‹ Histoire de la cavalerie française (volume 3)Chapitre 11 sur 44 · La Rochefoucauld. 24. Schomberg · texte numérisé non relu

La Rochefoucauld. 24. Schomberg

Chasseurs à cheval, 6 régiments numérotés de i à 6.

La tenue des corps est nnodifiée en même temps que Torganisation.

La cavalerie et les dragons prennent Thabit à la française, bleu pour la cavalerie, vert pour les dragons^ la veste de drap, la culotte de peau, de nuance naturelle, le manteau gris blanc piqué de bleu.

La cavalerie porte toujours le chapeau, excepté Royal- Allemand ; les dragons le casque, et les hussards le schako. Les chevau-légers ont Phabit bleu et le chapeau comme la cavalerie ; les chasseurs à cheval qui sortent des dragons ont Phabit vert et un casque plus petit qpe celui des dragons, sans crinière flottante, mais avec une aigrette noire suivant le contour du cimier.

Tous les régiments de cavalerie ont les poches en travers comme celles de la gendarmerie actuelle, la veste chamois, et sont divisés en huit classes ayant chacune leur couleur de distinction. La première classe a seule les boutons jaunes ; toutes les autres portent les boutons blancs. Le premier régiment de chaque classe a

les revers et les parements de la couleur distinctive, le second les revers seulement et le troisième les parements. Royal-Allemand seul a le collet de la couleur de la classe à laquelle il appartient. La division par classes est ainsi établie.

Écarlate. — Colonel général, Mestre de camp général. Commissaire général.

Écarlate. — Royal, le Roi, Royal étranger.

Jonquille. — Cuirassiers du roi, Royal-Cravates, Royal- Roussillon.

Cramoisi. — Royal -Piémont, Royal -Allemand, Royal- Pologne. *

i4 wrore. — Royal- Lorraine, Royal-Picardie, Royal-Champagne.

Rose. — Royal-Navarre, Royal-Normandie, la Reine.

Gris argentin. — Le Dauphin, Bourgogne, Berry.

Bleu de ciel. — Carabiniers de Monsieur, Artois, Orléans.

Les chevau-légers avaient la patte de poches en long, les boutons blancs, les revers et parements des couleurs suivantes:

I®' régiment, écarlate-, 2®, cramoisi; 3*, bleu de ciel; 4®, chamois-, 5*, aurore, et 6*, blanc.

Point de changements essentiels dans la tenue des dragons.

Les chasseurs à cheval n'avaient pas de poches marquées : leurs boutons étaient blancs, et ils se distinguaient entre eux de la manière suivante : le premier régiment avait les revers et les parc-

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ments de couleur écarlate ; le deuxième, cramoisi ; le troisième, jaune citron ; le quatrième, chamois -, le cinquième, aurore, et le sixième, blanc.

Dans les régiments de hussards, Bercheny continuait à porter la tenue réglée en 1776; la bordure du schako était devenue blanche. Chamborant ne subissait aucun changement. Esterhazy, toujours habillé de gris argentin, avait les retroussis garance *, son schako était bordé et doublé de blanc ^ ses boutons étaient jaunes. Conflans était pareil à Estherazy, à la couleur du fond près, qui était verte. Colonel général prit la pelisse écarlate, le dolman et la culotte bleu de roi, les parenients et retroussis écarlate, les boutons et les. passementeries jaunes-, le schako noir, doublé d'écarlate et bordé de noir.

Ce règlement de I77j9 sur Thabillement des troupes a été refondu en 1 786, dans un nouveau règlement portant la date du i" octobre. Nous tiendrons compte, aux notices particulières des corps, des changements qu'il a consacrés et de certains détails relatifs à l'équipage des chevaux; nous n'en extrairons pour le moment que le point suivant. Il se rattache à une question, dont on saisit difficilement le sens aujourd'hui, et qu'il importe d'éclairer.

« Les mestres de camp commandants des ré- « giments auxquels le Roi fournit les étendards, « les guidons et les banderolles de trompettes,

« sont tenus de la dépense des lances et de « faire les frais de la monture, de la fourniture «. et de Pentretien des cravates de taffetas. »

Il y avait donc, en 1786, des régiments auxquels le roi fournissait les étendards et d'autres régiments auxquels il ne les fournissait pas, dans lesquels les mestres de camp devaient pourvoir à toutes les dépenses des enseignes. Quels étaient les régiments favorisés ? Evidemment les régiments royaux, ceux dont le roi lui-même était colonel propriétaire. La règle était donc que les étendards fussent fournis par les propriétaires, roi, princes du sang ou simples gentilshommes. Cette règle était exclusive de Puriiformité des drapeaux dans Parmée, et par le fait chaque régiment avait le sien. Il y avait des types généraux pour les drapeaux de Tinfanterie, pour les étendards et guidons de la cavalerie et des dragons, mais ces types n'imposaient que la forme et les dimensions ; les couleurs étaient variables et arbitraires.

Nous donnons ici une pièce, qui se rapporte à cette question , et qui confirme l'explication que nous avons admise. Elle est curieuse à plus d'un titre. C'est une requête adressée au roi, le 23 mai 1758, par le duc d'Orléans, grand-père du roi Louis-Philippe.

« Le Roy a la bonté de faire fournir au régi-

Les Régiments permanents. , lyS

« ment de dragons d'Orléans les étendarts comme « à tous les régiments royaux. »

Il est à noter que ce régiment avait été créé par le régent au moment où il faisait fonction de roi.

« Monseigneur le duc d'Orléans sçait bien que « cet usage ne s'observe point pour les autres « régiments de princes ; mais cette distinction flat- « teuse pour la maison d'Orléans et pour ses « régiments, à qui cela rappelle qu'ils ont eu « rhonneur d'appartenir au frère unique du Roy, « est trop précieuse pour que Monseigneur le duc « d'Orléans ne désire pas avec le plus grand em- « pressement de le conserver. Le Prince demande « qu'il soit établi d'une manière stable que son « régiment de cavalerie d'Orléans soit traité <( comme celui de dragons d'Orléans à qui les éten- « darts sont fournis par le Roy. Il espère aussi « que Sa Majesté voudra bien qu'il en soit usé « de même pour le régiment de cavalerie qu'elle « vient d'accorder à M. le duc de Chartres.

« On observe, quant à l'objet de la dépense, « que monseigneur le duc d'Orléans en fait déjà « beaucoup pour ses régiments, à qui il accorde « des pensions dont l'objet est considérable.

« Sigjié: L.-Phil. d'Orléans. »

On lit en marge, de la main de Louis XV : Bon. En 1784, on était encore revenu aux corps

mixtes. Les bataillons de chasseurs à pied et les régiments de chasseurs à cheval étaient mariés et formaient par leur réunion deux à deux, 6 légions qui avaient reçu les noms de Chasseurs des Alpes, des Pyrénées, des Vosges, des Cévennes, du Gévaudan et des Ardennes. Enfin le 1 7 mars 1788, on renonça à ces agrégations et les 6 régiments de chasseurs reconstitués comme ils Pavaient été en 1 779, prirent les noms de Chasseurs à cheval de Picardie, Guyenne, Lorraine, Bretagne, Normandie et Champagne. Le nombre de ces régiments fut porté à 12, par la transformation des 6 régiments de dragons de Boufflers^ Montmorency, Deux-Ponts, Durfort, Ségur et Languedoc, qui prirent respectivement les noms de Chasseurs d'Alsace, des Évêchés, de Flandre^ de Franche-Comté, du Hainaut et ^u Languedoc^ et en même temps la tête de Parme en raison de leur ancienneté.

Les 6 régiments de chevau-légers qui avaient pris rang en 1784 dans la cavalerie proprement dite sous les titres d'Orléanais, des Évêchés, de Franche-Comté, de Septimanie, de Quercy et de La Marche, sont licenciés en 1788, excepté Orléanais qui devient Royal-Guyenne-cavalerie.

Dans cette organisation du 17 mars 1788, qui fut une refonte générale des troupes à cheval, le régiment des carabiniers qui, tout en comptant à son rang de création parmi les régiments de

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cavalerie légère avait toujours eu un effectif élevé et une organisation spéciale, est partagé. en 2 régiments, formant une brigade. Ces régiments de carabiniers devaient trois ans plus tard prendre la tête des troupes à cheval, comme grenadiers de la cavalerie.

Tout ce qui restait encore de Pancienne Gendarmerie, gendarmes et. chevau- légers de la garde, grande et petite Gendarmerie, disparut le ler avril 1788, en suite d'une ordonnance du 3o septembre 1787. Le roi ne conserva de toute la splendide Maison formée par ses prédécesseurs que les 4 compagnies des Gardes du corps qui devaient, elles aussi, bientôt disparaître.

Le nom illustre de la Gendarmerie fut pourtant maintenu par la République. Ce nom passa à la Maréchaussée, qui prit un grand développement, un développement proportionné aux libertés que les citoyens se donnaient. Dès cette époque, d'ailleurs, le nom de Maréchaussée n'avait plus de sens clair ; cette troupe n'était plus seulement l'exécutrice des arrêts du tribunal des maréchaux de France •, elle servait à la police générale du royaume.

Comme couronnement enfin aux réformes opérées par Louis XVI en 1788, il ne faut pas oublier la suppression des colonels généraux, des mestres de camp généraux et du commissaire général de la cavalerie. En conséquence de cette

suppression, les chefs des régiments prirent pour la première fois, en 1788, le titre de colonel.

De ce qui précède, il résulte que la monarchie avait sur pied à ce moment' extrême, outre les Gardes du corps qui furent licenciés en 1791, 26 régiments de cavalerie, dont 2 de carabiniersy 18 régiments de dragons, 6 régiments de hussards et 12 régiments de chasseurs à cheval, en tout 62 régiments de 4 escadrons chacun, dont voici les noms et le rang:

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