‹ Histoire de la campagne de 1794 en ItalieChapitre 74 sur 204 · CCXXXVIIL CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN · texte numérisé non relu

CCXXXVIIL CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN

ligne des avantepostés, il était évident que les Français ne songesient pas à marcher immédiatement sur Saorge.

Colli était dans une incertitude complète sur la force et l'empla= cement du Eorp# piémontais placé à sa gauche. Le 12, avant d'être en possession de la dépéche du généralissime en date du 14, il derit à Dellera : « J'ignorc si Leotardi poussé par l'ennemi s'y est réplié (à Ponte di Nava) et si ce poste très important est oceupé par les troupes qu'on ÿ aura, j'espère, envoyées du Piémont » (1):

Dans le but de se procurer des informations sur l'état de choses à sa gauche, de mieux lier ses opérations avec d'Argenteau, Colli lui expédiait Le 12 1e major de Malaussena (2). Il l'avertissait « qu'il y aurait dans cëtte journée au col Ardente : le régiment de Belgioso, celui des grenadiers royaux, un bataillon d'Asti et six compagnies de chasseurs », et l'engageait à rapprocher ses troupes de ce point afin que l'ennemi ne pénétrât point dans l'espace qui les séparait.

M. dé Malaussena proposait en outre à d'Argentenu de coopérer à un mouvement offensif sur Pizzo ; nous ignorons la part réservée au corps de Nava dans ce projet. En attendant Is réponse, dans le double but d'inquiéter nos avant-postes et de se procurer des ren= seignements sur nos forces, « pour découvrir si l'on ne pourraittenter quelques opérations pour traverser nos desseins », Colli ordonnait d'alarmer toute notre ligne par des partis poussés du Maurigon, de Belvédère et de Saorge (3).

Le 14 avait lieu l'escaemouche du Barbon (4); au bruit de la fusillade Colli était venu au col Ardente ; il ordonnait de faire quelques bouts de retranchement sur la gauche de Rocca Barbona; n mais, observant que la sûreté du poste dépendait de la difficulté que les neiges mettaient à pratiquer les hauteurs supérieures, il ordonnait à Bellegarde d'être attentif pour le soutenir et d'envoyer tous les matins de bonne heure un détachement sur la cime de Ia Sacearélla à portée de découvrir et prévenir les mouvements que l'ennémi pourrait faire pour en prénudre les derrières n.

Toutefois Colli n'avait pu exécuter la partie de l'ordre de de Vins qui lui prescrivait d'occuper Lupega, poste de liaison entre son corps et celui de d'Argenteau, car « les neiges, ne permettant pus aux mulets de passer Les cols, formaient un obstacle insurmontable pour le moment pour faire subsister par Tende et la Brigue, des troupes

Au] Goli à Dellers, ra avril, page 234.

page à {3} Golli à Dellers, 13 avril, page 328, et at, page 43. (4) Voir page COXVI.

COXxL CAMPAGNE DE L'ARMÉE D'ITALIE EN 1704

Le 15, le régiment de Piémont arrivait à Tende. Le 17 51 passait à col Ardente; une compagnie allait soutenir à la Ciaggia le bataillon de Nice (1).

Ces renforts successifs avaient done constitué à col Ardente un rassemblement de neuf bataillons, ayant comme avant-poste un détachement à Rocca Barbona; séparé du gros par deux kilométres, celui-ci Stait très exposé, aussi Colli ordonnaitil le 15 au major de Malaussena, chargé de placer le régiment des gardes, de rendre praticables le plus possible « les mauvais passages qui se rencontrent entre Barbona et le camp » (2).

Enfin pour compléter cette défense, assurer la droite de col Ardente et se procurer un point d'appui au centre dé la ligne, il envoyait Maulandi reconnaitre le plateau de Fels et y tracer un chemin,

Dis le 15, go travailleurs étaient employés à cet ouvrage sur la hauteur de Fels que Maulandi considérait comme offrant de très grands avantages. « Elle présentait un front dé trente pas sur cent et plus de profondeur ; le glacis uni que présentait sa pente était très favorable au plus grand effet de la mousqueterie et de l'ar tillerie » (3).

Malheureusement les outils manquaient pour pousser ce travail, bien que Malaussena en eût réclamé dès Îe 15; néanmoins le 17 au soir, malgré la grande quantité de neiges qui avait ralenti le tracé du chemin, eclui-ci était Frayé pour les piétons.

A cinq heures et demie du soir Maulandi en rendait compte à Coll, et il pressait pour qu'on se hâtât. « Je serais d'avis de mettre dans la construction de cet ouvrage la plus grande promptitude possible, afin qu'il fût hors d'insulte, avant que l'ennemi ait formé le dessein de l'emporter ».

Pour le lendemain, il projetait d'employer le plus grand nombre de travailleurs possible, tandis que le corps franc marcherait au bois inférieur pour soutenir les travailleurs en cas d'attaque, Le meilleur profil à adopter pour l'ouvrage consistait À suivre les pentes de la hauteur, il eontiendrait trois cents hommes et deux piècés. Ce posté étant de In plus haute importance, Maulandi insistait sur la nécessité de ne pas le confier à un corps de nouvelles levées, et il proposuit de faire camper le corps franc en avant de manière à le protéger (4).

Sur la rive droite de la Roya, le mauvais temps empêchait jus-

{4} Colt à Paepars, +7 avril, page 269.

(ai Colli à Malaussens, 15 avril, page 363.

(1 Maulandi à Colli, #6 avril, Relation, page st,

{4} Maulandi à Coll, 17 avril, 5 heures 1/2 du soir, Relation, page

Page 1