CHAPITRE XIII
plantée sur un trait horizontal qui relie ensemble les lettres G et V. Le même écusson est encore reproduit deux fois au bas du rétable.
George Vigoureux par son testament du 10 mars 1480 (n. st.) demande à être inhumé dans la chapelle de l'Annonciation de la très-sainte Vierge (1), et il y fonde un service de messes. Elle devint, par la suite, un lieu de sépulture commun pour tous les membres de la famille de Vigoureux, lorsqu'ils mouraient à Rodez; s'il leur arrivait de mourir au château de Barry, ils étaient enterrés dans la chapelle de Saint-Antoine de l'église de Fraissinhes.
La chapelle de l'Annonciation était abandonnée depuis longues années, et servait de décharge pour les vieux meubles de l'église. M^' Giraud , évêque de Rodez , après l'avoir restaurée convenablement, y déposa en grande pompe, le 7 août 18ii3, les reliques de saint Artémon , martyr , envoyées de Rome par le pape Grégoire XVL La châsse en bois doré est placée sous l'arcade du rétable. L'ancien autel devait être en pierre ; le nouveau est de plâtre avec les ornements contournés du style flamboyant. Les panneaux furent moulés sur ^ le tombeau de pierre existant dans le tympan du portail sud.
Le vitrail, qui garnit la fenêtre, représente les principaux épisodes de la translation des reliques de saint
(1) Volo et ordino quod dura et quando anima mea egressa fuerit a corpore meo , casu quo decederira in villa Ruthene aut infra viginti leucas prope, quod corpus raeum adportetur et sepelialur in ecclesia cathedrali Béate Marie civitatis Ruthene et in capella per dominos de capitulo michi tradita, et de Annunciatione Béate Virginis Marie per me decorata. Testament de George de Vigoureux , parmi les titres de sa famille , aux Archives départementales de VAveyron.
Artémon. On le doit à U. Thevenot, peintre-verrier, de Glermont-Ferrand.
Chapelle de Sainte- Anne. Le patron primitif de cette chapelle paraît avoir été saint Jean-Baptiste. Divers textes du XIV* siècle mentionnent une chapelle de ce nom à la cathédrale. Un article des comptes de l'œuvre de 1459- 1460 va nous apprendre où elle était située. Le 18 octobre, il fut payé à Jean Boscayrol, charpentier, la somme de quatre sols six deniers tournois pour réparer la toiture provisoire, parce que l'eau entrait dans l'église par le pilier rond, entre la chapelle de Tous les Saints et celle de Saint-Jean-Bapliste , eo quod aqua decendens (sic) per dictam tegulaiam intrabat [m] eclesiam per LO PI A LA REDON inter capellam Omnium Sanctorum et capellam Sancti Johannis Baptiste (1). Or, précisément, la chapelle dont nous nous occupons touche au seul pilier rond qui soit dans la cathédrale.
La clef de la voûte porte un agneau traversé d'une croix ; c'est l'agneau rédempteur, l'agneau de saint Jean- Baptiste ; il figure aussi sur le contre-scel du chapitre de Rodez au xiv^ siècle.
Le culte du saint Précurseur était très-florissant à la cathédrale pendant le moyen âge. La veille de sa fête ^ on chantait les matines au chœur, et le jour de la fête, les chanoines revêtus de chapes allaient en procession à son autel. Il y avait même une confrérie de Saint-Jean- Baptiste; le 5 juillet 1529, François d'Estaing confirma ses anciens statuts et lui accorda quarante jours d'indulgence.
Vers la fm du xvii^ siècle, la chapelle de Saint-Jean- ;i) Voyez ces comptes publiés à l'Appendice, 0° VIII