‹ Histoire de la campagne de 1794 en ItalieChapitre 55 sur 204 · CLXXXVIIL CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN · texte numérisé non relu

CLXXXVIIL CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN

Col de Lignière. — A partir de ce point la crête toujours très aiguë descend vers le col de Ligaière où elle s'élargit et forme un petit plateau gazonné. C'est là que les alliés avaient leurs petits postes avancés pendant que les nôtres étaient à Sospel. De front cette position était couverte par la Bévéra coulant dans un long défilé à parois presque verticales. Elle ne pouvait être attaquée vigoureusement que par le contrefort descendant vers le sud. Cette attaque était favorisée d’ailleurs par les mamelons qui terminent le contrefort.

Col de Béolet. — Le col de Béolet sur la ligne du Mangiabo à Pérus est large et assez vaste pour recevoir un camp d'une certaine importance (1). é

(1) On y voit de grands tas de picrres réguliers et alignës qu'on a tout lieu de supposer être les restes de l'i on des Français pendant l'hiver 1793 à 1794. On compte quatre grandes baraques el quarante petites.

CxCU CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN 1794

avec lui deux pièces de canon et deux obusiers débouchait de la Giandola, franchissait la Maglia et se portait sur la croix de Gan qu'il éanonnait aiasi qu'Orneille; le résultat obtenu consistait dans lu retraite du poste du Colombier.

Aen croire Macquard, l'ennemi était « dérouté », il aurait laissé douze morts dans les retranchements et on y avait trouvé un canon, un Fusil de rempart et de quoi charger quarante mulots avec les munitions enlevées. Il prétendait pourtant n'avoir ni tué, ni blessé, ce qui témoignait d'une action peu énergique (1).

En résumé, aucune de ces attaques n'avait été séricuse et no pou= wait espérer tromper l'ennemi ; il était peu probable que de pareilles démonstrations fssént prendre le change sur le véritable point menacé.

Néaomoins Dumerbion rendait compte de ses succès avec une grande exagération ; il écrivait lui-même que l'on aurait pu se rendre maître du camp de Millefourches «si l'on avait été un peu en force » (2) N'était-ce pas la faute du dispositif adopté ?

Quant à l'échec de Saint-Arnoux, il le masquait en l'attribuant à la valeur des grenadiérs « que leur courage avait emportés trop loin » (3) ; et pour le compenser, il transformail l'affaire insigoifiante de l'Authion en un succés ; d'après son rapport, Bizanet « aurait chassé les ennemis de vive force du camp retranché de Fougasse, jusqu'au Donjon ».

Dans la journée du 6, un bataillon partait de Nice et allait ren forcer le centre de l'armée à l'Escarène ; à cela se bornaîent les dispositions prises pour appuyer l'altaque : on ne s'efforçait même pas de se tenir au courant des mouvements du corps dé Masséna &t l'on restit sans aucun renseignement sur le sort de l'expédition d'Oneille. Peut-être trouvera-t-on que l'emplacement du quartier

- général à Nice, alors qu'on se battait de tous côtés, n'était guère propre à faciliter la liaison entre les différents.corps ni la prompte arrivée des renseignements, condition primordiale de succès pour une opération où plusieurs fractions devaient réunir leur action vers ua but commun,

Le 7, on connaissait à Nice l'entrée de nos lroupes à Dolceacqua évacué pur l'enne: ui se retirait de partout; la reconnaissanes poussée sur l'Authion avait permis d'avoir une idée ussez exnela des forces adverses dans cette partie ; on les portait à 2.000 hom-

{1} Journal dé Malanssena, page 9. Dumerbiou, 8 avril, page 205, Eclaireissements de Macquard, 18 germinal, page 851.

{a} Dumerbion au comité, 8 avril, page 104.

{3) Dumerbion nu comité, 7 avril, page 197.

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