A, PORCELAINE VITREUSE
La pâte en a été fabriquée avec des matériaux tellement purs, réniaii est si complètement homogène qu'on ne soupçonne pas, dans les pièces, la superposition de deux substances distinctes; la couleur et lu translucidité sont celles d'un jade très-aminci. Ce n'est que depuis le retour de M. de Siebold, qui a rapporté d'admirables échantillons de cette porcelaine et la matière première de sa fabrication , q.u'on peut se rendre compte du proverbe japonais : // entre de$ o$ humains dans la compo$ition de la porcelaine. Certes, il faut un travail bien rude pour amener une pierre dure, tenace, compacte, à l'état de poudre impalpable, et en faire cette bouillie crémeuse , maniable au tour et propre au moulage qui constitue la porcelaine vitreuse.
Les pièces dont l'aspect ^répond le mieux au signalement des maalS'Ubo sont de petites coupes très-ouvertes portées sur un pîcil assez élevé en forme de cône tronqué; elles servent à boire le saki, sorte d'eau-de-vie de grains servie bouillante. La décoration très-sobre, d'une grande netteté d'exécution, présente toujours des émaux en relief et souvent des perles blanches ou bleues, presque hémisphériques. Des graminées, des oiseaux en simples traits rouges ou d'or, ou une femme assise peinte en émaux légers, voilà le sujet principal; c'est dans la bordure que se trouvent les émaux en grand relief.
Près des coupes à saki se classe une fabrication non moins remarquable et peut-être plus ancienne encore : ce sont de petites tasses campanulées , sans soucoupes , minces comme du papier et du plus beau blanc. L'extérieur, destiné h se détacher sur un présentoir en
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laquo, n'est jamais décoœ; en dedans existe un filet d'or; quelques
traits d'email bleu ou d'or indiquent la silhouette d'une montagne et
il" 1111 vaste horizon, puis le soleil, des nuages et des oiseaux volant en
1 î gne . Cette simple esquisse permet de reconnaître le célèbre Fonsi-yawa^
inont sacré des Japonais, ancien volcan redouté , bien que le souvenir
de SCS dernières éruptions se perde dans la nuit des époques fabuleuses.
D'autres lasses, ornementées seulement en or bruni, représentent le
fong-hoang dans les nuages ou la grue éployée.
Ces rares spécimens mènent par gradations de taille et dévelop[)e-
inenl de décor, à des pièces émaillées d'une rare beauté; quelques-unes,
simples de forme, portent de légers bouquets finement étudiés, jetés
irrégulièrement sur la surface laiteuse; c'est le bégonia avec ses feuilles
douhlées de rose et ses fleurs délicates, le bananier aux bractées em-
poiJirprées, le lis bleu du Japon. Mais les véritables tasses courantes en
poi^c^elaine vitreuse se caractérisent par leur forme même, qui imite la
lloiir régulière à pétales irréguliers de l'hibiscus cultivé. La pâte cré-
XM^use se prête à merveille à la figuration de la fibre végétale ; des traits
g^i^î^^'és dans l'épaisseur de la porcelaine rendent les moindres nervures
c|tii s'irradient de la base des pétales, et le limbe extérieur de ceux-ci
for^ixie, autour des tasses et soucoupes, la plus gracieuse découpure à
^îx: lobes qu'il soit possible d'imaginer.
I-c décor des porcelaines vitreuses est généralement simple et peu ^o^ï^^ert , la matière étant assez belle pour se passer d'une parure artilicii^zîlle. Le plus choisi consiste en représentations d'animaux en or aussé de rouge de fer ; ce sont des oiseaux fabuleux à cornes de fs, à griffes de lions, avec des ailes de chauves-souris; des oies ï**^^orant au bord d'une rivière; des grillons ou des mantes posés sur ^c^s tiges de fleurs. Plus lard, apparaissent des peintures du style de la ^^^ïiille rose chinoise; puis les dessins se compliquent, probablement ^otjs l'impulsion du goût chinois , et la porcelaine vitreuse se confond pï'esque avec celle dont il va être bientôt question, et que nous nommons ^^ï'iistique. Pourtant, le genre ancien s'est maintenu dans la fabrication ws coupes h saki et dans des petites pièces que produit encore Imali ^^ Fîzen. C*est des mêmes centres qu'arrivent aussi les tasses délicates recouvertes d*un clissage de bambou , et les tasses plus grandes, cou- ^'ert€*s de leur présentoir, dépassant en finesse la porcelaine coulée de '^vres et dont le tournassage et la cuisson semblent un |»'()blème inso-
lubie; on ne comprend pas comment une paroi à peine épaisse comme un papier a pu être formée d'abord d'une première couche d'argile sur laquelle il a fallu appliquer ensuite une double enveloppe découverte. Ce n'est pas dans le bourg même d'Imali ou Imari que se trouvent les usines; elles s'étagent au nombre de vingt-quatre ou vingt-cinq survie penchant de l'Idsoumi-yama (la montagne aux sources) , d'où l'oi^ extrait la roche kaolinique ou pétro-siliceuse. Nous 'citerons, d'après M. Hoffmann, les dix-huit usines jouissant d'une célébrité particu^ liùre, ce sont :