‹ Histoire de la céramique; étude déscriptive et raisonnée des poteries de tous les temps et tous les peoplesChapitre 106 sur 145 · DUCHÉ D'URBIN · texte numérisé non relu

DUCHÉ D'URBIN

Pesaro. — Après avoir vu cette ville manifester ses tendances a mt^ *^stiques par des peintures du plus haut style el des décors à reflets w"«étalliques, on ne s'attendrait pas à la retrouver, au dix-huitième si&^^^K mitant nos plus coquets ouvrages. Du reste, cette transformation im ***^w^ probablement pas lieu sans lutte, car on trouve encore, en i 757 ^ *'^ vase de pharmacie ayant tous les caractères des anciennes majolic} «^^ et portant le sujet d'Adam et Eve chassés du paradis. Quel ét^iit l'an l^w de cette protestation contre la mode? il ne s'est fait connaître que f^^ des chiffres encore inexpliqués : ell : r. P. G. P. Deux artistes de LiO^'» Filippo-Anlonio Callegari et Antonio Casali, sont les principaux p^^moteurs des idées nouvelles; leur double signature se trouve sous d^^w soupières simulant, comme forme et peintures, de riches porcelaiiî^ de Sèvres; des fonds bleu de roi, rehaussés d'arabesques d'or, hisscvl

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în réserve des médailluns où sont finement exécutés, en émaux doux ît gras, des sujets, des paysages et des fleure. En dessous on lit : Pemro. — Callegari e Casait. — Ottubre 1786. Ces rares ^ spécimens expliquent ceux de date généralement antérieure .^ ^^ ^^ marqués seulement ainsi :

Une curieuse assiette de la collection Fortnum est ornée au pourtour d'oiseaux et de fleurs en reliefs coloriés, et porte, au centre, un bouquet composé d'une rose et de myosotis ; en dessous, on trouve en violet cette même marque avec la date de 1765 et les initiales P. P. L*., qui indiquent sans doute un décorateur.

Quelques vases à bouquets et bordures roses brodées de dessins blancs enlevés rappellent les faïences de Niederviller et surtout celles de Vaucouleurs. Le nom seul : pesaro figurait, avec la date de 1771, sous une aiguière fond bleu avec médaillon réservé renfermant un bouquet. 11 est une pièce de 1784, que nous avons étudiée chez madame Rouveyre et dont le sujet historique semblait fort intéressant : une Femme assise, couronnée du cercle radié et ayant à ses pieds la tiare de Venise, une couronne fermée et la couronne de fer, recevait les hommages d'un homme en costume civil qui lui présentait une sorte de temple grec ; derrière le personnage emblématique un soldat tenait en bride un cheval richement harnaché.

Nous ne saurions préciser l'époque à laquelle ont commencé les travaux de Callegari et Casali ; ce qui est certain, c'est qu'ils avaient des concurrents ; en 1757, Giuseppe Bertolucci, d'Urbania, vint s'établir à Pesaro, et six ans plus tard, en 1763, Pietro Lei, peintre deSassuolo, fut appelé à prendre la direction de l'une des usines en exercice.

Urbaniâ. — On se rappelle (voy. p. 308), que ce nom fut donné à Castel Durante par le pape Urbain VIII lorsqu'il obtint la tiare ; les majolistes qui nous ont laissé dans leurs ouvrages la trace de ce changement de nom semblent avoir tenu à honneur de suivre les errements de l'art ancien, et de chercher à maintenir dans le public le goût des majoliques à histoires ; l'un représente le Triomphe de Flore, et signe : Hippolito RombaldoUi pinse in Urbania. Une autre pièce porte :Fattcr m Urbania nella bottega del Signor Pietro Papi. 1667. En 1693, une plaque à paysage est signée par Giovanni Peruzzi; enfin un vase de pharmacie exécuté en 1698 pour un établissement religieux offre encore un sujet : Saint-Martin partageant son manteau pour en couvrir

un pauvre. Tels étaient les derniers potière italiens avec l'aide desquels Passeri voulait essayer de faire renaître les anciennes traditions. Tentative inutile et insensée, car Tesprit humain ne rétrograde pas, et le torrent des idées entraine tout ce qui résiste à son cours. Aussi les usines d'Urbania n'eurent-elles qu'une existence éphémère, et les potiers ambitieux d'avenir durent-ils se transporter ailleurs; tel fut Giuseppe Berlolucci, qui quitta Urbania en 1757, pour s'établir à Pesaro^

Urbimo. — Ce grand centre intellectuel devait lutter vaillamme pour défendre les principes de l'art ; aussi avons-nous vu Jos. Battis Boccione chercher encore au dix-septième siècle à soutenir, avec 1 Patanazzi, la majolique défaillante. Mais nul ne peut arrêter la marc des temps; après s'être essayé en Toscane, un Français vint établir Urbino même, un atelier dans le goût nouveau, nous en avons preuve dans une lucerne du Musée de Kensington, semblable à ce:^ décrite p. 578; cette pièce porle la singulière inscription que voi Fubrica di majolica fina di momieur Rolet^ in Urbino, a 28 apr^^He 1773. Amère dérision! ne devait-il pas être cruel pour les Italie j^tk^s, qui avaient été nos instituteurs, de voir ainsi nos produits dégén& iht^os s'introniser chez eux en excluant les grandes formes de l'art?

Au surplus, les deux lucernes faites par Rolet à BorgoSan Sepolcl:^ wo et à Urbino, ne sont pas les seules de leur espèce ; une première ^3ii date, marquée d'un cœur enflammé suivi de la lettre R, est datée hino 1768. Son décor est un semis de fleurs polychromes. Une au peinte en bleu dans le genre de Moustiers porte : Fabrica di Majoi^-^^^ di Urbino gli 50 7*'''' 1772. Tous ces ouvrages sont-ils créés par 1^ même fabricant? Alors Rolet n'aurait pas seulement promené sa p sonnalité ; il aurait possédé plusieurs établissements à la fois : cet d'Urbino dès 1768; celui de BorgoSan Sepolchro en 1771, tout ^£3*i conservant le premier.

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