CLXVII CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN
Les idées exposées dans ce nouveau plan diffèrent absolument de celles de de Vins, L'auteur, quel qu'il soit, était de ceux qui auraient désiré s'en remettre à une grande bataille pour décider le sort de la guerre. Peut-être ce projet a-t-il été remis par Simbschen; en tout cas il était absolument impraticable puisque l'empereur refusait de joindre ses troupes à l'armée piémontaise.
Eu attendant qu'un plan général fût résolu, ainsi que l'avaient demandé le roi (1) et l'archidue (2) dés le commencement de janvier, il était une opération qui s'imposait, couvrir le flanc gauche de la ligue occupée dans le comté de Nice, car personne ne doutait que les Français, reñonçant à enlever Saorge par une attaque de Front, allaient le tourner (3). Ils pouvaient même tenter une opération plus décisive ; & en forçant une marche ou deux, il leur était aisé de tomber sur les derrières de Saorge et de se jeter dans le bassin de Teude, ce qui aurait coupé la retraité par la grande route de Piémont et aurait pu forcer une partie de l'armée à mettre bas les armes ». Ce projet n'a pas été imaginé après coup ; le plan remis à Masséna en contient l'idée, et l’on verra plus loin les causes qui en ont empêché l'exécution. Justement préoccupé de ce danger, un parti dans l'état-major piémontais aurait désiré l'oceupation de Dolceacqua et de Vintimille par un corps important. M.de Costa, contrairement au rapport de Revel, soutient que le générall Colli, à la suite de sa reconnaissance, aurait prouvé « qu'il ne fal= lait pas balancer à y prévenir l'ennemi » et il reproche à de Vins de n'avoir pas approuvé les propositions qui lui furent faites. « Soit de peur d'accélérer l'attaque des Français, soit par crainte de donner de l'ombrage aux Génois, la chose n'eut pas de suite, Et aprés avoir débattu à Fond la matière, il n'en fut plus question. On trouva plus éourt de se reposer sur l'inviolabilité du territoire génois » (4). Il est absolument injuste de vouloir rendre le général de Vins responsable de cet état de choses puisque, dès le 10 janvier, un conseil composé absolument de Piémontais n'avait pas 6sé prendre celle décision. Quant à la véritable cause qui y fil renon: cer, on doit la chercher dans la faiblesse des effectifs. En réalité, on se borna à laisser un bataillon cautonné à la Rochetta et & Pigna « et il fut ordonné de préparer une seconde position eu arrière de la Bendola. »
Une note, malheureusement non datée ni signée, expose l'idée
{i) Le roi à l'Empereur, 10 janvier, page &
{3j Archiduc à l'Empereur, 4 janvier, Supplément, page 1. 43} Voir tout le chapitre 1,
15) Mémoires sar lo campagne de 179$, M. de Costa, page 233.