Klûgmann^ Annali delV Instituio, 1876, p. 10, pi. A
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jockeys, et dont on retrouve d'autres exemples dans les peintures pompéiennes. Le fond est couvert d'un vernis noir ; mais le peintre n'a pas pris la peine d'y réserver la silhouette des figures, comme sur la coupe du British Muséum; il les a peintes en rouge clair sur le vernis, et les a ensuite modelées à l'aide de retouches blanches et noires. Que cette technique ait été usitée dans des ateliers campaniens ou dans la Grande-Grèce, elle n'en est pas moins un témoignage nouveau du désarroi où est tombée la peinture de vases. Elle constitue, en réalité, un véritable trompe-l'œil, et vise à donner l'illusion d'un décor en relief. Mais si elle a pu avoir, dans l'Italie méridionale, son heure de succès, il ne semble pas que la vogue en ait été durable. Un tel compromis entre la peinture et le relief était condamné d'avance; il ne faut y voir qu'un essai malheureux, comme il s'en produit aux époques de transition.
Au second siècle avant l'ère chrétienne, tout souvenir des méthodes et du style helléniques s'est évanoui. Il n'y a plus rien de commun entre l'art des potiers grecs et les vases ornés de reliefs estampés ou de ^figurines, avec application de couleurs vives, qui se rencontrent dans la Fouille, et notamment' à Ganosa. Ils ont souvent la forme d'une boîte dont le couvercle est décoré d'un relief obtenu à l'aide d'un moule, offrant de grandes analogies, pour le sujet et pour le style, avec certains miroirs de bronze ». Tout le vase a été passé au lait de chaux, suivant le procédé usité pour les terres cuites, et la part de la peinture est réduite à un décor assez pauvre, lignes géométriques, oves et postes, tracé avec des couleurs criardes, bleu, jaune, rose et vert, qui n'ont pas passé au feu. Une* autre catégorie de vases, de la même époque, se trouve seulement à Ganosa. Ges derniers affectent fréquemment une forme particulière, qui se rapproche de celle de l'ascos; on peut en juger par le spécimen ci -joint,
I. Von Rohdcn, Annaîi delV Inst,^ 1884, p. 30-49, pi. E. — Biardot^ Terres cuites grecques funèbres, pi. 47.
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appartenant au Louvre (fig. 126) ■■ Le col, très large, muni d'un rebord, s'attache sur le devant de la panse, et, par derrière, une anse plate recouvre la partie supérieure du vase. Le décor consiste en dessins, aujourd'hui très effaces, où le rose domine; sur le col, des ornements imbriqués, peints au brun rouge, rehaussés de rouge vif et de rose. A l'aspect poudreux des couleurs, on reconnaît facilement qu'elles sont crues et ont été posées après la cuisson définitive. Au reste, ce bariolage ne joue ici qu'un rôle secondaire. La véritable ornementation consiste en figurines, modelées à part, et fixées sur le corps du vase au moyen de barbotine : sur la panse, un gorgonéion surmonté d'un Éros; plus haut, deux Centaures imberbes, lancés au galop, 1
et qui paraissent sortir de
l'épaule du vase; enfin, sur la partie plate de l'anse, une femme, dans l'attitude de la prière, flanquée de deux Nikés ailées. Reliefs et figurines ont d'ailleurs reçu, eux aussi, leur part de polychromie. Tout cela forme un ensemble pompeux et théâtral, où se révèle, à n'en pas douter, le goût italien.
Les vases à figurines sont les produits d'une fabrique italiote, dont le centre était sans doute à Ganosa ' ; mais l'activité de ces
I. Jacquemart, La Céramique, p. Ï49. Cf. Biardot, oni-r. cité, pi. 42, 43. Les planches de Biardot donnent d'ailleurs une idée fausse de l'aspeci des orlsinaui; les tons y sont beaucoup trop crus.
a. Voir Fr. Lenormanl, Comptes rendus de l'AcaJ. des liiscr., 1879, p. 287.
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ateliers ne semble pas s'être soutenue pendant de longues années, et leurs relations commerciales se sont limitées à l'Apulie. Un fait curieux nous fournit une indication chronologique fort précise. En fouillant un grand tombeau de Ganosa, très riche en vases de cette nature, on a trouvé l'inscription funéraire d'une femme, Medella, morte en l'année 67 avant Jésus-Christ, sous le consulat de Pison et d'Acilius Glabrio. Or, tout porte à croire qu'à cette date le tombeau , fermé depuis longtemps , fut rouvert pour l'ensevelissement de Medella. La fabrication des vases à figurines est donc antérieure à cette violation de sépulture; elle ne paraît pas s'être prolongée au delà du second siècle.
Fig. 137. — Canymèdc, phial« à peinture rehaussée de blane.
(Brilish Muieam.)
Flg. iiS. - Coupe k rcllers et 1 vernis noir,
Provenant de M«gare.
(Athènes, musée de la Soclflé archéologique.)