Michaelis, Aitnali, 18G2, p. 56 et tav. d’agg. B
en Béotie et à Corinthe.
rieur, presque toute la hauteur de la panse, est représenté, de chaque côté, un combat singulier : d’une part, celui d’Ajax (MA^JA) et d’Énée (MA^ V\JA); de l’autre celui d’Achille (AX^hT^OYM) et d’Hector Le peintre, qui n’a sans doute songé à aucun passage
particulier des poèmes du cycle troyen, a groupé autour de ces quatre héros des personnages auxquels il a donné au hasard les noms que ses souvenirs lui ont fourni; Dolon, Sarpédon (écrit Sarpadon), Phœnix, un second AJax et Hippoclès. Le groupe de notre figure 33 est dominé par une coupe de même forme, montrant d’un côté une course de cavaliers, de l’autre une danse obscène, genre de représentation assez fréquent sur les cylix de cette espèce. A l’intérieur, au fond de la coupe, est une tête de Gorgone d’un superbe caractère.
Avec cette coupe, nous sommes parvenus jusque près du milieu du cinquième siècle. Mais il faut descendre bien davantage pour arriver à la fin de la fabrication des vases de style asiatique en Corinthie. A quoi bon jeter le trouble parmi les acheteurs, en changeant un style de décor qui n’avait pas cessé de leur plaire ? On continua donc jusqu’à la fin du cinquième siècle, jusqu’au quatrième et peut-être plus longtemps encore, à produire des vases décorés de peintures noires relevées d’engobes. Le dessin des figures garda le caractère archaïque autant que la main des artistes parvint à le conserver. Mais la tâche était difficile, et des moments d’oubli laissent l’habileté transparaître sous la gaucherie et sous la raideur voulues. Les couleurs non plus ne sont pas celles des vases anciens : les noirs sont moins bistrés, sans atteindre à l’intensité et au brillant du noir des vases attiques; souvent ils ont des reflets verdâtres; les engobes rouges sont plus claires, plus pauvres de ton; enfin la terre n’est plus la même. Le potier a fait taire ses scrupules d’imitateur devant le désir de rivaliser avec la couleur chaude et si flatteuse à l’œil de la poterie athénienne. Il s’est servi d’une argile rouge, et il a poussé à un feu plus vif la cuisson des pièces, en sorte que leurs parois ont pris une dureté extrême et résonnent comme une cloche.
Cette fabrication pseudo- archaïque nous a surtout laissé des
U influence orientale en Béotie et à Corinthe.
coupes profondes, à bords aussi relevés, mais à panse moins évasée et à pied plus haut que celles dont j’attribuais tout à l’heure l’invention àThériclès. Ross en a publié un bon spécimen : c’est une coupe trouvée près de Khiliomodi, dans le voisinage de l’ancienne Ténéa, et dont l’intérieur représente Héraclès, le Centaure Nessos et Déjanire. La scène est encadrée dans une bordure formée de deux rangs de gouttelettes noires, très allongées et disposées à angle aigu : on dirait un rameau de myrte dont on aurait représenté sommairement les feuilles lancéolées, en supprimant la tige*'. Mais la plus belle coupe de ce style est encore inédite : elle appartient à M. Kanellopoulos, de Corinthe, et porte à l’extérieur une frise étroite sur laquelle est figurée un combat entre de nombreux guerriers : sans doute, dans la pensée du peintre, quelque bataille de la guerre de Troie.
I. Ludwig Ross, Archœologische Aiifsæt:{e, II, p. 844, et pl. II. Leipzig, i86i.
Fig. 35. — Cliytra corinthienne. (Londres, British Muséum.)
Fig. 36. — Le suicide d’Ajax, détail d’un vase de Cæré. (Musée du Louvre.)