Fragment de Busiris, dans Athénée^ X^ p
2. Monumenfi inediti, t. VI, pi. 35, 2. Cf. Wieseler, Annali, iSSg, p. 384.
Les vases de V Italie miridionale, 32 1
maîtresse; ailleurs, un père grondeur gourmandant son fils; ailleurs encore des jeunes gens et des courtisanes écoutant un concert après boire. Un vase de la collection Caputi, trouvé à Ruvo en i883, montre une véritable scène de gloutonnerie : un couple grotesque, Philotimidès et Kharis, mangeant à cœur joie devant une table, tandis qu'un esclave fripon, Xanthias, cache un gâteau qu'il a dérobé '. L'esclave occupe dans ces représentations une place importante. Ses vices, sa poltronnerie, ses ruses, défrayent la verve des auteurs de phlyaques. Sur un vase du Louvre^, on voit un esclave recevant les ordres de son maître; son air stupide justifie le geste de son interlocuteur qui, le doigt levé, semble mettre beaucoup d'insistance à détailler ses instructions. Une scène amusante est celle du cratère peint par Asstéas^. Deux jeunes gens se sont introduits dans la demeure d'un vieil avare, Gharinos; celui-ci, à la vue de ces intrus, s'est précipité sur son coffre-fort, et pour le mieux protéger, s'y est couché de tout son long. Il faut voir avec quel désespoir plaisant il essaye de résister aux deux voleurs, qui l'ont saisi l'un par les pieds, l'autre par son manteau. On devine quelque bon tour de l'esclave Garion : celui-ci, loin de secourir son maître, se tient à l'écart, feignant de trembler de tous ses membres, sans pouvoir dissimuler le large rire qui épanouit son visage grotesque. Non moins fréquentes sont les représentations où figure la courtisane; nous citerons en particulier un cratère de la collection Stevenson, à Glasgow, où l'on voit une jeune femme entre deux personnages grisonnants : elle déploie toutes ses grâces et présente à l'un de ses visiteurs un rhyton rempli de vin +. Toutes ces scènes , où éclatent la gaieté et la belle humeur, jettent un jour curieux sur le goût effréné des plaisirs que les Grecs n'avaient pas tout à fait tort de reprocher aux Tarentins.
Il ne faut pas chercher dans les vases à scènes de phlyaques
1. Heydemann, Vase Caputi mit Theaterdarstellttugenj Halle, 1884.