Noirot (N.), 12 août
On s est trompé au sujet de ce régiment, comme on Pavait fait pour le précédent, et par les mêmes raisons, en le confondant avec d^autres régiments
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qui avaient porté avant lui le titre de mestre de camp général.
Depuis le premier essai d'organisation régimentaire en i635, jusqu'à l'institution définitive et permanente des régiments en 1671, plusieurs personnes exercèrent successivement la charge de mestre de camp général et chacune d'elles posséda un régiment, qui était sa propriété personnelle. Le marquis de Sourdis a été mestre de camp général de i633 à lôSy; le marquis de Praslin Ta été de 1637 à 164 1 ; l'illustre Gassion, de 1641 à 1646; le baron de Palluau, de 1646 à i652; enfin Bussy-Rabutin, de i652 à i665. Tous ont eu des régiments, et tous ont eu .le droit ou la prétention de faire porter à ces corps le titre de leur charge, pendant le temps qu'ib Pont exercée. On a perdu de vue, ou Ton a ignoré que la plupart des régiments de cavalerie avaient été licenciés ou réduits à une compagnie franche à la paix des Pyrénées, et que le régiment de Bussy-Rabutin, alors mestre de camp général, a été particulièrement dans ce cas, et n'a pas été rétabli de 166 5 à 1671. Le cousin de M™* de Sévigné était, en 166 5, tombé dans la disgrâce la mieux méritée: il habitait une des cellules de la Bastille, où Louvoîs alla le trouver et le détermina par des raisons indiscutables à donner sa démission de la charge de mestre de camp général, qu'il s'était jusque-là obstiné à refuser. Rabutin, prisonnier
lô Histoire de la Cavalerie,
d'État, n^avait certainement pas à ce moment, et par un privilège exceptionnel, un régiment, ni même une compagnie franche, entretenue aroc frais du roi.
Le duc de Coislin, qui lui succéda le 5 décembre i665 dans la charge de mestre de camp général, et qui la lui paya 90,000 écus, avait une compagnie ancienne, résidu d'un régiment réformé le 18 avril 1661. C'est ce régiment de Coislin, reconstitué par ordre du 5 décembre i665, qui est le véritable Mestre de camp général, celui qui a constamment porté ce titre jusqu'en 1 790.
Le régiment de Coislin avait été formé une première fois par César du Cambout de Coislin, grand-père du mestre de camp général. Il faisait partie des trente-six régiments organisés par l'ordonnance du 24 janvier i638. Il était donc beaucoup plus ancien que le régiment de Bussy-Rabutin levé en i652, et l'on faisait ainsi tort de 14 années de service au régiment qui nous occupe.
Le régiment de Coislin a débuté, l'année même de sa formation à l'armée de Flandre, au siège et au combat de Saint-Omer. En lô'ig, il est au siège d'Hesdin, en 1640 au siège d'Arras, à celui d'Aire en 1641. On le trouve en 1643 à la bataille de Rocroi, puis à celle de Thionville, et ce fut cette année .qu'il passa aux mains du futur mestre de camp général de la cavalerie, Armand
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du Cambout, marquis, puis duc de Coislin. Il était d^etour en 1 644 à l'armée de Flandre, et prenai^art au siège de Gra vélines. En 1646, il est en garnison à Béthune. En 1648, il se trouvait à la bataille de Lens, et à la fin de cette campagne, la dernière où l'on ait eu à combattre en Allemagne, il fut réformé et réduit en compagnies franches, en même* temps que plusieurs autres régiments.
M. de Coislin le rétablit par ordre du i®' janvier! 657, et il le commanda la même année devant Montmédy, Saint- Venant, Ardres et Mardyck. Il est en i658 à la bataille des Dunes et à la prise de Dunkerque, Bergues, Gravelines, Audenarde e^ Ypres. Le régiment resta en Flandre les années suivantes, et il fut licencié le 18 avril 1661, à Texception de la compagnie du mestre de camp. C'est cette compagnie qui a servi de noyau, le 5 décembre i665, à la formation du régiment auquel fut donné le même jour le titre de Mestre de camp général, titre qu'il ne devait plus quitter.
Ce corps passa toute l'année i666 au camp établi sur le plateau de Gompiègne, avec la plupart des régiments de cavalerie remis sur pied à cette époque, et réunis pour y être exercés sous la direction du mestre de camp général de la cavalerie. Il comptait alors neuf compagnies. Il fit la campagne de 1667 en Flandre et celle de 1668
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en Franche-Comté. A la paix, il prit ses quartiers à Courtrai et c'est là qu'il subit encore une fois .la réforme, et fut de nouveau réduit à une compagnie.
Le 22 avril 1670, le marquis de Fourilles remr plaça le duc de Goislin comme mestre de camp général. Nous avons dit que ce fut cet officier distingué que Turenne chargea en 1 668 de préparer les compagnies de cavalerie à une oifganisation définitive, organisation qui, après des essais successifs de formation par escadrons de 2 compagnies et de 3 compagnies, fut enfin achevée par l'ordonnance du 4 février 1672, fixant la force des- régiments à 6 compagnies, en 2 escadron». Il y a lieu de penser que l'éducation du régiment du Mestre de camp général n'avait pas été négligée dans cette longue préparation. Ce qui est certain, c'est qu'il fit brillamment la guerre qui s'ouvrait.
Appelé à faire partie de l'armée de Hollande, Mestre de camp général prit part à tous les sièges de la campagne de 1672 et se distingua particulièrement à l'investissement de Doësbourg. En 1673, il est au siège de Maëstricht ; il accompagne le roi en Lorraine et en Alsace, et assiste à la réduction de Trêves. En 1674, il marche à la conquête de la Franche-Comté, se trouve aux sièges de Besançon et de Dôle, retourne ensuite en Flandre avec le prince de Gondé et s'illustre à la
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bataille de Séneff^ où il charge avec fureur la cavalerie ennemie, et où son chef, le marquis de Fourilles, se. fait tuer en tête de ses rangs. Le i5 novembre,, le brave Fourilles est remplacé par un autre brave, le marquis de Resnel, réservé lui aussi à tomber sous le feu de Pennemi à la bataille de Gassel.
Le régiment assiste en 1675 à la prise de Liège, EHnant, Huy et Limbourg, en 1676 à celle de Condé, de Bouchain et d^Aire, et en 1677 aux sièges de Valenciennes et de Cambrai, et à la bataille de Gassel. La charge de mestre de camp général et le régiment passèrent, à la mort du marquis de Resnel, au commissaire général de La Cardonnière^^et ce mode d'avancement d'une charge à Tautre devint un usage dont on s'est peu écarté dans la suite.
Le régiment assista encore en 1677 à la prise de Saint-Omer et à la levée du siège de Charleroi, et il termina cette guerre en 1678 à la prise de Gahd et d'Ypres, et à la bataille de Saint-Denis.
On le trouve en 1681 au camp d'Alsace, en 1684 à l'investissement de Luxembourg, et en 1688 au camp de la Saône.
C'est de ce camp qu'il est parti pour se rendre à l'armée du Rhin, avec laquelle il assista à la prise de Philisbourg, Manheim et Frankenthal. En 1689, il ^^^ ^ l'armée de Flandre et combat à Walcourt. On le rencontre en 1691 au siège de
Mons et au combat de Leuze, en 1692 à la prise de Namur et à la bataille de Steenkerque, en 1693 à la bataille de Neerwinden et à la prise de Charleroi, en 1696 au bombardement de Bruxelles et .en 1697 au siège d'Ath. En 1698, il faisait partie du fameux camp de Goudun.
La guerre de la succession d' Espagne le rappela de nouveau dans les Pays-Bas, et il était en 1 702 au combat de Nimègue. Envoyé sur le Rhin en 1703, on le voit aux sièges de Brisach et de Landau et à la bataille de Spire. En 1704, il pénètre au cœur de l'Allemagne et se trouve englobé dans le désastre d'Hochstedt. Il y est fait en partie prisonnier, avec son chef le marquis de Montpeyroux. Il se rétablit sur le Rhin en 1705, et, à la suite de Villars, on le trouve en 1 706 aux affaires de Drusenheim et de Lauterbourg, en 1707 à Texpédition tentée en Franconie et Souabe. Il passe en 1 708 en Flandre avec Villars et assiste en 1 709 à la malheureuse bataille de Malplaquet. Il était toujours à l'armée de Flandre en 171 1, et en 171 3 on le voit sur le Rhin, où il assiste aux sièges de Landau et de Fribourg.
Mestre de camp général part en 1733 pour l'armée d'Italie. Il se trouve cette année à la prise de Géra d'Adda, de Pizzighetone et du château de Milan; en 1734 il coopère à la prise de Tortone, et combat à Parme et à Guastalla; il se distingue dans cette dernière bataille en chargeant
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deux fois vigoureusement. Il assiste en lySS à la reddition de Gonzague, Reggiolo et Révère. A la paix, il fut mis en garnison à Belfort.
Il part pour la Bohême en 1741. Il s'y trouve à toutes les aifaires, et se distingue au combat de Sahay, en couvrant Parrière-garde avec Colonel général. Ramené sur le Rhin, il se repose et se refait à Pontarlier, et combat à Dettingen en 1 743. L'année suivante, après avoir hiverné à Dole, il Ç3t au combat de Weissembourg, à l'attaque des lignes de Sufifelsheim, au combat d'Augenheim et au siège de Fribourg. Passé en Flandre pendant le quartier d'hiver, il occupe d'abord Philippeville et Beaumont, prend part en 1 745 à la victoire de Fontenoy et à la prise de Tournai. On le voit en 1746 à la prise de Bruxelles et à la bataille de Raucoux, et en 1747 il se couvre de gloire à la bataille de Lawfeld. Chargé d'appuyer l'infanterie qui attaquait le village, il soutint pendant quatre heures le feu de 40 pièces de canon, chargea, battit et poursuivit la cavalerie ennemie. Il acheva cette campagne devant Berg-op-Zoom et la guerre en 1 748 au siège de Maëstricht, où le mestre de camp général, marquis de Bissy, fut mortellement blessé en montant à l'assaut.
Envoyé à Moulins à la fin de 1 748, il se rendit en 1750 à Schlestadt, en 1751 à Lons-le-Saulnier, en 1753 à Haguenau, en 1764 au camp de Plobsheim et à Jussey, en 1756 à Verdun, et en
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1767 u Sedan. C'est de là qu'il partit la même année pour rallier à Neuss l'armée du maréchal d' Estrées. Pendant cette funeste guerre de Sept ans, on remarque sa présence à laconquête des duchés de Berg et de Juliers, aux batailles d'Haastembeck et de Minden, et aux opérations de l'occupation du Hanovre. Il est en 1758 à la bataille de Gréfeld, et en 1 759 au combat de Minden. A partir de l'année 1760, il est employé à la garde des cotes de l'Océan jusqu'à la paix; il occupait Couânon, Stvenay, Machecoul, Nantes, Ancenis et Châ* teaubriant. Les compagnies du régiment de Seyssel y furent incorporées en 1 760, et il fut réorganisé te 4 avril 1763 conformément à la nouvelle ordonnance.
A partir de ce moment, on le voit réuni en 1 763 à Ancenis, puis en 1 764 à Sens et Joigny, en 1766 à Sedan, en 1767 à Strasbourg, en 1768 à Provins, en 1770 à Épinal, en 1773 à Maubeuge, puis à Thionville, en 1774 à Guise, en 1775 à Lille, en 1777 à Commercy, en 1779 à Metz, puis à Arras et Valenciennes, en 1781 à Besançon, en 1783 à Chinon, en 1784 à Douai, en 1787 à Nancy et en 1788 au camp de Metz.
Il fut appelé à Meaux en juillet 1 789, et revint, pour son malheur, le mois suivant à Nancy, où il se trouva, à la fin de l'année 1 790, entraîné dan> les désordres que nous avons racontés aux notices des régiments d'infanterie du Roi et de
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Châteauvieux-Suiase. Mestre de camp général fut donc cassé par décret de T Assemblée nationale du 12 décembre 1790, pour être épuré et rétabli, s'il y avait lieu. C'est à Vaucouleurs et par suite d'un second décret daté du 27 décembre que le régiment fut reconstitué le 6 janvier 1791. Il prit la queue des régiments de cavalerie et le numéro 24, etfiit envoyé à Charleville et Rocroi. L'émigration de Royal allemand le fit monter au 23^ rang, en 1792-
Le 23® régiment de cavalerie a fait les campagnes de 1792 à 1794, à l'armée des Ardennes. Il se fit remarquer à la bataille perdue de Neerwinden. Il a servi de 1794 à 1796 à l'armée de Sambre-et-Mense , en 1797 à l'armée de Mayence, et jusqu'en 1801 sur le Rhin et le Danube. Appelé à la paix dans les garnisons de Saint-Germain et de Paris, il a été licencié par décret du 24 septembre 180 3. Son i" escadron a été versé dans le 5* de cavalerie, le 2® dans le 6^ de cavalerie, et le 3® dans le 7® de cavalerie, devenus 5®, 6® et 7® régiments de cuirassiers en vertu d'un décret du même jour.
Mestre de camp général avait 8 étendards de soie rouge semés de flammes d'or, bordés et frangés d'or, avec le soleil et la devise : Nec pluribiis impar, brodés en or.
Son premier costume régulier était composé d'un habit et d'un manteau gris de fer, doublés
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^ 24 pffistoire 4f I0 Cavalerie.
Ikde nfeirte, avec revers et parements de panne . noire, boutons d'étain argentés, buffle à boutons , de cuivre, manches en botte, chapeau bordé d'ar- ♦ gent et cocarde noire. L'équipage du cheval était - 'rouge. En 1 748, le gris argentin avait remplacé le gris de fer. Il y avait sur Pépaule droite une aiguillette de laine noire et aurore : l'équipage était vert^ et Ton voyait déjà des faisceaux d'étendards brodés sur les housses et les chaperons. En 1763, le régiment prit Thabit bleu doublé de chamois, avec collet et revers noirs ; boutonnières al agréments aurores.