Martial, Épigr,, XIV
356 L'imitation du métal et la poterie moulée.
encore revêtus d'un vernis noir, à l'imitation de la poterie campanienne'; mais les vases à glaçure rouge, plus brillants, d'un aspect plus gai et plus flatteur pour les yeux, ne tardent pas à supplanter ces contrefaçons des vases campaniens, et sont désormais recherchés partout avec faveur.
Néanmoins, l'influence des modèles grecs continue à se faire sentir dans le caractère du décor et dans le style élégant des reliefs. On en jugera par un beau spécimen de la poterie d'Arezzo que nous empruntons aux vitrines du Louvre (fig. rSi). C'est un cratère trouvé à Caeré, mesurant 22 centimètres de hauteur, avec les mêmes dimensions dans sa plus grande largeur. Un cordon d'oves cerne la panse au-dessous de l'attache des anses, et la partie inférieure est ornée de deux séries de figures en felief. D'un côté est figurée l'apothéose d'Hercule. Le dieu, jeune et imberbe, tenant sa massue de la main gauche, est assis sur un char de forme grecque que traînent deux Centaures barbus, les mains attachées derrière le dos. L'attelage est précédé d'un personnage qui le guide à l'aide d'une double longe nouée autour du buste des Centaures, et qui brandit un fouet. Au second plan, un personnage escorte le char, que suivent deux jeunes gens portant chacun, avec solennité, une massue et deux lances. Dans le champ est imprimée, à l'aide d'un timbre rectangulaire, l'estampille d'un potier déjà connu par les inscriptions figulines d'Arezzo, M. Perennius*. Le revers, qui porte la signature de Tigranes, offre un sujet différent, mais avec des emprunts évidents au même moule. Ainsi vous y retrouvez l'attelage de Centaures avec son conducteur; par contre, le personnage traîné sur le char est un homme barbu; c'est une femme qui l'escorte, et deux autres femmes, portant l'une un parasol, l'autre une ciste, ferment la marche. Il y a là un curieux exemple des combinaisons variées que permettait aux potiers l'emploi du