict college avant que sen aller le soir à la maison sassemblcront dans la grand salle quest la première classe dicelluy college et la diront lé Salve Rcr/ina accoutumé et en toute dévotion a voix haultc et intelligible a quoy on joindra une oraison de mesme et l’action de grâces a Dieu très raisonnable. Le matin a 1 en liée des classes et auditoires sera exhorté dire apres sestre seigné f ung Pater noster une Are Maria et Sancta Maria pour impetrer grâce de Dieu de bien apprendre et ne faire toute la journée, voire tout le temps de la vye sinon chose qui lui plaise estant par ce occasionne donnera tous bon commencement meilleure continuation aussy très bonne et très heureuse fin le suppliant dainsy vouloir faire au susdict college. Ainsi soit il.
Faict a Vallence ce vendredy jour premier de janvier 1 574.
Ghapponay consul; Aymar Meyssonier consul, Borye secrétaire — Approbam us et laudamus, François Joubcrt, juge mage de Vallence.
Série chronologiquedesRecteuis de l'université de Valence, depuis 1659, jusqu’à la révolution.
1659. Henri de Rubie, docteur agrégé en théologie.
1660. Laurent Grozat, premier professeur en droit.
1661. Pierre Choinel, premier professeur en médecine.
1662. Jacques Lyonnet, docteur agrégé en médecine.
1663. Charles de Franchessin, docteur agrégé en théologie,
chanoine de Saint-Iluf.
1664. Pierre Pan, professeur en droit.
1665. Antoine de Marville, premier professeur en droit.
1666. Jacques de Bovct, professeur en droit.
1667. François Serret, docteur agrégé en droit.
1668. Abel de Marque!, docteur agrégé endroit.
1669. Antoine de Manissy, professeur en médecine.
1670. Benoit Varnicr, professeur en théologie, chanoine
de la cathédrale.
1671. Louis vftlard, docteur agrégé en droit.
1672. Pierre Bruyère, premier professeur en théologie.
1673. André-Thomas de Vermcnton , docteur agrégé en
théologie.
1684. François Durand, professeur en médecine.
1685. Antoine de Marville.
1686. Guillaume Crozat de Yaugrand, professeur en droit.
1687. Hugues Lebon, premier professeur en médecine.
1688. Jean de Bovet du Bellier, docteur agrégé en théo-
logie.
1689. Marcellin Pan, professeur en droit.
1690. Charles Faure, professeur en droit.
1601. Jean-Fortnnat Ghoincl, professeur en médecine.
1692. Jean de Bovet du Bellier.
1693. Charles Faure.
1694. François Durand.
1695. Alexandre Banc Dulac, docteur agrégé en médecine.
1696. Jean Debeaux, professeur endroit.
1697. Denis Drevet, docteur agrégé en théologie, chanoine
de la cathédrale.
1698. Jean-Pierre Bachasson, professeur en droit.
1699. Gabriel de Charpcy, professeur en théologie.
1700. Charles-François de Fontanille, professeur en droit.
1701. Claude Nevremand des Mottes, docteur agrégé en
droit.
1702. Marc-Antoine de Marville, docteur agrégé endroit.
1703. Jacques Pays, docteur agrégé en droit.
1704. François Bobin, docteur agrégé en théologie, cha-
noine du Bourg-lès- Valence.
1705. Jean Mottet, professeur en droit français.
1706. Jean Bcauterroir, docteur agrégé en droit.
1707. Fortunat Chomel, professeur en médçcine.
1708. Jean Planta-Duclaux, docteur agrégé en droit.
1709. Pierre-Alexis Crozat de Vaugrand , docteur agrégé
en droit.
1710. Pierre de Montresse, professeur en médecine.
1711. Pierre de la Costc, docteur agrégé en théologie,
chanoine de Saint-Ruf.
1712. Claude Neyremand des Mottes , professeur en droit.
1713. Marc-Antoine de Marville.
1714. Jean Mottet.
1715. Gabriel de Charpcy.
1716. Jean-François Rouveyre, docteur agrégé en droit.
1717. Paul Ruel, professeur en médecine.
1718. Joseph de Corvesy, docteur agrégé en théologie,
chanoine de Saint-Ruf.
1719. Pierre Valette, docteur agrégé en médecine, et pro-
fesseur de philosophie.
1720. Laurent Gailhard, professeur en droit.
1721. Gabriel de Charpey.
1722. François Planla-Duclaux.
1723. Claude -François Choinel, docteur agrégé en droit.
1724. Pierre Montrasse, deuxième professeur en médecine.
1725. Pierre Montrasse.
1726. Jean Rucl, docteur agrégé en médecine.
1727. Jean de Montlovicr, docteur agrégé en médecine.
1728. Barthélemy-Alphonse Chaix , deuxième professeur
en théologie.
1729. Fortunat Chomcl, docteur agrégé en théologie, cha-
noine de la cathédrale.
1730. Laurent Bachasson.
1731. Pierre Teyssonnier, docteur agrégé en droit.
1732. Claude Dupoisle de CbâliUon, docteur agrégé en . théologie.
1733. Alexandre Rey, docteur agrégé en droit.
1734. Pierre Dupoisle de Châlillon, docteur agrégé en droit.
1735. Jean Barbier, docteur agrégé en médecine.
1736. Marc-Antoine de Marville.
1737. Pierre Montrasse, premier professeur en médecine.
1738. Laurent Gailhard.
1739. François Planla-Duclaux, professeur en droit.
1740. Claude-François Chomcl, professeur en droit français.
1741. Jean Ruel.
1742. Fortunat Chomel.
1743. Pierre Teyssonnier.
1744. Jean-Baptiste Pervillac, docteur agrégé en théologie,
chanoine de la cathédrale.
1745. Alexandre Rey.
1746. Pierre -Romain Dupoisle de Chàtillon , docteur
agrégé en droit.
1747. Charles-François Rouveyre de Leslang, professeur
en droit.
1748. Louis Cartier, docteur agrégé en droit.
1749. Gabriel Biousse I)u plan, docteur agrégé en droit.
1750. Pierre-Joseph Rouveyre, docteur agrégé en droit.
1751. Joseph Chaix la Tuillière, docteur agrégé en théo-
logie, chanoine de Saint-Ruf.
1752. Pierre Boveron, docteur agrégé en droit.
1752. Pierre Boveron.
1753. Jean-Baptiste Montressc.
1754. Laurent Saint Geneys, docteur agrégé en médecine.
1 755. Simon-Pierre Rouveyre, docteur agrégé en médecine.
1756. Mathieu-Apollinaire Bergcron, docteur agrégé en
théologie, chanoine de la cathédrale.
1757. François Planta-Duclaux.
1758. Laurent Desbost, docteur agrégé en droit.
1759. Claude Brosset, docteur agrégé en droit.
1760. Joseph Saint-Germain, docteur agrégé en droit.
1761. Gabriel Biousse Duplan.
1762. Antoine-Amable Chantemerle , docteur agrégé en
théologie.
1763. Pierre Teyssonnier.
1764. Michel de Colonjon , docteur agrégé en théologie,
chanoine de Saint-Ruf.
1765. Michel de Colonjon, docteur agrégé en théologie,
chanoine de Saint-Ruf.
1766. Jean-Jacques Rouveyre Duplan, docteur agrégé en
théologie.
1767. Michel de Colonjon.
1768. Laurent Desbost.
1769. Claude-François Brohard, professeur en droit.
1770. Joseph Boveron Desplaces, docteur agrégé en droit.
1771. Pierre Boveron,
1772. Arnulplie Daumont, professeur en médecine.
1773. Charles-François Rucl, docteur agrégé en médecine.
1774. Jean Charbonnier, docteur en théologie.
1775. Jean-Baptiste Aymard, docteur agrégé endroit.
1776. Jean-Balthazard Sylve, docteur en théologie.
1777. Jean-Claude Desjacques, docteur agrégé en droit.
1778. Jean-Claude Desjacques.
1779. Joseph-Louis Dubessé, professeur en droit.
1780. Claude-François-Jean-Baptiste-Henri Planel, profes-
seur en droit.
1781. Jean-François Réalier, docteur agrégé en droit.
1782. Barthélemy Blein, docteur agrégé en médecine.
1783. Louis-Antoine Finet, docteur agrégé en droit.
1784. François-Etienne Gros, deuxième professeur en phi-
losophie.
1785. Nicolas-Marie Vallcti, docteur agrégé en droit.
1786. Laurent-Robert, premier professeur de philosophie.
1787. Esprit-Biaise Dupré, docteur agrégé en droit.
1788. Barthélemy- Victor Dauphin, professeur en droit
français.
1789. Basile Clerc, premier professeur de théologie.
1790. Balthazard Rey, docteur agrégé en théologie.
1791. Balthazard Rey.
Nombre des élèves qui suivaient les cours de l'université de Valence, au commencement de la révolution.
1" trimestre , novembre-février .... 140 élèves.
2* trimestre , février-mai 128
3 e trimestre , mai-août 64
4* trimestre , août-novembre 99
l" trimestre 2* trimestre.
3* trimestre.
4* trimestre.
22 élèves.
IG
1" trimestre, 2* trimestre 3* trimestre 4* trimestre
l ,r trimestre
2* trimestre
3* trimestre
4* trimestre
15 élèves.
2 élèves.
Dëlih<Sration du l'administration municipale de Valence, au sujet de la création d’une école centrale supplémentaire.
Du 24 frimaire an IV de la république française, l'administration municipale assemblée aux formes ordinaires, en la maison commune.
(1) Parmi les seize élèves de l'université, on comptait alors Jean-Baptiste Achard , Alexandre Borel de la Rochette , de Die , Philibert- Auguste Menou, de Lyon, Bernard Laroche de la Morte-Félines, Jean Marie Siroud, Auguste Mcllier, François Boveron Desplaccs.
(2) Ces deux élèves étaient J. -B. Achard et Boveron Desplaces.
Un membre a dit que le premier établissement d'instruction publique connu sous le nom d’université, secondé d’un collège qui enrichit la patrie d’hommes instruits, fixé depuis des siècles à Valence , vient d’ôtre transféré à MontéHinar sous le nom d’école centrale ;
Que sous un beau ciel , au confluent d une rivière et d’un fleuve de grand cours, point central des grandes routes et autres voies publiques , entourée d’immenses prairies , de fontaines et de ruisseaux qui offrent à l'œil curieux des variétés étonnantes, d’un polygone unique, d’une fonderie et d’un arsenal établis à grands frais et enfin de tout ce que la nature offre de plus riant, Valence paraît le seul endroit du département désigné par la nature pour les progrès des sciences et des arts ;
Mais que puisque, contre tant d’avantages, le législateur placé à un autre point de vue a jugé nécessaire par la loi du 3 brumaire dernier de fixer l’école centrale à Monlélimar, il faut laisser à l’expérience le soin d’en déduire autrement, et profiter jusque-là du mince avantage que présente l'article dix de ladite loi, par laquelle les communes qui possédaient des établissements « d’instruction pu- » blique, connus sous le nom de collèges, et dans lesquels » il ne sera pas placé d’école centrale, pourront conserver » les locaux qui ne seront point affectés auxdits collèges » pour y organiser à leurs frais des écoles centrales sup- » plémcntaires ; b
Que l’instruction est d’une nécessité absolue pour les ■circonstances où nous nous trouvons; que foutes les républiques naissantes flottèrent longtemps entre l’anarchie et la tyrannie , avant que Licurgue et Dracon vinrent réformer Sparte et Athènes;
Que les premiers jours de Rome ne sont connus que par des cruautés, triste fruit de l’ignorance ; que Romulus, ne connaissant d’autre loi que la force , tua son frère et fut à
son (onr massacré parle sénat ; que c’est à la mâle éloquence des Zoroastre, des Minos, des Solon et des Nuraa, que les peuples de l’antiquité ont dû et leurs mœurs et la douceur de leurs lois, et qu’aux abus généraux près que la dépravation fait faire de toute chose , il est démontré que les lettres ont fait l’honneur des Grecs et des Romains , dont les écrits nerveux survivent au reste des générations;
Que néanmoins depuis six ans l’instruction est nulle en France, et que, si on n’y prend garde, la génération naissante sera bientôt plongée dans les siècles de barbarie ;
Sur ce, la matière mise en délibération et discutée;
L’administration, considérant que l’ignorance ne connaît ni limites, ni remèdes, et est de tous les maux le plus incurable ;
Que tandis que le gouvernement et les lois pourvoient à la sûreté et au bien-être des hommes en société, c’est à l'éducation à produire cette douceur de caractère, cette urbanité de mœurs qui rendent le commerce liant et facile ;
Qu’une lacune de six ans ne laisse que trop de regrets à exercer et qu’il est temps de parer à cet inconvénient ;
Que faute d’établissements supérieurs , les jeunes gens , au sortir des écoles primaires, perdent, jusqu’à l’àge de seize à dix-huit ans , un temps précieux et irréparable, se livrent et croupissent dans des excès de tout genre, dont le moindre est l’oisiveté , deviennent impropres à rendre aucun service à la patrie et à leurs parents , qui restent l’un et l’autre chargés de supporter leurs vices ;
Que quoique l’école centrale ne soit pas à une grande distance, les habitants de Valence et des communes voisines toutes très-peuplées, ne sont pas assez en faculté pour fournir aux frais de déplacement qu’exigerait l’éducation de leurs enfants , et qu’il est instant d’activer cette partie du service public ;
Le commissaire du directoire exécutif entendu,
Arrête :
L’administration municipale de la commune de Valence déclare que, profitant des dispositions de l’article dix de la loi du 3 brumaire dernier ci-dessus relaté , elle entend conserver la maison du ci-devant séminaire où était placé le collège de la commune et le local de l’université pour y organiser à ses frais des écoles centrales supplémentaires.
Suivent les signatures.
Mémoire du maire de Valence ayant pour objet le rétablissement dans cette ville de l’école de droit ( 1822 ).
Après la suppréssion de l’université de Valence, un
décret du quatrième jour complémentaire de l’an XII détermina l’emplacement de la nouvelle école de droit du Dauphiné à Grenoble.
Depuis la restauration , la ville de Valence s’est empressée de réclamer contre ce décret lésif de ses droits et de l’intérêt public. Le 25 juillet 1816 , Valence ayant le bonheur de posséder dans ses murs S. A. R. Mgr le duc d’Angoulême , la mairie de cette ville réclama, auprès de ce prince, la translation de l’école de droit de Grenoble à Valence. Ce prince daigna accueillir favorablement, dans une audience particulière , la députation de la ville de Valence.
Au mois de mai 1 820, la ville de Valence réitéra par écrit sa demande auprès du roi , en s’adressant toujours à S. A. R. Mgr le duc d’Angoulême.
Une ordonnance du roi, du 2 avril 1821, a supprimé
l’école de droit de Grenoble. La ville de Valence a réitéré sa demande pour le rétablissement de son ancienne école de droit, l’année dernière, auprès de sonExc. Mgr de Corbières, alors président du conseil royal de l'instruction publique. Elle a réitéré cette demande , au mois de janvier de cette année , auprès de LL. EExc. Mgr de Corbièrcs, ministre de l’intérieur, et Mgr le maréchal duc de Bellune, ministre de la guerre. La mairie de Valence et son conseil municipal réclament plus fortement que jamais, par le moyen de ses députés, le rétablissement de son école de droit.
En effet, le moment le plus favorable n'est-il pas arrivé, où, réorganisant l’école de droit du Dauphiné, ancienne province de droit écrit, où cet établissement est nécessaire, n’est-il pas juste que cette école soit rendue à Valence, où elle a fleuri pendant plusieurs siècles, où elle a été constamment protégée et maintenue par tous nos rois de France, dignes aïeux de notre vertueux monarque Louislc-Désiré.
Les bâtiments de l’université de Valence ont échappé h la révolution ; ils n’ont point été vendus , et sont toujours disponibles pour l’instruction publique. Leur inoccupation pendant trente ans nécessite des réparations. La ville et le département de la Drôme s’empresseront de faire ces dépenses aussitôt que Valence aura la certitude du rétablissement de son école de droit, l’une des plus anciennes et des plus célèbres de France.
De savants professeurs l’ont illustrée. L’immortel Cujas, le prince des jurisconsultes, y fit la plus grande partie de ses œuvres et y professa le droit pendant plusieurs années...
Toujours les grands établissements d’instruction publique ont prospéré à Valence. Son collège, en ce moment, compte plus de trois cents élèves qui, ayant de bons professeurs, presque tous ecclésiastiques, sous la direction de M. l’abbé Désessarts, font les meilleures études. MM. les
inspecteurs généraux du conseil royal d’instruction publique, qui firent l’inspection de ce collège l’année dernière, peuvent garantir la sincérité de cet exposé.
La ville de Valence est l’une des plus anciennes des Gaules et l’une des plus belles par les avantages de sa situation. Sa fondation remonte à quinze cents ans avant Jésus- Christ... Elle était le siège d’une de ces grandes écoles qiie l’exemple des Phocéens, établis sur les côtes de la Méditerranée, avait fait ouvrir dans ces contrées. On voit dans la Bibliothèque du Dauphiné, p. 2, édition de 1797, combien était florissante l’école qui existait à Valence lors de la conquête des Romains.
Avant la révolution, Valence était la capitale du Bas- Dauphiné, et avait plusieurs grands établissements judiciaires et d’instruction publique. Elle est aujourd’hui la capitale ou chef-lieu du département de la Drôme, ayant une préfecture, une subdivision militaire, un évêché dont la fondation remonte au troisième siècle de l’èrc chrétienne, une cour d'assises, un tribunal, chef-lieu judiciaire.
Depuis 1775, le gouvernement y a établi une école d’artillerie. Son polygone est le plus commode et le plus beau qui existe en France. LL. AA. RR. Mgr le comte d’Artois et Mgr le duc d'Angoulême le visitèrent en 1814 et 1816.
Située sur la rive gauche du fleuve du Rhône qui baigne ses murs , Valence est placée au centre des départements de la Drôme et de l'Ardèche. La rivière d’Isère a son confluent à une demi-lieue au-dessus de Valence, en se joignant au lleuve du Rhône qui a déjà reçu la Saône à Lyon. Les grandes routes de Marseille à Lyon et celles du Languedoc se trouvent réunies à Valence et y rencontrent la grande route de Grenoble et de Genève.
11 résulte de cet exposé que les titres de Valence pour le rétablissement de son école de droit sont aussi puissants qu'ils sont anciens et respectables.
L’avanlage de la position de Valence pour cet établissement, dans l'intérêt général et la prospérité des études, la justice évidente de cette réclamation, sous le plus juste des gouvernements, tout fait espérer à cette ville, dans ces circonstances favorables , que son école de droit va y être rétablie, puisque, dans l’intérêt public, elle ne saurait être plus avantageusement placée dans aucune ville du royaume.
Fait à Valence, en mairie, le 6 avril 1822.
Signé : Forcheron , maire, Holland, Martin, adjoints.
Lettre du ministre de l'instruction publique et des cultes au ministre de la guerre relativement à la construction d'un séminaire diocésain à Valence.
Paris, 30 novembre 1850.
Monsieur le Ministre et cher collègue, l’administration des cultes fit élever en 1823, à Valence, un bâtiment destiné à l'établissement du grand séminaire de ce diocèse. Mais en 1831, avaqt même que les constructions fussent entièrement terminées, ce bâtiment fut enlevé à sa première destination et affecté au casernement des troupes. Ce changement s’opéra sous l’influence des événements de cette époque et malgré la résistance et les réclamations de l’autorité épiscopale. Le séminaire fut laissé dans un ancien couvent qu’il occupait provisoirement à Romans, à quatre lieues de Valence. II avait cependant été constaté que ce bâtiment était impropre à ce service , qu’il était insalubre, trop exigu, et que, d’ailleurs, son éloignement de Valence ne permettait pas à Mgr l’évêque d’exercer sur cet établis-
sèment ecclésiastique la surveillance quotidienne et la direction constante que réclament les études et la bonne discipline.
En faisant construire, en 1823, le bâtiment qui a reçu une affectation militaire, l'administration des cultes n'avait pas d’autre but que de remédier à ces graves inconvénients. Mais scs intentions à cet égard ont été déçues et le séminaire est resté jusqu’ aujourd’hui dans le même provisoire, dont les inconvénients ne sont point atténués.
L’un de mes prédécesseurs, désireux de donner satisfaction aux justes réclamations des autorités ecclésiastiques à ce sujet, et d’établir enfin d’une manière définitive et convenable un service qui est une des charges de l’État, fit rechercher, en 1850, s’il ne serait pas possible de trouver soit à Valence, soit aux environs, un immeuble propre à l'établissement du séminaire.
il fut reconnu par le préfet et par l’évèque que le bâtiment de la caserne offrait, à cet effet, des avantages qu’il était impossible de trouver ailleurs. Il est à considérer d’abord qu’ayant été construit pour un séminaire, il est naturellement propre ce service, de préférence même à tout autre; en second lieu, qu’il est voisin d’une ancienne église fort remarquable, qui , réunie au séminaire, serait assurée de sa conservation, en même temps qu’elle épargnerait à l’État la construction d’une chapelle; et enfin que par son rapprochement de la cathédrale et de l’évêché, il réunit plusieurs conditions qui sont recherchées dans les établissements de cette nature.
Par ces motifs dont vous sentirez comme moi l’importance, il serait à désirer, Monsieur et cher collègue, qu’il vous fût possible de rendre à l’administration des cultes le bâtiment cédé en 1831 à l’administration de la guerre. Cette cession devrait sans doute entraîner la construction préalable d’une caserne nouvelle. Mais il est à ce sujet , au
point de vue de l'intérêt général du trésor publie, une considération sur laquelle j'appelle toute votre attention : l'État se trouvant dans la nécessité de doter dans un avenir jieu éloigné le diocèse de Valence d’un séminaire, n’y aurait-il pas une grande économie à affecter à ce service un bâtiment qui a été construit en vue de cette destination, et qui, par son rapprochement immédiat d’une église, doit épargner une partie notable de la dépense? Un nouveau séminaire avec chapelle ne coûterait pas moins de 5 à 600,000 fr. et d’après les renseignements qui m’ont été donnés par M. le Préfet de la Drôme, on pourrait pour 150,000 fr. bâtir une caserne très-convenable qui aurait en outre l’avantage d’être infiniment mieux appropriée au service militaire.
Je vous prie, Monsieur et cher collègue, jde vouloir bien me faire connaître votre avis sur la combinaison que j’ai l'honneur de vous proposer, et qui concilie à la fois les intérêts du trésor et les convenances du service. Permettez moi de recommander cette affaire à votre attention et à votre sollicitude particulières.
Agréez, etc.
Le Ministre de l’instruction publique et des cultes,
H. Fortodl.
Notes supplémentaires sur quelques docteurs-régents de l'université.