Salzmann, La nécropole de Camiros, pi
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contemplent la scène avec stupeur, et l'une d'elles s'enfuit, son himation à la main. Le style des figures, l'emploi de la couleur blanche pour les chairs nues, enfin l'arrangement de la composition, indiquent une date assez avancée dans le quatrième siècle. La péliké de Camiros est, en effet, un exemplaire très soigné d'un type de vases que la fabrique d'Athènes produit en abondance dans la seconde moitié du siècle, et où apparaissent souvent
Fil). 97. — Khrjaoi, Nikt et Plouloi. Œnoclioj nttique (MuKe ie Berlin.)
des traces de négligence et de routine. Ainsi les tombeaux de Kertch, dans la Russie méridionale, ont fourni une série de pélikés et d'hydrïes rehaussées d'or, tout à fait semblables pour le décor et pour le style à celle du Britîsh Muséum, mais d'une exécution souvent très lâchée '- C'étaient des vases faits pour l'exportation, et destinés à des acheteurs plus attentifs à la richesse de l'ornementation qu'au fini du travail. Au reste, les qualités de délicatesse et de goût qui caractérisent la céramique eu milieu du quatrième siècle ne tarderont pas à s'altérer; le moment est proche où vont apparaître les premiers symptômes de la décadence.
Parmi les vases décorés d'or et rehaussés de couleurs blanches I. Aniiquiiéa du Bosphore Cimmérien, p[. LIV, [J(1I.
28o Les vases à figures rouges de Vépoque macédonienne.
Pour suivre d'aussi près que possible l'histoire des fabriques purement grecques, reportons-nous à la date qui marque, dans le quatrième siècle, l'époque la plus brillante de la peinture de vases en Attique. Vers 35o, l'art athénien est dans tout son éclat. Praxitèle, en pleine période d'activité, exécute ÏEros de Thespies et le Satyre de la rue des Trépieds. Si, à l'extérieur, la puissance macédonienne paraît déjà menaçante pour des esprits clairvoyants, Athènes peut encore se bercer de rêves glorieux. C'est seulement dix- huit ans plus tard que la bataille de Chéronée dissipera brutalement ses illusions. Mais la perte de son indépendance politique a-t-elle pour Athènes des conséquences immédiates, au point de vue de la prospérité matérielle? Entraîne-t-elle subitement la ruine de son industrie? Tout ce qu'on sait de l'histoire de l' Attique à cette époque prouve le contraire. Sous Alexandre, et pendant la paix de dix ans qui coïncide avec l'administration de Démétrius de Phalère, jusqu'en Soy, Athènes reste le foyer de la vie artistique et intellectuelle. Les étrangers y sont nombreux et son commerce est florissant. Si l'on en juge par le grand nombre des vases attiques trouvés dans les nécropoles de la Crimée, et appartenant à la période comprise entre les années 35o et 3oo, les relations commerciales avec le Bosphore continuent, aussi suivies que par le passé. Les ateliers d'Athènes sont encore le principal centre de la fabrication grecque. Toutefois , les événements qui suivent la reprise d'Athènes par Démétrius Poliorcète (296) semblent avoir rudement atteint la prospérité de la ville. Après la guerre dite de Chrémonide, elle perd toute importance et végète obscurément jusqu'à la conquête romaine. C'est donc vers le début du troisième siècle que l'industrie attique commence à décliner.
Les vases attiques contemporains d'Alexandre montrent l'application des principes mis en vigueur par les artistes de la première moitié du quatrième siècle. Dans les grandes compositions, on a tout à fait renoncé à disposer les personnages par zones.
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aux jeux mêmes de Tenfance. Les personnages qu'ils mettent en scène sont des enfants d'un type souvent conventionnel, aux formes grasses et potelées, parfois bouffis à l'excès, et qui offrent l'aspect de petits hommes obèses; ils portent autour du buste un cordon auquel sont attachées les amulettes (Trepiai^Ta ou '77€pia(X(jiaTa) que les défendent contre le mauvais œil'. Rien d'amusant comme le spectacle très varié des jeux auxquels se livrent ces bambins. Les vases où leurs propres occupations sont ainsi retracées paraissent avoir été un de leurs jouets de prédilection, et figurent presque toujours dans ces petits tableaux de genre. Ainsi, sur un exem^ plaire de provenance attique*, un enfant accroupi contemple avec une gravité comique l'œnochoé qu'il a garnie de fleurs et placée sur une sorte de coffre; ailleurs un autre, sur la tête duquel un oiseau familier s'est perché sans façon, se traîne à plat ventre vers son jouet. Un objet qui contribue aussi à égayer les petits Athéniens est un chariot très rudimentaire, pourvu d'un long manche; on le voit aux mains d'une petite fillette qui le traîne triomphalement. Ici, un enfant a abandonné vase et chariot, et, debout sur la pointe des pieds, les bras étendus*, il essaye un pas de danse. Voici, sur un autre vase, un petit garçon fort en peine : il cherche à placer hors des atteintes d'un gros chien un gâteau qu'il tient à deux mains, et, avec un effarement plaisant, il s'enfuit sans quitter du regard l'agresseur. Enfin, la gravure de la lettre placée en tête de ce chapitre est empruntée à un vase attique du cabinet de M. E. Piot^, et montre un jeune garçon monté sur un chariot attelé de deux chiens loups, et conduisant son attelage avec l'habileté d'un cocher consommé.
Malgré le caractère parfois très sommaire du dessin, toutes ces
1. Voir sur cet usage Otto Jahn, Berichte der sœchs. Gesellschaft, i855^ p. 40.
2. Heydemann, Griechische Vasenbilder, pi. XII, n» 9. Voir les autres numéros de la même planche. Cf. Stackelberg, Grceber der Hellenen, pi. XVII; Benndorf, Griechische und sicilische Vasenbilder, pi. XXXVI, n»» i, 2, 5; Catalogue des Vases d* Athènes, n®» '41 3-432; C. Robert, Arch. Zeitung, 1879, p. 78, pi. 6.