Isidore de Séville, Orig
IJ imitation dn métal et la poterie moulée.
Pline parle, il est vrai, des va^a samia^ qui, au premier siècle après Jésus-Christ, constituaient la vaisselle de table d’usage courant. Mais il est clair qu’il se sert d’une expression purement conventionnelle, pour désigner un genre de poterie qu’on fabriquait partout; il énumère les fabriques les plus 'renommées : en Grèce, Samos et Cos; en Asie Mineure, Pergame et Tralles; en Italie, Arretium, Asta, Pollentia, Surrentum, Mutina; en Espagne, Sagonte. Il s’agit donc ici d’une industrie qui s’était répandue dans tout le monde ancien, et qui n’était pas plus particulière à Samos que la faïence italienne ne l’était aux ateliers de Faënza. En réalité, la prétendue poterie samienne n’est autre que la poterie romaine, dont l’usage persiste pendant les trois premiers siècles’ de notre ère. Nous n’en suivrons pas si loin l’histoire; nous nous bornerons à montrer quels liens rattachent encore, à l’origine, cette industrie toute romaine à l’industrie italo-grecque.
Dès la fin du second siècle avant notre ère, les ateliers de la ville toscane d’Arretium (aujourd’hui Arezzo) n’ont pas de rivaux pour la fabrication des vases à glaçure rouge, de ces aretina vasa., dont la réputation se soutient encore pendant tout le premier siècle après Jésus-Christ 2. Martial y fait allusion dans une épigramme bien connue : « N’allez pas, je vous prie, mépriser ces vases arétins : telle était la vaisselle de luxe de Porsenna, »
Aretina nimis ne spernas vasa monemus :
Lautus erat tuscis Porsena fictilibus 3.
Des indices certains nous montrent la filiation qui rattache la fabrique d’ Arezzo à celles de la Campanie. Au moment où celles-ci entrent en décadence, c’est l’Étrurie, alors tout à fait latinisée, qui en recueille l’héritage et c’est Arretium qui devient le centre de production le plus renommé. Les plus anciens vases arétins sont
1. Pline, ' Hist., XXXV, 46 ; « Samia etiainnunc in esculentis laudantur. » Cf. les autres textes dans Marquardt, Handbuche der rœmischen Alterthümer, Vil, II* partie, p. 661.