‹ Histoire de la cavalerie françaiseChapitre 21 sur 68 · II · texte numérisé non relu

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iio Histoire de la Cavalerie,

Rétabli une troisième fois le 9 août 1671 sur le pied de 6 compagnies, ayant pour centres de ralliement les compagnies franches de Nogent et de Bouillon, il fut partagé en deux le 1 5 mars 1672. Les 3 premières compagnies formèrent le régiment de Sainte-Ruth, qui est celui dont nous nous occupons, et les trois autres le régiment de Vins, qui a été licencié à la paix de Nimègue.

Sous le nom de Sainte-Ruth, le régiment fait la campagne de Hollande en 1672 avec le roi; il passe l'hiver à Utrecht et fait partie des expéditions de Bodegrave et Swammerdam. En 1673, il est au siège de Maëstricht. En 1674, il devient la propriété du marquis de Saint-Germain- Beaupré, qui échangea avec Sainte-Ruth la charge d'enseigne aux gardes du corps qu'il possédait, et il combat sous ce nouveau , nom à Séneff.

L'année suivante il couvre les sièges de Dinant, Huy et Limbourg. En 1676, il est sur la Moselle avec le maréchal de Créqui et se trouve à l'affaire de Kokersberg. Ramené en Flandre en 1677, on le voit figurer à la bataille de Casscl et au siège de Saint-Omer. Il termine cette guerre en 1678 en prenant part aux sièges de Gand et d'Ypres et à la bataille de Saint-Denis.

Licencié le 8 août 1679, ses compagnies sont incorporées dans le régiment de Saint- Aignan, excepté la compagnie mestre de camp qui est

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laissée comme compagnie franche à M. de Saint- Germain. Celui-ci reçoit le 1 5 janvier 1684 Tordre de rétablir son régiment. Il le commande la même année au camp de M. de BouflRers. En* voyé en 1 688 à l'armée d'Allemagne, il est employé à la conquête du Palatinat, et il reste trois ans sur cette frontière.

Appelé en 1692 à l'armée de Flandre, il est aux sièges de Namur et de Charleroi et à la bataille de Steenkerque. A la fin de cette campagne, il change de mestre de camp et de nom ; il devient Goumay, Il prend part en 1698 à la victoire de Neerwinden et à la prise d'Huy et de Charleroi. Le comte de Gournay ayant été tué en août 1693, le roi donna le régiment au comte de Lillebonne, avec permission de le vendre : ce que ce seigneur s'empressa de faire, d'abord au marquis de Nesle, puis à M. de Vandeuil, qui eurent l'un et l'autre l'agrément de Louis XIV, mais qui ne purent le payer. Le comte de Cossé, depuis duc de Brissac, se trouva enfin en mesure de satisfaire Lillebonne, et devint mestre de camp le 10 février 1694 : il commanda le régiment avec distinction, surtout à l'armée du Rhin, pendant les premières campagnes de la guerre de la succession d'Espagne. Il se fit remarquer à la bataille de Friedlingen en 1702.

Sous les deux mestres de camp qui succédèrent à M. de Cossé, Magnières et Monteils, les ser-

vices du régiment sont obscurs. Il est probable qu'il fut enveloppé en 1704 dans le désastre d'Hochstedt, quUl y fut en partie détruit ou fait prisonnier. On voit deux escadrons de Magnières en 1705 à Tarmée d'Italie. On les y retrouve en 1706, et en 1707 dans la Savoie et le Dauphiné. De 1710 à 171 3, le régiment est signalé alternativement, sous le nom de Monteils, aux armées de Flandre et d'Allemagne. On le voit aussi sous ce nom, en 17 19, àParmée d'Espagne. En 1725, le roi acheta ce régiment au marquis de Monteils et le donna au moment de son mariage (septembre 1726) à son beau-père Stanislas, avec le chevalier de Wiltz pour mestre de camplieutenant. A partir de ce moment le corps s'appela Stanislas-Roi y et prit rang après le régiment de la Reine. Il était à Toul en août 1731, et au camp de la Meuse en 1732. Il a fait la guerre de la succession de Pologne à l'armée du Rhin. A la paix il fut mis en garnison à Mirecourt. C'est à ce moment et par ordonnance du 3o mars 1737, que le régiment cessa de s'appeler Stanislas-Roi et devint Royal-Pologne, Il est probable que le bon vieux roi de Pologne, devenu souverain viager du duché de Lorraine et qui n'avait pas le goût et les moyens d'entretenir une troupe, pria Louis XV de le débarrasser de cette charge. Le roi de France fit galamment les choses ; il prit le régiment pour lui, l'admit parmi

Royal-Pologne. 1 1 3

les royaux et lui donna le rang convenable à ce titre après Royal-Carabiniers; c'est-à-dire qu'il changea de rang avec la Reine et prit le numéro 1 3 dans la série des régiments de cavalerie. Quand le corps des carabiniers cessa d'être royal, il est monté au douzième rang. Conime régiment royal, Royal-Pologne revêtit alors Thabit bleu avec doublure, petit collet et parements rouges, aiguillette blanche et bleue, et boutons blancs des deux côtés.

Royal-Pologne servit en Flandre en 1 742 : au mois de juin il partit pour la Bavière avec l'armée envoyée pour dégager celle de Bohême.

En 1743 il était à la bataille de Dettingen. Il fait encore les deux campagnes suivantes en Allemagne, et les trois dernières de cette guerre en Flandre. Il est cité à la bataille de Raucoux. A la paix, il rallie son dépôt à Besançon, et va ensuite à Lyon, Rodez et Montauban. En 1751, il est réuni à Sainte-Ménehould, puis à Metz en 1753, au camp de Saarlouis, puis à Rethel et Ghâteau-Porcien en 1764, à Mézières et Charleville en 1756 et à Longwy en 1757. Il a fait en Allemagne les trois dernières campagnes de la guerre de Sept ans. Au moment où l'on traitait de la paix, il surveillait les côtes de la Normandie et avait son principal quartier à Caudebec. Il a été réorganisé le 24 mars 1763, et complété par rincorporation du régiment réformé de Marcieu.

De ce moment jusqu'à l'ouverture des hostilités en 1792, il a occupé les garnisons suivantes: en 1763 Niort, en 1764 Philippeville, en 1765 Lille, en 1 767 Ancenis, en 1 768 Belfort, en 1 770 Metz et Nancy, en 1772 Castres et Alby, en 1774 Belfort, en 1777 Metz, en 1778 Vitry, en 1779 Lille et Hesdin, en 1780 Commercy, en 1782 Calais et Ardres, en 1 783 Châteaudun, en 1 784 Niort, en 1785 Landrecies, en 1788 Niort et Libourne, en 1 790 Montauban et Agen, et en 1 792 Auch, d'où il est parti pour rallier l'armée du Midi. Il était alors devenu, par suite du remaniement du classement, le 5® régiment de cavalerie.

Il a contribué sous ce titre à la conquête de la Savoie et au siège de Lyon. Passé ensuite dans la Vendée, il a pris deux drapeaux aux insurgés dans le combat livré à la Châtaigneraie. De la fin de 1 794 à la paix d'Amiens il a servi en Italie, Il était à Rivoli, à Sacile, au Tagliamento, à Gradisca. Après Rivoli il reçut xm étendard d'honneur des mains du général en chef. En 1799, il est de l'armée de Naples et se trouve à la bataille de la Trebbia. Rentré en France après Marengo, il occupe successivement jusqu'en i8o5 les garnisons de Versailles et Châteaudun, Rouen, Paris, Vesoul et Gray, Landau ; reçoit le i®' escadron du 23® régiment de cavalerie supprimé, et devient en 1 8o3 le 5* cuirassiers.

Roy al-Lorr aine. 1 1 5

A la fin de i8o5 il part pour T Autriche, se trouve au combat d'HolIabrûn et prend 6 canons et I drapeau à Austerlit2. Il continua d'opérer avec la grande armée en Prusse et en Pologne, et, après la bataille de Wagram, il vint se reposer à Metz et Pont-à-Mousson jusqu'à l'ouverture de la campagne de Russie. Il fit en i8i3 la campagne de Saxe, se retira à Hambourg avec l'armée du maréchal Davout, et rentra en France en juillet 1814.

Pendant la campagne de 181 5 en Belgique, il faisait partie de la 3® division de réserve de cavalerie.

Après Waterloo il est licencié et quelques-uns de ses débris entrent en 1816 dans la formation du nouveau 5^ cuirassiers, dit d'Orléans, * même temps que les restes de Royal-Roussillon.

Les étendards de Royal-Pologne étaient semblables à ceux de tous les régiments royaux.

Avant 1737, ses étendards étaient de couleur aurore, avec le soleil et la devise ordinaires.

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