POITOU
Poitiers (Vienne). La fabrication céramique à Poitiers doit remc^ï à une date reculée ; pourtant les plus anciens spécimens qu'ait contrés M. Fillon, historien de cette contrée, sont des figurines en l de pipe dont l'une porte cette inscription gravée sous le pied :
A. MORREINE,
Poitien,
En 1778, Pierre Pasquier sollicitait la protection du ministr M. Berlin, afin d'éviter les entraves qu'on mettait à l'extraction d argiles nécessaires à sa fabrique. Les poteries de ce centre paraisse être dans le genre de Rouen, en bleu noirâtre sur émail peu vitreux. L en existe au Musée de Sèvres.
MoNTBERNAGE, faubourg de Poitiers. Vers 1776, une fabrique y fuL-^"'^^"' fondée par un sieur Pasquier, qui s'associa bientôt à Félix Faucon, fiE -ff^»'» d'un imprimeur poitevin. Le Musée de Sèvres possède une assiette dé^ X^ Je- Corée en bleu, qui porte deux FF et un faucon dans un cartouche -^c^-ie, marque de l'imprimeur de Poitiers; on la considère, dès lors, coïnvir-:^mzzzmne émanant de Félix Faucon. Il ne serait pas impossible que celui-ci ew ^ " M dirigé seul Montbernage et que son associé Pasquier fût allé s'établir — z^^à Poitiers même ; il y aurait alors identité entre les deux céramistes i ^ du même nom, et la marque individuelle de Faucon s'expliquerait.
Chatellerâult (Vienne). En 1641, un certain Jehan Leone, de Poe gio, et maistre de 'fayencerie^ obtenait de Louis XIII des lettres de turalisation.
OiRON (Deux-Sèvres). Nous avons décrit page 379 les faïences fines de
cette localité ; les faïences proprement dites qui leur succédèrent sci:i:==^"^ généralement grossières et se ressentent plutôt de l'influence de Pali^^^^^) que de celle de Bernart et Cherpenlier. Habituellement jaspées, el '^^
sont chargées de reliefs sans style, et tout semble indiquer que l'atel ^^^
n'a pas longtemps prolongé ses travaux.
Thouârs (Deux-Sèvres) . L'inventaire du magasin d'un marchand Fontenay fait connaître qu'il possédait onze douzaines d'assiettes fa< de Thouars, huit autres douzaines bleues, même façon, et une d< zaine de plats, tant grands que petits, avec hisloires. Dressé en 16S
inventaire est, on le voit, fort instructif, puisqu'il révèle le nom
d^une fabrique affectée à la continuation d'un genre de décor venu
d'jtolie.
RiGNÉ, près de Thouars. C'est de là que se tiraient les argiles propres
à la> fabrication de la faïence, et lorsque M. Fillon trouve mention, en
1 02 S, de cinq douzaines d'assiettes de terre de Rigné, il n'hésite pas
à l^s croire émaillées. C'est dans ce même lieu qu'il suppose que furent
fai t:^ les carreaux destinés au pavage de la chambre à coucher de Marie
do la Tour, duchesse de la Trémouille, au château de Thouars. Or ces
car-M^caux, dont on peut voir des échantillons au Louvre, à Cluny et à
Sèv"i*€s, sont d'une fabrication très-voisine de celle des dallages d'Écouen,
. , LA et S-C3 ressentent des procédés italiens. Quelques-uns sont signés :
S m la fabrication de Rigné cessa momentanément, elle fut rétablie en -1 771 par un gentilhomme du nom de la Haye; le four était dans ^mt^ ferme appelée Yversais, et deux contre-maîtres, Perchin et Corï^iH^au, le dirigèrent successivement. En 1784, M. la Haye voulut M^t:t:re l'établissement en ferme ; il produisait alors des assiettes comi^^i:ies, où le nom des destinataires s'inscrivait sous l'image de leur ^^lïxt patron.
•^iiEF-BouTONNE. Uu sicur Drillat jeune y faisait, en 1778, de la '^ï^xice commune.
Saint-Porchaire. C'était aussi une vaisselle à revers brun qui sortait *^ oct établissement.
F^ONTENAY (Vendée). On y fit, entre 1558 et 1581, des vaisseaux de ^^ï*e azurins et marmorés, sous la direction d'un sieur Abraham ^lloyre ; or, comme on trouve mention d'un Nicolas Valloyre en 1609, ** Serait possible que celui-ci eût produit de la faïence.
Ile-d'Elle (Vendée). Ce lieu, riche en argile, appelait les établis-
^^^ïients céramiques ; le 22 mai 1656, David Rolland demandait l'au-
^^sation d'y fonder une faïencerie. De 1735 à 1742, c'était Pierre
^irard qui exploitait un four, d'où est sorti un tonneau destiné à son
^^re Joseph Girard, notère. Pierre Girard a signé, en 1741 , ce travail
^^tié de paons et d'arbres verts.
MoNTAiGu. Le nom de cette usine vendéenne fiffure dans la liste de
Apremont et Mâluèvre n'ont droit de paraître ici que pour nié-
[M HISTOIRE DE LA GËRAMIQUEi.
moire, car leurs travaux ne semblent pas s'être prolongés au delà du seizième siècle.
BRETAQHE
Rennes (Ille-et-Yilaine). Commençons par établir ce fait : la Bretagne possédait une faïencerie au dix-septième siècle ; nous en avons la preuve par une plaque tombale d'assez grande dimension, bien cmaillée, portant l'inscription de JanneLe Bouteilliery dame DuplecixCoïalu^ décédée le 29*"^ ianvier l'an 1653 ; au-dessous figurent des os en croix. Cette pièce importante pour l'époque est-elle sortie d'un établissement situé à Rennes même? Un travail depuis longtemps promis, de MH. le docteur Aussant et André, conseiller à la cour de Rennes, nous le fera sans doute connaître ; des fragments rencontrés à l'abbaye Saint-Sulpice-la-Forêt, et tout à fait de même nature, peuvent faire supposer que l'emploi de ce genre de monuments était très-répandu.
Nous attribuons également au dix-septième siècle des vases en faïence très-blanche ornée de guirlandes de grosses fleurs en beau bleu ou en bleu et jaune citrin, tels que les vases destinés primitivement à l'hôpital Saint- Yves et à l'hôpital général de Rennes; on les rencontre fréquemment en Bretagne.
La première date positive qu'on puisse inscrire dans l'histoire des poteries de Rennes est l'autorisation accordée, le 11 juillet 1748, à Jean Forasassi, dit BarbarinOj Florentin, d'établir une fabrique de faïence émaillée dans le quartier des Capucins. L'usine travailla quelques années, et, dès lors, ses ouvrages sont à chercher. Une autre fabrique s'éleva dans la me Hûe^ et prit bientôt une grande extension. L'un de ses plus anciens ouvrages est un groupe revêtu d'un bel émail blanc et représentant Louis XV, Hygie et la Bretagne , d'après la composition de Lemoyne. Le groupe original, commémoratif du rétablissement du roi, avait, conformément à la décision des états de Bretagne, été coulé en bronze et érigé à Rennes en 1 754 ; c'est dix ans plus tard que Bonrgoûin^ comme il signe, en fit une réduction céramique qui dénote une certaine habileté pratique, sinon une grande science de dessin. Où les travaux de la rue Hue se montrent dans tout leur éclat, c'est dans la vaisselle de luxe aux formes chantournées comme celles de l'argenterie et aux bouquets accompagnés de gracieuses arabesques. Rien n'est plus intéressant dans ce genre qu'une fontaine avec sa
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vascjiie, qi/onaviic i'i l'Exposition nniverscltc, cliraiitras pièces appnrten-Sï Ht » M. le docteur Aussanl el h M. Ed. Pascal, et portant : Fait à RefTM'-wies, rue Hue, 1709 et 1770. Ce qui étonnerait dans ces deux piècïcs, sans une révélation contenue dans le mémoire dont nous avons pai-l« à propos de Moustiers et de Marseille, c'est qu'elles ont un décor
i,ii I
. ^ *ït «-idional ; mais on sait que des ouvriers marseillais furent appelés ^^ *■ * «nnes, cl ils y apportèrent les couleurs fondues, le vert mélangé de '^^ *jstîers et le système ornemental à ileurages et guirlandes.
^i les faïences rennaises se font remarquer par des formes dis-
^uées, des reliefs rocailio sans exagération et un émail toujours
* ** *■ et laiteux, leur iielnture est asscï triste; le violet de manganèse
foncé y domine, et le vert devient sale par l'emploi des rehauts n(^
le jaune seul reste assez frais ainsi que le bleu. Outre Bourgoin,
le nom figure sur plusieurs pièces, un certain Baron a signé, en 1 7
des décors en camaïeu violet foncé, et Choisi une soupière sans dal^ ^
Quant au propriétaire de l'établissement, M. le docteur Aussant ^^ %^ M. André le nommeront sans doute dans leur Histoire industrielle de la^^-^/^ Bretagne. En 1788, Gournay signalait deux usines dirigées par la veuve Dulattey et Jolivet. Il n'y en avait plus qu'une en activité en 1 791 . L'ilmanach général du œmmerce dit que les fabriques de Rennes font tout ce qui est relatif au service de table et de ménage. En effet, de 1760 à 1783, nous avons vu des assiettes patronales et des coupes de mariage en faïence courante; des étuves portatives à deux anses, ou poêles décorés polychromes ou simplement jaspés, sortaient de la rue Hue dès 1774. Enfin, une autre fabrication fréquente est celle des figurines et groupes de saints ; on les débitait aux jours de fêtes ou dans les lieux de pèlerinage ; c'est ainsi que nous avons rencontré une Vierge avec rincription : N :: D :: De Gueluin.
Rénac (Illc-et-Vilaine). — On trouve ce nom dans la liste de Glot; nous avons vu une assiette à bouquets, dans le genre de Rennes, jP, en faïence plus commune, et marquée R ; aucun signe de ce genre ne figurant sur la poterie du chef-lieu breton, nous pensons qu'on peut attribuer la pièce à Rénac.
Nantes (Loire-Inférieure). — Les Italiens Ferro et Ribé y créèrent, en 1588 et 1625, des fabriques de faïence blanche; après eux vinre Charles Guermeur et Jacques Rolland, que M. Fillon trouve cités da un acte du 20 février 1654; leur four était situé derrière Tégli Saint-Similien. En 1744, un sieur Jean Colin vendait la maison où avait établi, en 1737, une usine qui n'avait pas réussi. Le Roy Montilliée eut, en 1751, sa fabrique dont l'histoire et les fortunes verses se trouvent exposées dans le précieux document qui va suivre ^ qu'a livré aux curieux M. Benjamin Fillon dans son livre sur l'Art terre chez les Poitevins :
« Sur la requête présentée au Roy en son conseil, par Joseph Perret greffier en chef du siège royal do l'Amirauté de Nantes, et Mathuri î Fourmy, négociant en la même ville, contenant qu'en l'année 1 751^ il fut formé une société sous le nom de Le Roy de Montilliée et co pagnie, pour établir une manufacture de fayence à Nantes, les associé
ne trouvant pas de terrain plus propres à Texécution de leur projet, que la partie des fossés de la ville de Nantes qui règne entre les murs de cette ville et la place connue sous le nom de Mothe-Saint-André, ils firent construire tous les bâtiments propre à l'exploitation de la maxiuraclure projetée, la fournirent de tous les ustensiles et de toutes les matières nécessaires; ils firent venir des ouvriers de différentes parties dix royaume, et avec beaucoup de peines et de dépenses, ils parvinrent à former cet établissement. L'on eut lieu d'être content dès les premières opérations, et, la manufacture ayant été perfectionnée de plus en plus, le sieur Bellabre, qui était l'un des associés, crut que pour la solidité de cet établissement, il était important qu'il fût revêtu de l'antoriUS de Sa Majesté; il présenta une requête au Conseil sous le nom dia sieur Le Roy de Montilliée et compagnie et obtint un arrest le 7 iTiai*s 1752, par lequel Sa Majesté autorisa ledit établissement et periTiit de continuer d'y fabriquer des fayences de toutes espèces, à la charge de l'entretenir sans discontinuation en état de travail. La société ftit depuis dissoute, et le sieur Le Roy, ainsi que les autres associés, cédèrent au sieur Bellabre l'intérêt qu'ils avaient dans la manufacture ; ce dernier, au moyen de cette cession, s'est trouvé seul à la tête de ladite manufacture, et il a exactement rempli la disposition de l'arrêt du Conseil du 7 mars 1752. Mais, ses affaires s'étant depuis dérangées, il a été procédé à la vente de la manufacture en 1771. Les suppliants s'en sont rendus adjudicataires sous le nom du sieur du Coudray , et ils continuent l'exploitation avec le plus grand succès. C'est ce ^*ii est attesté par deux certificats délivrés lés 26 septembre et 5 octobre 1772, par les Juges consuls de Nantes, représentant le général du commerce de cette ville, et par les officiers municipaux et de police de la même ville. Ils y attestent que les marchandises fabriquées ^^tis cette manufacture sont de la meilleure qualité : que les habitants ^^ 1 a ville de Nantes, et même ceux de toute la province, en font usage ; î **^ les commerçants s'en pourvoyent pour leur commerce à la côte de ^^îriée, dans les colonies et à l'étranger; que les suppliants font "'^^ Insister une grande quantité d'artistes et d'ouvriers, et qu'un établis- ^^*^^^cnt aussi utile mérite d'être encouragé et favorisé. Les suppliants, *^^"^ ï^it en leur faveur de pareilles attestations, se proposent de supplier ^ Majesté de vouloir bien accorder à leur manufacture le titre de ^^-^^^^VFACTCRE ROYArs, Icur pcrmellre de mettre sur la principale porle
un (ableau aux armes de Sa Majesté avec ladite inscription, cott^^^ aussi d'y établir un portier à la livrée de Sa Majesté. Les États de T^^ lagne, convaincus de l'utilité de la manufacture des supplianls, ^^, pris une délibération par laquelle ils ont chargé leurs députés de so^ ^ citer celte grâce auprès de Sa Majesté. En second lieu, les supplia^^ ^j^ demanderont qu'il leur soit permis de marquer les marchandises ^ leur manufacture d'une marque représentant une fleur de lis et d'i chiffre composé des lettres initiales des noms des suppliants. Ilsobse^ veront à ce sujet, qu'il y a dans ladite ville de Nantes deux autres m& nufactures de fayence établies depuis peu, et que Sa Majesté n'a mêm pas autorisées Les marchandises qui y sont fabriquées sont d'une qu lilé des plus inférieures, et, comme celle des suppliants n'ont jusqu' présent été distinguées par aucune marque particulière, on les confoas-ix les unes avec les autres, ce qui nuit infiniment à la réputation de F fabrique des suppliants, et lui porte le plus grand préjudice. C pour faire cesser cette confusion que les suppliants demandent la mission de marquer leurs marchandises d'une marque distincti Requéraient à ces causes les suppliants qu'il plût à Sa Majesté accon à leur manufacture le titre de Manufacture royale, de mettre sur principale pnrte de ladite manufacture un tableau aux armes de Majesté, avec ladite inscription, et d'y établir un portier à la livrée Sa Majesté, comme aussi de permettre aux suppliants de marquer marchandises qui seraient fabriquées dans leur manufacture d' marque représentant une fleur de lis et d'un chiffre composé deslett. initiales des noms des suppliants, et c^ en exécution de l'arrest «q[vi interviendra sur la présente requête , ordonnant que toutes lettres miccessaires seront, en tant que le besoin sera, expédiées. Ouï la requ^St*» signée Roux, avocat des suppliants; les certificats des officiers muim \<i\' paux de la ville de Nantes et des Juges consuls représentant le S^ néral du commerce de ladite ville, des 22 et 25 avril dernier, desq^J^^^ il résulte que la fayence que font fabriquer les suppliants est de ^^ meilleure qualité, et que leur établissement est d'autant plus uiil^^* qu'ils y occupent un grand nombre d'ouvriers, ensemble l'avis rfc — ' sieur Dupleix, intendant et commissaire départi en la province de Brçs tagnc, et le rapport du sieur abbé Terray, conseillier ordinaire et du conseil royal, contrôleur général des finances, le Roy, en son conseW, a permis et permet aux sieurs Perret et Fourmy, .de mettre sur la
principale porte d'entrée de la manufacture de fayence dont ils sont propriétaires à Nantes, un tableau aux armes du Roy avec cette inscriplîon : Manufacture royale , et d'y établir un portier à la livrée de Sa Majesté; leur permet pareillement de marquer les marchandises qui seront fabriquées dans ladite manufacture d'une marque représentant une fleur de lis et d'un chiffre composé des lettres initiales des noms desdits sieurs Perret et Fourmy, et seront sur le présent arrest, si le besoin en est, toutes iet 1res nécessaires expédiées. Fait au Conseil d'Élat du Roy, tenu à Marly le 26 juillet 1774.
a Signé : Bergeret. >)
L.a fabrique de Le Roy reprise par Perret et Fourmy nous a fait perdre la filiation des usines nantaises ; mentionnons donc Jérôme Arnauld qui travaillait en 1754, et François Cacault, place Viarmes, lequel faisait exécuter en 1756, un plan de la ville de Bordeaux par un certain Colin, peut-être celui-là même qui s'était établi chef d'usine dix-neuf ans auparavant.
I^ médecin Lhôte, aidé d'un ouvrier appelé Gastelnau, avait ouvert ^11 autre établissement en 1753. La veuve Martin, dont le four était dans la paroisse Saint-Sébastien, apparaît en 1767. Perret et Fourmy, ^vec leur titre ofBciel de manufacture royale, semblent devoir absorber ^uies ces j)etites entreprises; pourtant VAhnanach général du corn- ^^^^^ce ne les mentionne pas, en 1788, et cite Dérivas fils, « dont la *^ïence peut aller de pair avec celles de Nevers et de Rouen, w Au *^Onient de la réclamation de Glot, Nantes n'avait plus qu'une usine, '^**obablement celle de Dérivas associé à Fourmy fils, qui faisait en '^^^me temps de la porcelaine.
On le voit, ici les renseignements surabondent et le seul embarras
^ ^ l'historien, c'est de chercher les ouvrages de cette foule d'artisans
^^ îdés par une pensée unique, travaillant tous sans doute avec l'inlen-
^^^ti de se rapprocher d'un même type, celui des faïences alors en
[ue, et n'ayant d'ailleurs aucun signe pour se distinguer les uns des ^ Xves.
lilalgré le droit conféré officiellement à Perret et Fourmy père de
^^rquer avec une fleur de lis, M. Benjamin Fillon éprouve un grand
^^^barras à reconnaître leurs œuvres; il soupçonne que ce peuvent être
^^^ faïences à bouquets peintes au moufle et généralement bordées de
510 IHSTOIRE DE LA CÉRAMIQUtT^ — .
iilets d'un rouge vif et presque brunâtre, non pas obtenu de l'or, mais peut-être du fer. Quelques fleurettes participent de cette couleur qui sert aussi à tracer la fleur de lis du dessous.
Ces faïences sont effectivement très-caractérisées ; mais Télude a encore beaucoup à faire pour déterminer et classer les divers produits nantais, et les espèces dérivées du style rouennais sont surtout trèsdifficiles à distinguer.
Le Croisic (Loire-Inférieure). — C'est un Flamand, Gérard Demigennes, qui, au seizième siècle, établit lâ| un centre céramique ; Horacio Borniola, Italien, lui succéda en 1627, et laissa lui-même sa fabrique à Jean Borniola et à Béatrice, sœur de celui-ci, et femme d'un nommé<£^ Uavys. Les poteries exposées à Rennes sous la rubrique du Croisic rendaient parfaitement compte de leur origine; blanches, généralemei^;::^ godronnées et décorées de rinceaux et de fleurs en bleu et jaui^^^ citrin, elles ressemblent aux produits anciens d'Anvers et des Fia dres, et ont dû à leur tour servir de type aux vieilles fabrications r naises.
Mâch£goul ne vient figurer ici que pour ordre ; les travaux cérait: ques de Jacques et Loys Ridolfi, de Chaflagiolo, qui s'y étaient étab semblant s'arrêter au seizième siècle.
Qlimper (Finistère). — Un document conservé à Sèvres dit : « ^Jy avait à Quimper une manufacture de faïence émaillée à l'instai — ^ j^ Rouen, établie en l'année 1690. Elle fournissait une partie de la i^fii^^ tagne. » Les produits attribués à cette ville sont d'un émail grï^s, à grands rinceaux réservés sur fond bleu noirâtre, l'aspect en est tr^isle, et il peut être assez difficile de les séparer des autres faïences liretonnes.
Quimper a eu aussi une fabrication de terre à engobe jaune, relevée de pastillages rouges. Ce genre se faisait antérieurement à Rohu ( Bforbihan).
QuiMPERLÉ (Finistère). — Les terres émaillées de ce lieu ressembfe^^ beaucoup à celles de Rennes; nous avons décrit une charmante susper?' sion à reliefs, rehaussée de couleurs, qui figurait à l'Exposition bretonne