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ETAT ANNUEL

Mercredi, le 5 mai 18795, à trois heures p.m. la quinzième assemblée annuelle des actionnaires de la banque Nationale eut lieu dans les bureaux de la banque.

L'hon. E. Chinic fut appelé à présider l’assemblée, et M. Cyr. Tessier, fut prié d'agir comme secrétaire.

Avant de procéder à la lecture du rapport annuel, les messieurs suivants furent élus unanimement scrutateurs, savoir : MM. Wm. White, Th. Ledroit et F. E. Iamcl.

L'hon. E. Chinic, président de la banque, fit lecture du rapport suivant :

des

Quinzième rapport annuel des directeurs, aux actionnoires de la banque Nationale.

Les directeurs de la banque Nationale ont l’honneur de vous soumettre l’état des affaires de cette institution, à la date du 30 avril, 1875, terme de la quinzième année de son existence.

Inutile de vous parler de sa position ; les chiffres qui vous seront soumis, parleront avantageusement en faveur de sa stabilité déjà reconnue et bien appréciée du monde commercial et financier.

Dans la crise, qui vers la mi-février dernier, est venue frapper subitement le commerce de la puissance du Canada, ec qui a été cause de l’exporiation d'une somme considérable d'espèces numéraires, la banque Nationale, malgré la diminution de son portefeuille et d’un remboursement considérable de dépôts, a pu maintenir sa réserve en espèces et en valeur de la puissance.

Au commencement de février dernier, les directeurs, sous la direction de M. P. Lafrance, comme gérant, ont établi une succursale de Ia banque Nationale à Sherbrooke, dans les cantons de l'Est, place déjà commerciale et qui promet de devenir trèsimportante par ses relations avec les centres commerciaux qui l’environnent, tant au moyen des chemins de fer déjà en opération que par ceux qui sont en voie de l'être prochainement.

L'établissement de cette branche de la banque Nationale de Sherbrooke, ayant eu lieu dans un temps peu favorable, tant sous le rapport de la saison commerciale, que des conséquences de la crise dont nous venons de parler, vos directeurs ne peuvent rien

mentionner d'important sur les transactions de cette branche ; mais ils se flattent de pouvoir dire que la base de ses opérations est sclidement posée et capable d’y recevoir graduellement une masse d’affaires qui contribuera davantage à consolider l'édifice financier de cette institution.

L’exiguité et l'inconvénient du local actuel de la branche de la banque Nationale, à Outaouais, a nécessité l'achat d’un terrain sur la rue Wellington, en face des bâtisses du parlement, où les directeurs de la banque ont fuit bâtir un édifice pour lusage exclusif de l'institution et du gérant.

La dépression continuelle sur le principal article de notre commerce à eu pour effet un ralentissement considérable dans les affaires commerciales de la capitale de la puissance, et comme toutes les institutions financières de cette localité, la banque Nationale a dû restreindre ses opérations sans avoir cependant à enregistrer aucune perte considérable.

La facilité offerte par les riches propriétaires de la grande et importante ville de Montréal, dans le choix des bureaux d’affaires convenables à toutes Îes institutions, a donné jusqu'ici à la banque Nationale, l'avantage de se procurer un bureau central convenable et économique, pour y transiger ses affaires. À moins d'y voir un intérêt tout particulier ou d’y être forcés par la nécessité, les directeurs ne désirent pas devenir propriétaires d’un immeuble dont l'étendue serait plus que suffisante pour les besoins immédiats de la banque.

Les directeurs ont tout. lieu de se féliciter sur les transactions de la branche à Montréal, dont l’éta-

blissement n’a été ordonné que par nécessité, et dans le but de faciliter les opérations générales de la banque et non pas daus un but de spéculation.

Durant la crise, la succursale de Montréal a été le principal aliment pécuniaire de l'institution qui x dû füire rentrer un grand montant de ses prêts à demande où à courtes échéances, opération qui a eu lieu graduellement avec facilité et avec honneur pour les parties contractantes.

Pour l'honneur de l'institution et dans l'intérêt du connerce local de Québec, les directeurs ne pouvient pas placer les fonds de la banque à Montréal, durant la crise ; et ils n’ont pas ainsi manqué à leurs devoirs.

Des visites spéciales ont eu lieu, et l'inspection des livres et documents des branches de l4 banque a été faite à diverses périodes, soit par les directeurs, soit par le caissier ou l'inspecteur de l'institution. L'inspecteur a pareillement rempli son devoir, sous ce rapport, pour le bureau principal de la banque.

La caisse d'économie de Notre-Dame de Québec (Banque d'Epargne) corps public et in :orporé, qui a donné naissance, en 1860, à la banque Nationale etavec qui cette dernière a toujours été en relations anicales et financières, va transporter son bureau principal dans la nouvelle maison adjoignant celle de la banque Nationale, construite de même dimension, et d’un genre d'architecture semblable, sans toutefois ne rien déranger dans ses autres bureaux, soit de la Haute-Ville, de Saint-Roch ou de Lévis.

Ces deux bâtisses formeront un vaste édifice convenablement divisé pour les besoins respectifs

des deux banques, et pourra être appelé ux des beaux bureaux de banques de Québec.

Le capital de la banque $2,000,000, deux millions de piastres est maintenant tout versé ; et l'àpropos d’y ajouter un nouveau montant, devra être une question soumise à votre considération, plus tard.

Les états de comptes qui vous sont soumis, sont :

lo Un état du résultat des affaires de la banque, pour l’année expirée le 30 avril, 1875.

20 Un état de l'actif et du passif, à la même date.

Les directeurs doivent vous faire remarquer que le montant actuellement au crédit du compte de profits et pertes, est suffisant pour faire face aux dettes considérées mauvaises.

Le montant porté au crédit du fonds de réserve, cette année, est de $73,000, élevant ce fonds à la somme de $400,000, ou 20 pour cent du capital de la banque.

Vos directeurs sont heureux de pouvoir reconnaître l'importance des services rendus respectivement par les gérants, l'inspecteur et tous les employés de la banque, ils ont tous droit à votre reconnaissance.

Comme d'habitude, notre caissier en chef s’est montré à la hauteur de sa position, et n’a rien perdu de son assiduité constante, dans la surveillance des intérêts de l'institution. Aussi les directeurs ont su,

=Up9 en tout temps, apprécier la valeur de ses services comme ils le méritent.

Le tout humblement soumis.

E. CHINIC,

Président.

Québec, 5 mai, 1870.

Erar du résultat des affaires de la banque, pour l’année terminée le 30 avril, 1875.

Balance du compte de profits et pertes, le 30 avril, 187#:.susssssssese. 919,927.28 Profits de l’année expirée le 30 avril, 1875, après avoir déduit les dépenses courantes. ...... 220,231.87

240,159.15 Dividende de 4 p. cent, payé le 2 nov.

1874. so cosvoooses $78,583.45 Dividende de 4 p. cent payable le ler mai,1870..............80,000.00

81,75.70 Porté au fonds de réserve........,... 75,000.00

Palence au crédit du compte de profits et pertes. .sssssssssresesessese B0,979.70 F. VÉZINA, Caissier.

Québec, 30 avril, 1875.

Acrir et Passir de la banque Nationale, le 30 avril,

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