I. Frœhner, Musées de France^ pi. XIII, 5, p
avec non moins d'évidence dans les phiales à ombilic, dont le centre bombé se renfle en saillie sur le fond. C'est encore aux vitrines du Louvre que nous empruntons le spécimen ci-joint, où l'on peut constater un fait intéressant : l'association d'une forme empruntée à l'art du métal et de la décoration peinte (fig. 124},
Autour de l'ombilic, couvert de zones rouges et noires, court une bande décorée de rayons jaune clair. Dans le champ, des poulpes blancs alternent avec des dauphins peints à l'aide de cette même couleur jaune mat qui contient de fortes proportions de céruse ', Bien plus, les ornements moulés, caractérisant la poterie imitée du métal, apparaissent sur une coupe profonde du Louvre reproduite au commencement de ce chapitre' (fig. 121). Le fond est occupé
I. On observe le même décor marin sur un plaE provenant de Capoue au musée de Berlin. Furtwaengler, Vasensam. îm Aniiquarium, n" 3607,
3. D'après une note manuscrile de O. Rayet, celte coupe proviendrait de Crète,
332 La fin de la peinture de vases en Italie.
par une tête modelée en relief, où l'on retrouve le type des Satyres rustiques familier à Tart hellénistique : les traits épais, le front bas, les cheveux redressés en mèches rudes et rebelles. Ce masque est entouré d*un encadrement peint en rose vif; le rebord intérieur de la coupe est décoré de boutons de fleurs, sans doute des roses, alternant avec des bucrânes.
En résumé, cette fabrication, commune à toute Tltalie du Sud, représente le dernier effort de la peinture céramique, déjà combinée avec des cléments qui annoncent le développement prochain de la poterie moulée; elle prend place dans la seconde moitié du troisième siècle. Il est d'ailleurs fort possible que les spécimens les plus récents soient contemporains des vases à reliefs, d'imitation métallique. Savons-nous si, parmi les fabriques italiennes, des ateliers attardés n'ont pas continué à produire des poteries vulgaires où le décor blanc trouvait encore son emploi?
A la même technique appartient une série de vases encore fort rares, portant des inscriptions latines. On en connaît aujourd'hui quatorze exemplaires, sur lesquels dix proviennent des nécropoles de Vulci, de Corneto, d'Orte, et peut-être de Chiusi. Une coupe à l'état de fragments a été trouvée à Rome, sur l'Esquilin '. Ces poteries ont quelquefois la forme de petites urnes; le plus souvent ce sont des patères offrant une parfaite uniformité de style. L'intérieur est décoré d'une guirlande de lierre peinte en blanc jaunâtre sur un vernis noir d'aspect métallique; le fond est cerné par des cercles blancs entourant une zone brune. Sur plusieurs exemplaires, ce fond ne présente aucun décor; dans le cas contraire, le sujet est presque toujours un Amour. Une seule fois, sur une coupe du Louvre, on voit une tête de femme vue de face, abso-