Voir ch. XVI, p
2. Suivant M. Gamurrini, c’est surtout à Tarquinies et à Volaterrae que les ateliers étrusques ont produit ces imitations ( p. 46, art. cité).
L’ imitation du métal et la poterie moulée.
Parmi les ateliers campaniens les plus actifs et les plus renommés, il faut compter ceux de Calés (aujourd’hui Calvi) •. Une des spécialités des potiers calènes était la fabrication de ces patères ou phiales, dont le British Muséum possède un grand nombre de fragments, et qui sont décorées au centre de médaillons moulés Il y a là une imitation évidente des reliefs ou emhlemata qui ornaient les coupes d’argent faites par les toreuticiens grecs, vaisselle de luxe dont l’usage avait commencé à se répandre sous les successeurs d’Alexandre. Pline parle d’une phiale d’argent, œuvre de Pythéas, dont les reliefs représentaient l’enlèvement du Palladion^; on retrouverait sans trop d’étonnement le même sujet sur une patère de Calés. Au reste, ces médaillons moulés accusent tous les caractères de l’art hellénistique, et le mot EPOEI, qu’on lit sur une patère du musée de Berlin ne laisse pas de doutes sur la part qui revient, dans la fabrication de Calés, à l’influence grecque. Les sujets sont ceux que l’art alexandrin a mis en faveur : des femmes auprès desquelles volent de petits Amours aux formes potelées; des Tritons avec une ceinture de feuillages, portant en croupe des Néréides. Un joli médaillon du British Muséum^ montre un jeune homme, sans doute Apollon, gracieusement appuyé sur l’épaule d’une Muse qui tient une lyre, sujet reproduit sur deux coupes du Louvre de la collection Campana et sur un exemplaire de la collection de M. Piot. De pareilles répliques ne sont d’ailleurs pas rares; elles s’expliquent par l’emploi du moule, et parfois les contours incertains des figures montrent que le potier s’était servi d’un moule déjà usé.
Un type très fréquent dans la poterie de Calés est celui de la
1. Sur les poteries de Calés, voir Frœhner, Les Musées de France, p. 48; Gamurrini, Diillett. dell’ Inst., 1874, p. 82.
2. Ces fragments proviennent de la collection Castellani; M. Benndorf en a reproduit plusieurs {Griecli, und sicil. Vasenb., pl. LVll-LVIII). D’autres exemplaires appartiennent à M. E. Piot.