G. Perrot, Monuments grecs, 1876, pi. ?, p
2 go Les vases à figures rouges de l'époque macédonienne.
cadeaux, surtout des combats entre Grecs et Amazones, entre les Arimaspes et les griffons; ailleurs c'est un personnage en costume oriental, Scythe ou Phrygien, monté sur un griffon, et devant lequel une femme s'enfuit. Très souvent la panse du vase est décorée d'une tête de femme, coiffée d'un voile ou d'un cécryphale, accostée d'Eros ou de figures féminines de plus petites dimensions *. Un type très particulier est celui que reproduit toute une série de peintures : entre un buste de cheval et un buste de griffon apparaît la tête d'un personnage coiffé d'une mitre orientale, et près de laquelle est souvent figurée la pointe d'une lance. Raoul Rochette y reconnaissait la Nuit, entre le cheval, symbole des ténèbres, et le griffon, symbole du jour^; mais cette interprétation a été réfutée par Welcker, qui a d'ailleurs trouvé plus prudent de ne proposer aucune solution ^. Il n'est même pas facile de décider si cette tête à coiffure orientale appartient à un personnage viril ou féminin, à un héros phrygien ou à une Amazone^.
Les vases trouvés dans les tombeaux de la Cyrénaique sont-ils des importations attiques ou des produits d'une fabrique locale? A certains indices, la seconde hypothèse pourrait paraître assez plausible. Ainsi, sur l'œnochoé du Louvre trouvée à Benghazi, la Victoire, debout derrière le héros, a tous les traits du type libyen : le front fuyant, le nez épaté, la bouche lippue; on serait tenté de croire que l'artiste travaillait à Cyrène et qu'il a reproduit ici les caractères physiques de la race indigène. Cependant, si Ton considère l'ensemble des vases de la Cyrénaïque, on constate des analogies
1. Cf. Heuzey, Monuments grecs, 1879, P* ^^- — ^' frœhner a donné un catalogue des vases de ce type ; il les rapproche d'une hydrie de Capoue, représentant un buste colossal de femme entre deux Satyres bêchant la terre. (M usées de France, p. 70.)