Musée de Naples; Cf. Annali, i865^ pi. O
3i2 Les vases de l'Italie méridionale.
Psestum, exécutées au cours du quatrième siècle, et qui montrent un si curieux mélange de style grec et d'éléments purement lucaniens '. Les guerriers y portent également les casques à panaches [galeœ cristatœ)^ que Tite-Live signale comme une des pièces de l'armure des Samnites*.
Ces vases de style mixte appartiennent aux derniers temps de la domination lucanienne, qui a duré un siècle et demi. Dans la seconde moitié du cinquième siècle, les Lucaniens s'étaient emparés de Posidonia; Grecs et Osques s'y étaient mêlés pacifiquement, sans que le caractère hellénique de la cité fût modifié par cette invasion de nouveaux habitants. Si les peintures murales que nous venons de signaler portent déjà l'empreinte du goût lucanien, elles n'en relèvent pas moins de l'art grec par l'inspiration et la technique. Bien plus, les monnaies posidoniates conservent les mêmes types et les mêmes légendes qu'au temps de l'autonomie, signe évident de la prépondérance que l'influence grecque n'a pas cessé de garder. C'est seulement à la fin du quatrième siècle que l'élément lucanien finit par prédominer, et que Posidonia échange son nom grec pour celui de Paestum. Les vases postérieurs à cette date montrent bien toute la portée de l'évolution qui s'est accomplie : les mœurs et les habitudes lucaniennes prévalent désormais dans l'ancienne ville hellénique.
Devons-nous reconnaître dans les poteries de la Basilicate des produits de l'industrie indigène ? Sont-elles l'œuvre de potiers lucaniens qui auraient adopté la technique des Grecs? L'hypothèse n'a rien que de plausible, si l'on songe que les peintures de Psestum dénotent, de la part de leurs auteurs, une étonnante aptitude à s'assimiler le style et la manière des artistes grecs. En tout cas, cette industrie locale n'a pu survivre bien longtemps à la colonisation de Pœstum par les Romains. En 273, la ville devient
X. Monufnenti inediti, voh VIII> pi. 2t. Cf» H«lbig, Annali, i865, p. 262-295. Héron de Villefosse, Ga^. Arch, i683, p^ 335» a. Tite-Live, IX, 40;
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une colonie de droit latin, et, au contact des Romains, les anciens habitants se latinisent promptement.
Les signatures d'artistes sont très rares sur les vases de ritalie méridionale. Nous ne connaissons que trois peintres céramistes, 'qui paraissent contemporains, à quelques années près. L'un d'eux, Lasimos, a signé une grande amphore du Louvre, trouvée, dit-on, dans un tombeau de Canosa '. Sur le col, on voit une tête de femme accostée de deux Eros et encadrée de fleurs. Sur le devant de la panse, la décoration est divisée en deux zones; la première montre F Aurore sur un quadrige, la seconde, Eurydice, assise sur un trône auprès d'Amphiaraos, et tenant sur ses genoux le cadavre de son fils Archémoros, étouffé par un serpent dans la vallée de Némée. La signature de l'artiste (AAZIMOZ ErPAyE) se lit sur le registre supérieur. Au revers, une scène du culte du tombeau. Le caractère fleuri du décor permet de croire que Lasimos avait son atelier soit à Tarente, soit dans une ville d'Apulie. Python est l'auteur d'un cratère provenant de Sant'Agata de'Goti, conservé en Angleterre, à Castle Howard, et représentant l'apothéose d'Alcmène *. En présence de Zeus, d'Héôs et des Hyades, Amphitryon et Anténor s'apprêtent à allumer avec des torches un bûcher sur lequel est posé le sarcophage d'Alcmène ; mais la mère d'Héraclès en sort triomphante, au milieu d'un nuage orageux que cerne un arc-en-ciel et d'où jaillit la foudre.
Cinq vases portent la signature d'Asstéas, dont le nom, par une particularité qu'explique sans doute l'usage d'un dialecte local, est constamment écrit avec deux sigmas (AZXTEAZ EfPAOE) ^.
1. Klein, Vasen mit Meistersignat», p. 210. —Millin, Vases peints, II, pi. 37 et 38,
2. Monuments publiés par la section française de l'inst, arch,, pi. 10. Cf. Nouvelles Annales, 1837, pi. B.