L’ASSISTANCE LÉGALE
Les causes énumérées au chapitre 1®^ de la 2® partie amenant une misère toujours croissante, les Empereurs persistent à appliquer le système des distributions alimentaires, si ancien déjà au V® siècle. Constantinople ne tarde pas à partager les privilèges accordés sous ce rapporta la cité de Romulus.
D’un autre côté, l’institution des médecins publics n’est point abandonnée et cet ensemble de dispositions légales constitue la part de l’assistance officielle dans le soulagement des pauvres L durant la période dont nous retraçons l’histoire.
§ 1®*^. — Les distributions alimentaires.
Le souci de l’approvisionnement de Rome-, hante, comme par le passé, l’esprit de ceux qui occupent le pouvoir. Sidoine Apollinaire, alors qu’il est préfet de cette ville, se réjouit de faire la connaissance du nouveau préfet de l’Annone que lui adresse un ami commun, il ajoute : « Pour toi, recommande-moi à sa vigilance, c'est-à-dire recommande-lui le soin de ma réputation. Je
1. Sur leurs revenus particuliers, qui se confondent en réalité avec le Trésor public, quelques empereurs accordent aux Églises des sommes plus ou moins élevées, en vue d’aider au soulagement de la misère ; nous en dirons un mot dans un prochain chapitre.
2, « La ville éternelle {urbs æterna) se voyait menacée prochainement des horreurs de la famine, et la populace, pour qui cette situation est le pire de tous les maux, s’en prenait, d’une manière absolument déraisonnable, à Tertullus, préfet de Rome (règne de Constance). » « Apronien avait eu pour successeur Symmaque, qu’on peut citer comme un des hommes les plus instruits et les plus modestes. Jamais dans la ville très sainte (f/rhs sacrât issima)^ les subsistances, la tranquillité par conséquent, ne furent mieux assurées que sous sa préfectui’e... » (Amm. Marcel., XIX, x; XXVI, ni).
80 HISTOIRE DE LA CHARITÉ. H^ PARTIE. — CHAPITRE Ht
crains que les cris tumultueux du théâtre ne me reprochent les souffrances du peuple romain et que l’on ne m’impute la disette publique à moi, malheureux magistrat, et infortunio meo publica deputetur esuries »
Honorius, dans une constitution, se vante de veiller avec un soin jaloux sur les approvisionnements de la ville Quant à Prudence il nous montre les petites gens gravissant, selon l’usage, les degrés des estrades que possède chacune des quatorze régions de Rome, afin de recevoir leur part d’aliments ^ : « Ces pensionnaires,. écrit Paul Allard [Julien V Apostat^ op. cit., t. P*", liv. II, chap. III, § 2, p. 227), sont, au iv® siècle, ce qu’ils furent en tous temps : calmes, si l’Etat leur donne, comme autrefois, leur sportule pleine de vivres et leur place gratuite au théâtre. Turbulents, si par hasard la flotte n 'est point signalée aux époques accoutumées en vue du port d’Ostie... Lorsque ce contre-temps se produit, tout autre intérêt ou tout autre devoir disparaissent pour ces affamés. »
En présence de cette éventualité redoutable, les Empereurs multiplient les lois relatives aux naviculaires ; à la conservation et même à l'accroissement de leurs privilèges : exemptions de charges et fonctions municipales, pénalités pour ceux qui entravent la marche des vaisseaux, etc.
Des portefaix déchargent le blé transporté ensuite par voie