VASES CORINTHIENS
( Pan» CollEction de I auteur )
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en Béotie et à Corinthe. 65
dans lequel on voit Agamemnon tenant un caducée et faisant un geste de congé, une femme, AIca, qui paraît dire adieu au jeune Ûorimachos, prêt à partir, et une seconde femme, Sakis, qui semble accompagner de ses v<£ux les chasseurs déjà aux prises avec la bète.
Le baron de Witte possède une autre pyxïs, sur laquelle les inscriptions sont encore plus nombreuses, quoique la peinture, d'un brun pâle et sans cngobes, paraisse un peu plus ancienne '. Le sujet
est un groupe de héros du cycle troyen, Palamède, Nestor, Protésilas, Patrocle, Achille, Hector, Memnon. Les chevaux même ont leurs noms : Podarge, Balios, Orion, Xanthos, etc. ; enfin, une dernière inscription nous fait connaître le peintre : XAPBMMBT^AtB, Xâpiiî (j:' ëYfW'î'e , « Charès m'a peint». Ce curieux petit vase a malheureusement été nettoyé à l'acide chtorhydrique et mal lavé ensuite, de sorte que l'action continue de l'acide resté dans les pores de la terre achève peu à peu de faire disparaître personnages et inscriptions.
La tendance des sujets tirés des légendes nationales à revendiquer
I. Rev. ^rcA., nouv. scrio, t.Vl[I, p. 273. —ArcluZeit., 1864, p. |53.
66 L'influence orientale
la place la plus importante s'accuse de plus en plus à mesure que l'on
approche de la fin du sixième siècle. Tandis que sur les vases communs
les éléments asiatiques, les cortèges d'animaux surtout, continuent
encore à composer presque tout le décor, sur les vases de fabrication
soignée ils disparaissent presque entièrement, en sorte qu'entre les
beaux vases de la fabrique corinthienne à la veille des guerres médiques
et les vases plus anciens d'un siècle ou deux, il ne subsiste plus qu'un
certain air de parenté facile à reconnaître mais malaisé à définir, et
qui ne tient plus qu'à l'emploi des mêmes couleurs et à la persistance
de certaines habitudes de main-d'œuvre. Ainsi, par exemple, sur une
aryballe du musée d'Athènes, inventoriée comme provenant de
Carystos en Eubée, mais certainement corinthienne d'après les
inscriptions qu'elle porte, les seuls sujets figurés sont un hoplite,
désigné par le mot iinroêàTa;, (MATAZOTHiB), écrit de droite à
gauche, et son écuyer, IxïcoGTpoçoç (M04>01TM0nîB), qui, resté à
cheval, tient en laisse la monture de son maître'.
Vers les dernières années du sixième siècle apparaît, dans la céramique de Corinthe, un genre de coupes particulier, dont la vogue paraît avoir été tout de suite très grande et dont la fabrication s'est poursuivie pendant tout le siècle suivant : c'est une cylix, très basse sur son pied, et dont la partie supérieure, au lieu de présenter en section une courbe elliptique continue, se divise nettement, suivant la hauteur, en deux parties : une panse renflée et profonde et un rebord très redressé. Cette cylix qui présentait pour les buveurs, sur la cylix ordinaire , l'avantage d'une capacité plus grande et d'une assiette plus solide, est peut-être celle que les poètes comiques du cinquième siècle et de la première moitié du quatrième vantent si fréquemment, et dont ils attribuent l'invention au potier corinthien Thériclès '. Un bel exemple de coupe de cette forme appartient à M"® Koromilas, d'Athènes^. Sur une zone qui occupe, à Texté-
I. Heydemann, Griechische Vasenbilder, Berlin, 1870, pi. VII, n* 3.