G. Trcu, ouvr. cité, pi. II, fig
2. Voir notre notice dans Les Monuments de l'art antique, publiés par O. Rayet, t. II. Autres exemplaires : Collection Sabouroff^ pi. LIX, LXXI. Treu, ouvr, cité, pi. II, fig. 4, 5, 6.
et les vases en forme de fgunnes. 2^5
du jeune homme porte des traces de bleu. Le reste de la polychromie a malheureusement disparu. Mais c'est à peine une hypo-
thèse que de restituer à la chevelure des deux personnages leur couche de dorure, et aux feuillages leur teinte vert pâle.
Il est impossible de méconnaître le caractère attique de ces
254 Les vases à figures rouges du quatrième siècle.
anonyme de la coupe de Nésidora, avaient déjà usé de ce procédé. Mais ce qui n'était qu'une exception devient la règle pour les vases attiques qui nous occupent. Les plus beaux, ceux où le dessin a le plus de finesse et de charme, sont aussi ceux où la dorure est appliquée avec le plus de discrétion. Nous avons déjà cité Taryballe de l'ancienne collection Sotiriadès; nous trouverons encore un spécimen accompli de ce style dans un lécythe en forme de gland du musée de Berlin, dont la peinture représente une scène d'amour, sujet favori des potiers du quatrième siècle'. Au centre, une jeune femme, le buste nu, le bas du corps couvert d'une fine étoffe transparente, les cheveux serrés par un diadème^ est assise sur un siège élégant. Cette demi-nudité suffirait à nous avertir que la jeune femme ne fait pas profession d'austérité; aussi bien la présence d'un Eros, figuré comme un jeune garçon muni de longues ailes, et qui échange avec elle un baiser, est tout à fait significative. Voici, en outre; deux suivantes apportant des cadeaux : l'une d'elles, une jolie jeune fille richement vêtue d'une tunique constellée de croix et d'un himation, porte un calathos rempli de raisins et de poires; l'autre tient une lyre et un oiseau perché sur le bout de ses doigts. Cette charmante composition nous éclaire sur les goûts voluptueux et sensuels des contemporains de Praxitèle. Il n'y a pas à chercher ici d'allégorie mythologique : le peintre a simplement glorifié l'amour et la beauté sans prétendre donner une leçon de morale. La scène qui décore un lécythe à dorures de la collection Rampin, à Paris, est d'une nature un peu plus grave : c'est une offrande à une divinité, peut-être à Héra Téléia*; mais la fantaisie reprend ses droits sur le charmant lécythe de l'ancienne collection Sabouroff montrant des jeunes filles au bain dans un lieu planté d'arbustes, et qui tient dignement sa place dans cette série d'œuvres du plus pur atticisme ^.