Baron d*Hauteville (J eau* Louis Connac), 10 mars
Ce régiment, complètement allemand à l'origine, et qui depuis s'est principalement recruté dans les provinces françaises de langue alleinande et dans le Palatinat, est entré au service de Louis XIV dans les mêmes circonstances que Royal-Piémont, et un jour seulement après celui-ci. U se composait alors de 2 escadrons, Tun habillé à la polaque, et l'autre à la française.
Sous le nom de nom de Konigsmark il fait, en 1672, la gunpagne de Hollande. En 1673, il est employé contre les tr<aupes de l'électeur de Bran*
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debourg ; en 1674, il est avec Condé à la bataille de Séneff. A partir de ce moment, on ne trouve jusqu'en 1688 d'autres renseignements sur le corps qu'un ordre du 1 1 octobre 1682, qui l'envoie de Cambrai dans le Dauphiné, ordre qui prouve qu^îl n'avait pas cessé d'exister. Le 1 5 novembre 1688, le roi le prit pour lui et lui donna, avec le titre de Royal Allemand^ le rang qu'il a toujours gardé parmi les régiments royaux après Royal-Piémont. C'était le onzième.
Sous son nouveau titre, il a fait en Flandre toute la guerre qui s'ouvre en 1688. Le colonel de Bolhen a été tué à Neervinden. En 1698, il tenait garnison à Valenciennes.
En 1701, il est encore à l'armée de Flandre; il contribue l'année suivante à la défaite des Hollandais devant Nimègue, et en 1708 il combat à Eckeren. En 1704, le régiment est partagé. Quelques compagnies demeurent en Flandre et y servent jusqu'à la fin de la campagne de 171 2. La majeure partie se rend sur la Moselle et sur le Rhin, et contribue en 1 707 à la prise des lignes de Stolhofen. Pendant l'expédition qu^ Villars oonduisit en Alkmagne, le régiment fut laissé à la garde des lignes de Weissembourg. Il rejoignit l'armée éxi mois de juin, se trouva à l'occupation iôiMaoheim et vint hiverner sur la Sarre. Au combat de Rumersheim, en 1 709, il culbute Taile droit5S<de l'ennemi. Il revint hiverner sur la Sarre
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et passa Tannée 1710 aux environs de Metz. Pendant les deux années suivantes, il continue ce rôle de garde et d^observation, tantôt sur la Sarre, tantôt sur le Rhin. Rejoint en 171 3 par les compagnies laissées en Flandre, il contribue à la défaite du général Vaubonne et à la prise de Landau et de Fribourg.
En 1719, on voit Royal allemand au camp de Stenay. Il revient au même camp en 1727. En 1733, il part du camp du pays messin pour aller faire le siège de Kelh. En 1 734, il va lever des contributions dans le Wurtemberg, assiste au siège de Philisbourg, occupe OfFembourg, et reste sur les bords du Rhin en observation jusqu'à la fin de la guerre, après laquelle il prit ses quartiers à Sarreguemines.
En 1 74 1 , Royal allemand fait partie de Tarmée de Bohême. Il se trouve à la prise de Prague et de Thein et aux affaires de Sahay et de Fraiienberg. En 1743, il est à la bataille de Dettingen, en 1744 à la reprise de Weissembourg et des lignes de la Lauter, aux combats de Sufifelsheim et d'Augenheim. Il passe ensuite en Bavière où il prend ses quartiers d'hiver. En 1745, il est au combat de Pfaffenhofen. Rentré au mois de mai en France, il demeure pendant dix-huit mois dans les quartiers de la Sarre, et, après s'être refait, il rejoint Tannée de Flandre, avec laquelle il combat à Lawfeld et devant Maëstricht.
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Placé à la paix à Landau et Weissemb.ourg, il se rend en 1760 à Saint- Avold, en 1761 à Huningueet en 1762 à Revel.
En 1755, il était au camp de Richemont, et, en le quittant, il se dirigeait sur Sarralbe, et en 1767 sur Landau, Neuss, et Tarmée du maréchal d'Estrées,qui remporta la victoire d'Haastembeck et occupa le Hanovre. Royal allemand se bat en 1758 à Créfeld, à Sunderhausen, à la prise de Cassel et à Lùtzelberg, en 1759 à la bataille de Minden, et en 1760 aux affaires de Corbach, Warbourg et Villingshausen.
Il reçut en 1 76 1 par incorporation les compagnies du régiment de Wurtemberg, et se trouva complètement réorganisé le i o avril 1 763 à Lauterbourg. Sa tenue, qui eut toujours quelque chose d'étrange, et qui s'était jusque-là composée d'une robe et d'un manteau bleus, doublés de rouge, avec petits parements rouges retroussés en pattes, et garnis sur le devant de dix brandebourgs et boutons de soie mélangés, rouge, bleu et blanc; d'une veste incarnat bordée d'un galon blanc et garnie de boutons d'étain ; d'une culotte de peau; d'un bonnet à la polonaise entouré de peau d'ours noir et surmonté d'une calotte rouge, fut très-peu modifiée par le règlement général d'uniformes de 1763. Royal allemand resta, au point de vue du costume, une exception dans la cavalerie.
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Depuis sa réorganisation, on le voit en 1763 à Strasbourg, en 1766 à Pont-à-Mousson,en 1769 à Dôie, en 1 770 à Landau,en 1 778 à Sarréguemines, en 1774 à Haguenau, en 1776 à Maubeuge et Avesnes, en 1777 à Huningue, en 1778 à Metz, en 1779 à Charleviile et Pont-à-Mousson, en 1782 à Landau, en 1783 à Saarlouis, puis Verdun, en 1784 à Toui, en 1786 à Valenciennes.
En 1 789 il fut appelé avec plusieurs autres régiments à Paris, où il campa au Champ de Mars.
C'est dans ces derniers jours de son existence que Royal allemand acquit la notoriété qui s'est attachée à son nom. Dans la journée du 1 2 juillet 1789, une manifestation dangereuse se produisit à Paris à l'occasion de la destitution du ministre Necker. Lorsque la tête de la procession populaire arriva par la rue Royale sur la place Louis XV, aujourd'hui place de la Concorde, elle fut refoulée par le prince de Lambesc chargeant à la tête de Royal allemand. Deux jours après la Bastille était prise, la Révolution commencée, et Royal allemand était renvoyé par ordre signé de la main du roi à Metz, et bientôt à Saint-Avold et Sarralbe, d'où il alla à Lunéville et Vie en 1 79 1 , et de là successivement à Metz et Stenay. Ce n'est pas sans doute porter un jugement téméraire que de penser que Tenvoî du régiment à Stenay ne fut pas l'effet du hasard. Le plan de la fuite du roi avait été combiné
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bien avant son exécution, et il n^ aurait rien de surprenant que i^on eût compté sur la fidélité et le concours de Royal allemand. Quand Louis XVI eut été arrêté à Varennes, Royal allemand partit pour Hesdin et se retrouvait à Metz au mois d^avril 1792, quand la guerre devint imminente ; il fut alors placé à Longwy , à deux pas de la frontière. Doublement compromis par les affaires de Paris et de Varennes, n'ayant, en dehors du roi, que de faibles affinités avec la France, le régiment fondit en deux mois, par des désertions individuelles ou en masse. Le petit nombre d'officiers et de soldats qui restèrent au poste où on les avait mis, fut envoyé à Carcassonne^ et fut incorporé plus tard dans la légion de Kellermann, dite aussi de la Moselle.
Royal allemand avait eu le numéro i5 dans le classement de 1791. Son émigration, laissant ce numéro vacant, tous les régiments de cavalerie qui le suivaient montèrent d'un rang.
Il avait eu des étendards bleus comme tous les régiments appartenant au roi.