‹ Histoire de la céramique grecque (volume 2)Chapitre 80 sur 187 · Cf. Dumont, Peintures céramiques^ p. 5i · texte numérisé non relu

Cf. Dumont, Peintures céramiques^ p. 5i

Fabriques de la Grèce propre. 29S

Bacchantes ou recevant Ariadne. Notre figure 1 1 1 reproduit un des spécimens les plus soignés de cette fabrication : c'est un canthare du musée d'Athènes. Dionysos, couché sur un lit recouvert d'un tapis, près d'une table chargée d'offrandes, tient une cylix et un kéras; une femme lui apporte un calathos rempli de fruits. Dans la décoration du tapis orné d'une bande à figures d'animaux, dans l'agencement compliqué de la mitre qui couvre la tête du dieu, on retrouve le goût pour les costumes richement brodés à la mode orientale, dont les céramistes béotiens se plaisent à revêtir leurs personnages.

Les vases étudiés dans ce chapitre nous montrent les derniers efforts de la peinture céramique en Grèce. Une décadence irrémédiable va frapper l'art élégant et noble où les artistes grecs avaient déployé des qualités si rares : une merveilleuse fertilité d'invention, une étonnante sûreté de goût, un sens exquis de la forme et des couleurs. Les fautes de dessin deviennent fréquentes; le trait s'épaissit; le vernis noir qui cerne les contours est posé avec négligence et à la hâte; on sent que les potiers ne travaillent plus que par routine, d'une main nonchalante et ennuyée. Vers le milieu du troisième siècle, les vieilles traditions de la peinture céramique sont complètement perdues dans la Grèce propre; une industrie toute différente la remplace, celle de la poterie à reliefs, qui exige une autre technique, d'autres procédés, et à laquelle nous consacrerons une étude spéciale.

Toutefois, nous n'avons pas encore terminé l'histoire de la peinture de vases. Alors que la fabrication attique va déclinant, l'industrie céramique traverse encore en Italie une phase florissante; il s'y produit une sorte de renaissance, qui coïncide avec la décroissance de l'importation attique. Pendant toute la durée du cinquième siècle et la première moitié du quatrième, les ateliers d'Athènes étaient les maîtres du marché italien; ils répandaient leurs produits à profusion dans les villes italo-grecques ; la fabrication locale ne pouvait lutter contre eux. Mais l'enseignement

2g4 ^^^ vases à figures rouges de têpoque macédonienne.

donné parles modèles n'a pas été perdu. A partir de la seconde moitié du quatrième siècle, les villes populeuses et riches de l'Italie méridionale, Tarante, Cumes, Capoue, possèdent des fabriques capables de rivaliser avec celles d'Athènes, et d'alimenter, au détriment de ces dernières, tout le commerce de la péninsule. Sans perdre son caractère hellénique, la peinture de vases italogrecque acquiert cependant une physionomie très particulière; elle la doit au contact des populations de race helléniques avec les indigènes italiotes. Nous essayerons de le montrer dans le chapitre suivant.

Fig. 113. - Héraclca hirieui.

trc d'Asaléis, Irauvi i Picstuni. (Musée de Madrid.^

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