‹ Histoire de la cavalerie française (volume 2)Chapitre 7 sur 49 · Baron de La Bifife (Louis), 14 avril · texte numérisé non relu

Baron de La Bifife (Louis), 14 avril

• Voici le dernier des régiments de dragons laissés par la monarchie à la république. Quoiqu'il fût de création récente, ce corps a eu une influence marquée sur Parme à laquelle il appartenait, et, c'^st de lui que sont venus Thabit verl que les dragons ont porté pendant plus de cent ans et le casque caractéristique qu'ils portent encore.

Ce corps a été formé sur le pied de i ,000 hommes par le maréchal de Saxe, en vertu d'une autorisation royale du 3o mars 1743, sous le nom de Volontaii^es de Saxe. C'était à Forigine une de ces agrégations mixtes, dont la mode fut apportée de Bohême. Toutes les fois qu'une armée française est battue, on peut être certain que l'opinion publique, hors de Tarmée et dans l'armée, -attribuera la défaite à quelque fait matériel acces- *;oire et s'empressera de copier tel ou tel détail 'l'organisation, d'armement et même de tenue, •|ui devra rétablir l'équilibre en notre faveur. La

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guerre de Sept ans , plus désastreuse pour la France que Texpédition de Bohême, a orné nos soldats, et après eux tous les citoyens, d'une queue à la Frédéric, que tous le monde a consciencieusement portée pendant soixante ans. Quelques-uns qui avaient particulièrement eu aifaire aux Anglo- Hanovriens, avaient placé leur confiance dans la queue à la Cadogan, et formaient une petite église, à laquelle les dragons, on Ta vu, s'étaient ralliés.

Les Volontaires de Saxe, recrutés parmi les compatriotes du maréchal, comptaient six brigades de i6o hommes chacune , 80 hulans ou lanciers et 80 pacolets. Le pacolet était le satellite du hulan, comme autrefois dans la lance fournie Tarcher était attaché à Thomme d'armes. Le hulan était un gentilhomme polonais ; le pacolet armé de la carabine était un paysan. On voit que ce système du maréchal n'était pas pi*écisément un rajeunissement de la cavalerie. Aussi ce régiment ne fit-il pas longue vie sous cette forme, le pacolet ou dragon finit par absorber le lancier; et le souvenir de cette première époque de l'existence du corps serait presque complètement effacé sans quelques particularités originales de sa tenue et de ses mœurs.

Les hulans portaient l'habit et la culotte de drap vert, la botte hongroise, un casque de similor garni d'un turban de cuir de Russie et d'une queue de crin dont la couleur variait pour

chaque brigade. Ce détail est le point de départ de la distinction des escadrons par la couleur des pompons.

Ils étaient armés d'une lance de neuf pieds avec une banderole, d'un sabre et d'un pistolet à la ceinture.

Les pacolets, ou dragons, avaient aussi Thabît vert, avee les parements, le collet, les revers à la bavaroise, et la doublure de couleur écarlate ; les boutons de cuivre ; la veste ventre de biche bordée d'écarlate, la culotte »de peau; les bottines boutonnées le long du mollet, c'est-à-dire les guêtres que les dragons ont conservées jusqu'en i8o3 ; le casque de similor, garni de peau de chien de mer, avec deux rosettes de similor et la queue de crins. Le cheval était couvert d'une peau de loup. L'armement consistait en un fusil, un sabre et deux pistolets. Le maréchal de Saxe, qui avait des goûts asiatiques, voulut avoir, pour sa garde personnelle, une compagnie entièrement composée de nègres montés sur des chevaux blancs.

Les volontaires de Saxe accompagnèrent leur illustre chef dans les expéditions de Souabe et de Bavière en 1743 et 1744, et servirent avec lui en Flandre jusqu'à la paix d'Aix-la-Chapelle. Après avoir passé dans le Luxembourg l'hiver de T 745, ils arrivent en Flandre et combattent à Fontenoy, à Raucoux et à Lawfeld. Après le siège de Maëstricht, ils furent appelés à Paris, qui était

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très-curieux de les voir, et le roi les passa en revue le 28 novembre dans la plaine des Sablons. On les laissa pendant quelques jours fraterniser avec les Parisiens et montrer à ce bon peuple ce que les Polonais et les nègres de ce temps-là étaient capables de faire, et on les envoya à Vendôme. Le i^'^mai 1749, on ne trouva rien de mieux que de prier le maréchal de les emmener avec lui dans sa retraite de Chambord. Les habitants des environs de Chambord ont, non sans motifs, conservé la mémoire des soldats du galant fils de la belle Aurore de Konigsmark. Après la mort du maréchal survenue le 3o novembre 1760, le corps, réduit à 36o hommes, fut donné au lieutenant-colonel, comte de Friezen, qui en avait eu jusque-là le commandement direct \ ils prirent le nom de Volontaires de Friezen et furent envoyés à Phalsbourg; le 22 juin 1755, ils devinrent Volontaires de Schomberg, et enfin le i®' avril 1 762, le corps augmenté de 2 compagnies fut transformé en régiment de dragons et prit rang dans l'arme avec le n® 17.

Pendant la guerre de Sept ans, les volontaires de Schomberg, commandés par un mestre de camplieutenant, le comte de Donnezan, avaient figuré avec honneur aux affaires d'Haastembeck, de Créfeld, de Bergen, de Munden, de Corbach, de Warbourg, de Villingshausen, de Grébenstein et du Johannisberg.

A la paix, le régiment de Schomberg occupait la garnison de Schlestadt, d'où il est allé en lyôS à Pont-à-Mousson, où il fut organisé le 4 avril, et qu'il quitta en 1 765 pour se rendre au camp de Compiègfte. Revenu à Pont-à-Môusson après le camp, il se rendit en 1766 à Schlestadt, en 1769 à Nancy, en 1770 à Avesnes, en 1772 à Nancy, en 1774 à Ardres, en 1776 à Sarrebourg et Phaisbourg, en 1778 à Fougères et au camp de Paramé, puis à Haguenau, en 1781 à Saint- Avold, en 1782 à Pont-à-Mousson, en 1783 à Vaucouleurs, en 1784 à Mirecourt, en 1787 à Commercy, en 1 788 au camp de Metz, et en 1 790 à Valenciennes, d'où il détacha en 1791 2 escadrons à Bourges. En 1792, il était tout entier à Valenciennes.

Il avait reçu en 1776, dans ses rangs, le 4* escadron de chasseurs de la légion de Dauphiné, et il avait reculé du 1 7® au 24® rang, par suite de la transformation en dragons de plusieurs régiments de cavalerie.

En 1788, après la transformation en chasseurs à cheval de six régiments de dragons, il était remonté au 1 8® rang, et en 1 79 1 il fut classé le 1 7®, le régiment du Roi étant moins ancien que lui d'un an.

Au début de la guerre, en 1792, ses escadrons de guerre étaient à l'armée du Centre et le dépôt à Tournai. Le 17® dragons a ainsi participé à

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la victoire de Valmy, où il s'est fait remarquer, et aux affaires dont la Belgique a été le théâtre jusqu'à la bataille de Neerwinden. Il est resté pendant le reste de Tannée 1 793 en garnison à Metz, Il a fait ensuite partie jusqu'à la paix d'Amiens des armées de Rhin et Moselle, du Danube et d'Helvétie, et s'est distingué au passage du Rhin et aux batailles de Rastadt et de Zurich.

En 1802, on le voit à Pont-à-Mousson. En 1804, il fait partie de l'armée des côtes de l'Océan, et a ses quartiers de cantonnement à La Ferté-Milon, Laon et Compiègne. En i8o5, il marche avec la grande armée, sous les ordres de Murât. Le colonel Saint-Dizier, dragon au corps en 1772, est tué le II octobre au combat d'Al^ beck. Son successeur, de Beurmann, le com* mande dans les campagnes de Prusse et de Pologne et en Espagne, à Mansfeld, à l' Arzobispo, à Albuéra, Médina-Cœli, où le maréchal des logis Forfert prit un drapeau. Le colonel est blessé d'une balle à la poitrine devant la Corogne, et d'une balle à la joue devant Amarante en Por* tugal. En 181 3, le régiment, qui avait deux escadrons en Allemagne, eut ordre d'aller les r©» joindre.

Nous devons mentionner un fait à Thon-»

neur de ces escadrons et qui s'était passé dans là vieille Prusse, à Mansfeld, le 16 février 1807» Ges escadrons se voient enveloppés par une nom*

breuse cavalerie prussienne et russe. Le maréchal des logis Bouchan , porteur du guidon, se jeta dans un lac et parvint à s'échapper. Il fut fait sous-lieutenant.

Après la bataille de Leipzig, une partie du corps resta à Dantzig ; l'autre fit la campagne de France. Le 24 février 18 14, au combat de Saint-Parre, le colonel Lepic, à la tête de son régiment, charge un parti de 2,000 hommes, infanterie et cavalerie, avec une telle vigueur, qu'il les fait tous prisonniers et s'empare d'un drapeau.

La première Restauration, en comblant les cinq vides qui existaient depuis 1 8 1 1 dans la série des dragons, fit monter celui-ci au n° 12. Il reprit le n® 17 pendant les Cent-jours. Nous ne savons point où ont passé les restes de ce régiment après le licenciement de l'armée de la Loire : peut-être ont-ils été versés dans le 5® dragons de l'Hérault, régiment sur la formation duquel nous n'avons trouvé aucun document.

Nous ignorons également quels étaient la couleur et les attributs des guidons de Schombergdragons. Ils rappelaient probablement les armoiries du maréchal de Saxe.

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