CHAPITRE XV
rantaines d'indulgences aux fidèles qui visiteraient la chapelle de Saint-Jean l'Évangéliste aux principales fêtes de Tannée, et qui contribueraient pour quelque chose à son entretien (1). Ces offrandes furent la cause de Irès-violenls démêlés entre le chapitre et les chapelains. Le chapitre en réclamait la propriété comme de toutes les autres oblations de la cathédrale, ratione juris parochialis, nonobstant la déclaration formelle du pape qu'elles devaient revenir aux chapelains et être administrées par eux. En conséquence il suscita toute sorte d'embarras aux chapelains, les poursuivit devant le juge séculier, arrêta les lettres du pape, brisa la porte de fer de la chapelle, enfonça le tronc et s'empara de l'argent. Ces excès trouvèrent bientôt la punition qu'ils méritaient. Le pape Pie II, par lettres datées de Macerati le jour des ides de mai 1460, commit les évêques d'Arras, de Grasse et un autre pour instruire l'affaire, prononcer l'interdiction de l'église, rex»*ommunication des chanoines et la restitution des offrandes enlevées. L'évêque de Grasse exécuta sa commission le 7 juillet 1460; le 9 août, les lettres d'interdit furent signifiées aux parties intéressées et affichées sur la principale porte delà maison capitulaire parSicard Serres, notaire public. Les chanoines vaincus finirent par se soumettre.
Le tombeau de Guillaume de la Tour, est enclavé dans le mur sous une arcade à la hauteur de trois mètres. Il présente sur la façade antérieure six arcatures ogivales subtrilobées avec moulures prismatiques. Les pinacles qui s'élèvent aux extrémités du tombeau ont été brisés. On a même gratté les armoiries de l'évêque ainsi que l'ins-
(1) Arch. de l'Av., Fonds de l'évêché, parchemin original. — L'acte commence ainsi : Calistus episcopus servus servoram Dei
cription funéraire. D'après l'historien Bonal elle était ainsi conçue.
Hic : lACET : R : IN CH» pater :
D. GUILLELMVS : DE : TVRRE : EPS : RVTHENENSIS :
QUI : OBiiT : XX : mensis : marth : m : cccc.lxx.