CDXXIV CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
tre où Colli lui annonçait son échec (1), Ce mouvement était très rationnel ; au lieu de eouvrir tout l’espace de terrain entre Ceva et Démont par un long cordon, on préférait réunir & un point éentral In masse des forces. D'autre part la cour de Turin n'ignorait rien des ordres de l'Empereur, 11 semble donc que la cause déterminante de la concentration des forces piémontaises n’a pas été « l'espoir de déterminer les Autrichiens à s'avancer pour défendre l'avenue du Tanaro » (2), comme l'a cru M de Malaussena, où du moins ce n'en a été qu'un motif accessoire.
Le général Dellera recevait le commandement des troupes demeurées à Ceva et des milices restées à Frabosi.
En même temps, on sougenit à faire appel à la levée en masse. L'exemple des Français avait prouvé ce qu’on pouvait en obtenir ; mais à cette époque on ne s'était pas encore rendu compte que ces levées n'avaient produit de résultat qu'encadrées, On se préoceupait uniquement de réunir la plus grande quantité d'hommes possible et d'obtenir un résultat par la masse, A cet effet, on faisait marcher des hommes non pourvus de fusils, n'ayant que des four ches, de grands bâtons ou bien des sabres. « On ne les exposéra pas autant au feu de l'ennemi, disait l'instruction, et cependant ils feront le nombre qui en impose, se donneront mutuellement courage et serviront à battre l'ennemi; après quoi, les hommes non armés de fusils prendront ceux laissés par les morts ct les prison: nicrs ».
C'étaitse préparer un échec; dans cétle masse non enregimente, il suffisait d'un lâché pour produire une débandade.
En conséquence, par un édit en date du g mai, il était prescrit à tous les habitants du Piémont capables de porter les armes de « se tenir prêts à marcher au premier avertissement du tocsin ». À ce sigoal, ils devraient se présenter munis de fusils et de munitions de guerre pour quatre jours ; ces rassemblements sernientcomman dés pur des officiers choisis à cet effet (4). Une instruction spéciale réglait la conduite à tenir par ces officiers. M. de Malaussena trouve qu'elle contenait « des injures atroces contre les Français ». Nous ne pouvons parlager cet avis; pour enflammer le peuple, il était bon de lui rappeler « les traits de bravoure dus à des milices dans ln partie des états royaux occupés par les Français »; de lui faire « sentir la terreur qu'inspiraient aux Frauçais ces milices et le res=
(1) Voir page CCGLXXXIL.
{a} Malaussena, Jograul historique, page 67.
(3) Edit du rai, g mai, page 446.