I. lleuzcy, Recherches sur les lits antiques, p
'1. F"r. Lcnorinanl, de deux rases étrusques trouvés à Cevré [Gaq. Arch., 1881-1882, pu .^2, 33, 34).
Les ateliers corinthiens en Italie.
traits de même couleur, mais de largeur variable. Sur l’une des faces sont deux lions, entre lesquels est un autel. Sur l’autre, le peintre a réuni deux mythes qui n’ont aucun lien l’un avec l’autre. A gauche, tout contre l’anse, il a résumé aussi succinctement qu’il l’a pu le mythe de la naissance d’Athéna : la déesse, toute petite, sort de la tête d’un
Fig. 3g. — Chytra étrusque trouvée à Cæré. ( Musée du Louvre. )
Zeus assis, d’aspect tout à fait barbare; Héphæstos tenant un coq, et Hermès, le pétasos sur la tête et le caducée à la main, s’approchent du maître de l’Olympe. Immédiatement à la suite, vient une scène de chasse au sanglier, évidemment inspirée par la vue d’une représentation de la chasse de Calydon. Mais le sanglier et les chasseurs sont du dessin le plus enfantin, dessin sous l’inexpérience duquel ne se sont pourtant pas effacés tous les caractères du style grec archaïque;
Les ateliers corinthiens en Italie.
et, pour achever de montrer que nous sommes ici en présence d’une œuvre d’un atelier barbare, au-dessus d’une des anses on lit une inscription étrusque, Kasnailise., écrite de droite à gauche, et dans laquelle il faut sans doute reconnaître un nom propre.
Ces trois vases sont des essais de copie évidemment très anciens. Mais la tradition corinthienne survécut à la destruction des derniers ateliers grecs. Elle se manifeste dans toute une suite d’amphores à ventre rebondi, à petites anses, et dans des œnochoés à panse en forme de poire, à embouchure évasée, à anse décorée de petites rondelles peintes appliquées par pastillage. Amphores et œnochoés sont divisées en très nombreux registres, sur lesquels se répètent avec une désespérante monotonie les défilés d’animaux. Les couleurs sont assourdies et maussades, les fonds tirent sur le gris verdâtre, les figures sont d’un brun enfumé plutôt que noires, les engobes ont des tons sombres et ternes; le dessin des animaux, fait par routine et d’une main ennuyée, est un à peu près lourd et mou. On trouve ces vases un peu partout sur la côte d’Étrurie, et jusque sur celle de la Campanie. Il serait bien difficile de dire quand la fabrication en a pris fin.
Fig. 40. — (Enüclioc trouvée en Italie. (Musée du Louvre.)
Fig. 41. — Fond d’une coupe du Musée du Louvre.