LYONNAIS
Nous avons parlé, page 558, des établissements céramiques formés à Lyon même par Jehan Francisque, de Pesaro (1530?), Julien Gambyn et Domenge Tardessir, de Faenza (1547 à 1559), et Sébastien Griflb, de Gênes (1555). Mais la préoccupation de ces initiateurs était surtout la recherche d'un blanc pur et uniforme ; la vaisselle blanche^ expression spéciale à la France, dominait les pièces à histoires.
A quelle époque s'opéra la transformation complète de l'industrie céramique lyonnaise? où commence la période moderne? On l'ignore; mais les documenls recueillis par M. RoUe, archiviste de la ville, nous montrent l'intérêt qu'attachait la municipalité lyonnaise à posséder des faïenceries; le 31 mars 1733, Joseph Combe, originaire deMoustiei^ et fabricant à Marseille, obtient, de concert avec Jacques-Marie Ravier^ de Lyon, un privilège de dix ans pour exploiter à la Guillotière une manufacture royale de faïence.
L'entreprise n'ayant pas réussi, une femme s'en empare et obtient ^ le 22 avril 1738, un arrêt qui la subroge aux droits des fondateurs ; cette femme, Françoise Rlateran^ dame Lemasle, montre une persévérance et un courage tels dans ses actes, qu'elle conquiert l'intérêt du
prévôt des marchands et des échevins, qui viennent à son aide par des allocations annuelles. En 1748, son privilège était prorogé de dix ans, et plus tard il lui était accordé un subside de 5,000 livres. Pourtant il ne parait pas que l'exploitation de Tusine Lemasle, située à Saint-Clair, se soit prolongée au delà de l'expiration de son privilège, en 1758. M. Maze-Sencier possède des assiettes trouvées à Saint-Étienne et qui paraissent être de fabrication lyonnaise.
Est-ce de cette manufacture encore imbue des principes de l'école italienne, qu'est sortie la curieuse assiette, datée de 1754, qui figure dans la collection de M. de Liesville? La forme est celle de la vaisselle courante fran(;aise ; elle est décorée en plein d'un sujet mythologique sur fond occupé en grande partie par la mer (tradition d'Urbino) : c'est Neptune descendu de son char attelé de chevaux marins, et poursuivant, armé d'un dard, une jeune déesse ailée. Le dessin, sans être relevé, n'est pas incorrect; sous la pièce, une inscription française à peine intelligible, explique la scène à la manière italienne et porte la date, répétée dans le bas de la peinture. Si Combe et Ravier sont les auteurs de cette faïence, leur talent méritait un succès.
Le 22 avril 1766, le consulat vient au secours d'un nouveau faïencier, le sieur Patras, qui avait élevé une manufacture de poterie (la délibéralion des notables dit de porcelaine) .
En 1791, trois fabriques, dont une de porcelaine, travaillaient dans le département du Rhône.
Roanne (Loire). Yoilà encore un centre qui resterait inconnu sans la réclamation des céramistes contre le traité avec l'Angleterre. Il est bien regrettable que la liste de Glot ne mentionne pas, avec l'indication du siège de chaque fabrique, le nom de son propriétaire.