Collection Sabouroff, pi. LXXIV
3. The american Journal of archceology, i885, pi. I. Le Louvre possède plusieurs spécimens de cette série.
4. Dumont et Chaplain, Les Céramiques de la Grèce propre, ch. xni.
5. Georg Treu : Griechische Thongefœsse in Statuetten-und Bûstenform, Programm !(um Winckelmannsfest, Berlin, 1875.
et les vases en forme de Jigurines.
des lécythes rappellent seuls la destination de ces vases délicats et fragiles, qui ne pouvaient guère servir qu'à contenir des parfums. Ces poteries de luxe ont été trouvées' sur différents points du inonde grec, à Athènes, à Corinthe, à Mégare, à Tanagra, dans les
Fig. io3. — Aphrodite. Vise I pirTami trouvé 1 Kcrtcb. (Muïfe de PErmitagc, k Saml-Péteribonrg.]
tombeaux de Panticapée ; mais on n'a pas de peine à y reconnaître des produits de l'industrie attique. Elles appartiennent d'ailleurs à une période très limitée, qui correspond à la seconde moitié du quatrième siècle et aux premières années du troisième.
Le type le plus simple est celui des vases en forme de buste. Le Louvre en possède un bon spécimen, à savoir un buste d'Aphrodite dont la chevelure est surmontée d'une haute Stéphane
2T2 Les vases ornés de reliefs
ornée de perles >. Mais cette forme peut se développer à tel point que la plastique y joue le rôle prépondérant, comme dans l'admirable vase reproduit par notre figure io3. Cette belle pièce, un des joyaux de l'Ermitage, a été trouvée, en 1869, dans un tombeau de femme de la presqu'île de Taman, non loin de l'emplacement de l'ancienne Phanagoria '. D'une coquille entr'ouverte sort le buste d'Aphrodite Anadyomène; les flots de la mer, figurés à la base, rappellent l'écume marine qui, suivant Hésiode, « caresse la chair immortelle » de la déesse nouvellement née. Aphrodite est richement parée d'un collier et d'un cordon de perles croisé sur le sein : une Stéphane semée de rosettes dorées couronne sa chevelure aux boucles capricieusement enroulées. Le type du visage, qui rappelle tous les caractères de l'art praxitélien, a une grâce infinie que rehausse encore la coquetterie de la parure. Ajoutez qu'une polychromie d'un goût exquis souligne tous les détails : le bleu sombre des prunelles, l'or de la Stéphane, des colliers et de la chevelure, le rouge dont l'intérieur de la coquille est revêtu, font valoir l'éclat nacré des chairs blanches, avivé par un léger glacis rose. Du même tombeau provient un sphinx à buste de jeune femme, auquel s'adaptent un goulot et une anse de lécythe ^ (fig. 104). Il est absolument contemporain du vase précédent. Vous retrouvez les mêmes caractères d'art dans l'agencement rafiiné et spuple des boucles de la chevelure, dans le type du visage, auquel le léger sourire de la bouche, le regard caressant des yeux, prêtent une singulière expression de vie. La polychromie relève également le ton rosé des chairs; des touches bleu pâle ou bleu sombre accusent les nervures des ailes, et l'or jette sa note brillante dans cet ensemble de couleurs harmonieusement fondues. On peut rapprocher du sphinx de l'Ermitage un autre vase de forme analogue