‹ Histoire de la céramique grecqueChapitre 69 sur 144 · SS · texte numérisé non relu

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Des palmettes d’une élégance très raffinée décorent le revers de ces vases et achèvent de leur donner un caractère tout particulier, Lorsque M. de Witte, en i863, et Otto Jahn, en i865 , dressaient la liste des vases à dorures i, le chiffre en était fort restreint. Il est aujourd’hui plus considérable; encore faut-il tenir compte des exemplaires où la dorure a disparu, ce qui s’explique par l’extrême fragilité de cette décoration. Voici, en effet, comment

Fig. 95. — Lécythes aryballisques et œnochoé de fabrique attique.

le potier procédait : partout où devaient être posées les touches d’or, il en indiquait la place par des bossettes en relief, et figurait ainsi les accessoires, colliers, bijoux, diadèmes, fruits, pour lesquels ce genre de décoration était le plus souvent réservé; l’or, battu en feuilles très minces, était ensuite fixé sur ces saillies à l’aide d’une barbotine jaunâtre qui provoquait l’adhérence. Alors même que la dorure a disparu, ces points en relief montrent clairement qu’elle avait existé.

L’idée de rehausser la peinture par l’emploi de l’or n’était pas, à vrai dire, une nouveauté. Brygos, Euphronios, et l’auteur

I. De Witte, Revue archéologique, nouv. sér., t. VII, i863, p. i-ii; Otto Jahn, Ueber bemalte Vasen mit Goldschmiick, i865.

Les vases à figures rouges du quatrième siècle.

anonyme de la coupe de Nésidora, avaient déjà usé de ce procédé. Mais ce qui n’était qu’une exception devient la règle pour les vases attiques qui nous occupent. Les plus beaux, ceux où le dessin a le plus de finesse et de charme, sont aussi ceux où la dorure est appliquée avec le plus de discrétion. Nous avons déjà cité l’aryballe de l’ancienne collection Sotiriadès; nous trouverons encore un spécimen accompli de ce style dans un lécythe en forme de gland du musée de Berlin, dont la peinture représente une scène d’amour, sujet favori des potiers du quatrième siècle ■. Au centre, une jeune femme, le buste nu, le bas du corps couvert d’une fine étoffe transparente, les cheveux serrés par un diadème, est assise sur un siège élégant. Cette demi-nudité suffirait à nous avertir que la jeune femme ne fait pas profession d’austérité; aussi bien la présence d’un Eros, figuré comme un jeune garçon muni de longues, ailes, et qui échange avec elle un baiser, est tout à fait significative. Voici, en outre, deux suivantes apportant des cadeaux : l’une d’elles, une jolie jeune fille richement vêtue d’une tunique constellée de croix et d’un himation, porte un calathos rempli de raisins et de poires; l’autre tient une lyre et un oiseau perché sur le bout de ses doigts. Cette charmante composition nous éclaire sur les goûts voluptueux et sensuels des contemporains de Praxitèle. Il n’y a pas à chercher ici d’allégorie mythologique : le peintre a simplement glorifié l’amour et la beauté sans prétendre donner une leçon de morale. La scène qui décore un lécythe à dorures de la collection Rampin, à Paris, est d’une nature un peu plus grave : c’est une offrande à une divinité, peut-être à Héra Téléia^; mais la fantaisie reprend ses droits sur le charmant lécythe de l’ancienne collection Sabouroff montrant des jeunes filles au bain dans un lieu planté d’arbustes, et qui tient dignement sa place dans cette série d’œuvres du plus pur atticisme^.

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