CHAPITRE XVII
quante ans. On y voit encore, à gauche, sur une console, la slatue du saint Patriarche.
Le nom nouveau de la chapelle appelait nécessairement une ornementation nouvelle. Il y a maintenant un magnifique autel en pierre surmonté d'un splendide rétable. Saint Joseph occupe la niche du milieu. — Nous devons signaler le beau vitrail de la chapelle. Il sort de la nouvelle manufacture de vitraux de Rodez.
Un grand tableau placé naguère au-dessus de l'autel représentait l'Assomption de la sainte Vierge. Plus anciennement, cette chapelle était dédiée à Notre-Dame, mais nous ignorons sous quel titre. On lit en effet dans le testament de Marguerite Guibert, veuve de Jean Ginestel, marchand de Rodez, sous la date du 28 juillet 1673, qu'elle fonde à perpétuité une messe haute de Beatô Maria, chaque premier jour du mois de juin et une messe basse de Requiem, chaque vendredi de l'année, à dire à la cathédrale dans la chapelle située entre celles de l'Ange- Gardien et de Saint-Roch, ou est l'image de la saijnte
VIERGE portant LE PETIT JÉSUS DE MARBRE BLANC avec
V absoute à la fin de chacune des dites messes sur le tombeau oit est inhumé Jean Ginestet, beau-père de la dite Guibert, tout proche le bénitier joignant la chapelle Saint-Michel, Pour cette fondation elle donna un capital de 280 livres (1).
Chapelle de V Ange-Gardien. François d'Estaing la dédia sous le vocable de l'Ange-Gardien. On sait qu'il avait le premier établi cette fête dans la chrétienté. L'autel qu'on y voit aujourd'hui est, dit-on, venu de l'abbaye de Bonnecombe. Le rétable de style grec fut fait en 1688, par
(1) Archives de l'Aveyron, litres du chapitre de Rodez. Registre, fo 453.
Gabriel Cadaluenc, sculpteur de Rodez, aux dépens de la confrérie de l' Ange-Gardien ; il coûta 450 livres (1).
Le chanoine Jacques d'Austry, par son testament du 12 mai 1671 (il veut être enterré dans la chapelle de Bilhart), lègue à la dévote fraternité des prêtres de la cathédrale la somme de 400 livres tournois, à condition de chanter les litanies des Saincts Anges tous les jours de mardy à perpétuité dans la dite église cathédrale et chapelle de l'Ange-Gardien en la mesme forme ^ manière et cérémonie et heure, qu'ils ont desja commencé à faire le dit office laissant le dit testateur la distribution du revenu de la dite somme léguée à la prudence et discrétion de la dite fraternité (2).
Chapelle de Saint-Jean-Baptiste ^ anciennement des Cinq-Plaies, Bertrand de Chalençon, évêque de Rodez, fit bâtir cette chapelle de ses propres deniers ; ses armoiries sont magnifiquement sculptées à la clef de voûte, avec la crosse et sans la mitre. Son frère, Pierre de Chalençon, protonotaire apostolique et grand archidiacre, la fit décorer et la dédia à l'honneur du Crucifix aux cinq plaies saignantes, tel que l'histoire rapporte qu'il apparut à saint Grégoire-le-Grand (3).
Par acte du 14 juillet 1497, il y fonda une chapellenie
(1) Archives de l'Av.^ Fonds du Chapitre, registre 41. Dominique de Patris , chanoine sacristain de la cathédrale et Jean Masuc, prêtre habitué au chœur, étaient alors bailles de la dévote confrérie de l' Ange-Gardien.
(2) Archives de l'Av., Fonds du Chapitre, registre, 450.
(3) C'est pour cela sans doute que la chapelle des Cinq-Plaies est quelquefois désignée sous le nom de Saint-Grégoire. Elle renfermait la porte par laquelle on communiquait avec le palais épiseopal et qui fut l'objet de tant de démêlés entre François d'Estaing et les chanoines. Dans la transaction qui eut lieu le 10 mai 1514, pour l'usage de cette porte, il est dit, que l'assemblée se tint dans la chapelle de Saint-Grégoire. .4rc^. de l'Av., fonds de l'évêché de Rodez. Registre de Carie, notaire, f° LXX.