Brièle, Collect. de documents, I, p
15. « Monseigneur le Premier Président a dit quil estoit à propos d’apporter à l'avenir plus de précaution encore que par le passé dans la réception des médeàfin davoir les plus expérimentez et que pour cela lorsquil y aura une place à remplir il estoit nécessaire de proposer plusieurs des meilleurs sujets et de choisir et nommer celuy dentre eux qui sera estimé le plus capable. » (Brièle, Notes, op. cit., p. 23).
16. Brièle, Collect. de docum., année 1666, 1, p.l72. Voici la nomenclature dupersonnel médical au Saint-Esprit, telle qu’elle figure à la table des matières des statuts de 1751 si souvent cités. « Tavola de’ capitoli che costituiscono la prima Parte: VIl De’ Medici Principali ; VIII de’ Medici soprannumerari. IX De’ Gerusici Principal!; X De’ medici Assistent! ; XI Del Litotomo ; XII De’ Gerusisi sostituti ; XIII Del capo speziale (pharmacien) ; XIV Del Gapo sanguigno ; XVIII Del Unzionario ; XIX Del sotto Unzionario.
17. La saignée (Salasso) esten effet fort usitée. Le Règlement du Saint-Esprit de Rome fait à la personne chargée de ce soin, les recommandations les plus expresses. « Il capo sanguigno per tanto eseguir, dovrà con ogni attenzione, e diligenza l’officio suo, considerando che non solo si rende Egli colpevole in faccia a Dio di tutti gli accident! dannosi, che dalla sanguigna male amministrata provengono, ma stà in procinto ancora diperdere tutta la stima, ed il credito in faccia al mondo » {Regole, op. cit., p. 102).
« L’hôpital militaire de Douai renferme 300 lits en 1763 et est desservi par un conseiller-médecin, un médecin-adjoint, un chirurgien major et quelques élèves. » (D'^ Faidherbe, Les médecins et les chirurgiens de Flandre avant 1789 (Thèse) 1892, p. 130).
18. Au Saint-Esprit de Rome (année 1744) on se sert i^our l’opération de la taille, et en général lors de toutes les opérations chirurgicales^ d’instruments fabriqués à
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« Le médecia, disent les statuts d’Aix (p. 33), doit avertir les prêtres des dortoirs lorsqu’il faut administrer les Sacremens uux malades ». Le soin des âmes ne peut en effet être négligé. Les synodes insistent sur les obligations des praticiens en pareille matière. Ils sont tenus, sous des peines spirituelles sévères, après la troisième visite, de refuser leurs soins aux malades, atteints sérieusement, appartenant à la Religion catholique et qui refusent les Sacrements, à moins que ce retard ne provienne de causes légitimes. Il ne s’agit pas également, nous venons de le dire, d’affections passagères sans gravité
Le chapitre VIII des règlements de Dijon [op. cit.^ p. 58-60) résume en ces termes les devoirs de calui auquel est confié le soin des administrés malades :
Il ne doit point « choisir les pauvres pour former des expériences au hazard de leurs personnes ». La vie d’un indigent est vie d’un homme, et homicidii crimen est in hominis sainte peccare.
2® Quant il juge y avoir péril de mort prochaine « en aucuns d’eux » il est tenu d’avertir la sœur afin que ce moribond reçoive les Sacrements, et soit disposé à faire une bonne fin.
3*^ Il faut traiter les personnes admises dans l’établissement -comme s’il s’agissait de gens riches. Ne procédant pas, par manière d’acquit avec nonchalance, mais de manière à ce que la visite faite aux malheureux produise tous ses fruits : sospitas œgrotantium, refectio debilium, spes certa fessorum.
Paris, Si ordinamo i Ferri di Gerusia in Francia e perché (iVofi^casio/ie, op. cit., 1815, p. 179).
19. « Mœdici œgrotos in lecto jacentes tertia die non visitent nisi, confessos. » Conférer : Innocentii Papae III consütutione quæ incipit : cum infirmitas, Lateranensi concilie promulgata, et B. Pii Papæ V, constitutione quæ incipit : supra ffregem dominicum, innovata et ab Innocentio Papa XI » (Gonst. syn. prov., Beneventanæ, a. 1693. Tit. LIV, cap. yii,Collect. Lacensis, I, p. 94.) Décréta Goncilii Romani, a. 1725, Tit. XXVIII, cap. i « .... ex quacumque infirmitate (excepta podagra aut alia indispositione, lecticubationem de se non exigente.... » {Collect. Lacensis, I, p. 455). Gonst. Gonc. Prov. Avenionensis,a. 1725, Tit. XLIX, de Mediçis, {Collect. Lacensis, I, p. 582j. Decret, conc. prov. Ebredunensis, a. 1727, cap. XI,
§ VI.' « Medicis præcipimus, ut, cum infirmum pereclitantem primum inviserint, ad peccata confitenda ilium adhortentur ; et ne ad eum nisi confessum tertio accédant, sub pœna interdicti ab ing’ressu Ecclesiæ prohibemus.. . .» {Collect. Lacensis., I, p. 631).
4^ Nécessité de veiller à la bonne confection des médicaments prescrits.
A rHôtel-Dieu de Paris (1666) il est recommandé aux compagnons chirurgiens qui travaillent dans la salle des femmes de garder « une grande retenüe, modestie ethonnesteté », tenant les rideaux des lits fermés, autant que leur opération le pourra permettre surtout en voyant des hommes dans ladicte salle (Brièle, Collée, de dociim.^ 1, p. 174).
Les visites des praticiens ne doivent point être faites avec précipitation 20. Il appartient aux Recteurs de réprimander les membres du corps médical s’acquittant mal de leurs obligations professionnelles 21.
Au XVII® siècle il n’est pas rare de rencontrer de petits asiles où les visites ne sont faites qu’à certains intervalles ; « deux fois par mois pour le moings » à Avallon 22.
Le (( physican » n’est tenu de se présenter au S. George’s Hospital de Londres, que le lundi et le vendredi, à moins de cas urgents. Le chirurgien vient tous les jours (Higmore, op. cit.^ p. 1^)^
En 1536 maistre Mathurin Tabouet, licencié en médecine, convient avec les administrateurs du grand asile Parisien, « de veoir et visiter doresenavant tous et chascuns les pouvres mallades qui sont et viendront cy-aprés oudit Hostel-Dieu, une fois ou deux toutes les sepmaines etainsy quil sera requiz par le maistre dudict Hostel-Dieu » (Brièle, Notes, op. cit., p. 20).
On ne tarde pas à reconnaître l’importance de visites plus fréquentes, ces visites après lesquelles soupirent les admistrés, dit le Règlement de l’Annonciation à Naples 23 ; les médecins sont
20. « Selon les Recteurs de V Hôtel-Dieu d'Avignon: Les médecins font leur visite avec tant de précipitation qu’ils n’employent qu’une demi-heure à visiter plus de cent malades » (Maurice Madon, Les maitres chirurgiens Avignonnais, in-8, Lyon, 1904, p. 41),
21. « A esté ordonné à l’huyssier du bureau de faire venir le médecin vendredy prochain au dit bureau, afin de commender au dict médecin de faire son debvoir mieulx qu’il n’a faict par cydevant, autrement qu’il sera ordonné parla compagnye ainsi qu’elle verra estre à faire » (Brièle^ Collée, des docum., op. cit.., année 1572, I, p. 7).
22. 11 est vrai que le chirurgien ne reçoit que 4 livres par an. Baudouin, maladière d' Avallon., op. cit.., p. 76.
23. « XXXII Perche nessuna cosa è dall’ infermo aspetta con più ardente
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amenés à les faire, en g“énéral, tous les jours, deux fois durant la même journée, et plus souvent si cela est reconnu nécessaire.
Cette règ-le s’établit à Aix, Toulouse, Sarragosse ^4^ Paris, Angers 2»^ Nantes, à Thêpital d’Aufîredy de la Rochelle ^6^ au Saint-Esprit-en-Saxe etc.
A Saint-Jacques-de-Galice, Marseille : « Les malades sont visités régulièrement deux fois chaque jour par deux médecins, et les blessés, pansés le même nombre de fois par les chirurgiens.»
Prescriptions analogues dans les statuts de Thopitaldela nation Espagnole à Rome. Les administrateurs doivent veiller à ce que les patients se trouvent soignés avec tout le soin et toute la charité désirables. « Deven los Administradores ser muy cuydadosos, en que los enfermos, assi hombres, como mugeres, se curen con toda la buena diligencia, j caridad que fuere possible ; advirtiendo, que el medico no faite cada dia » {op. cit.^ 1651, p. 13).
Les heures fixées pour ces visites sont naturellement variables. Le règlement d'Aix (1742, op. cit.^ p. 37) parle de huit heures
desiderio, che la visita del Medico, sperando dal medesimo ajuto, e sollevio, e ristoro, e salute dalle medicine... » [Regole, in-4, 1739, op. cit.., p. 97).
A l'Hôtel-Dieu de Lyon les blessés sont pansés régulièrement deux fois pàrjour (Règlement de 1764, petit in-12, art. V, p. 12).
24. « Estatuimos, que en el Hospital aya medicos conducidos à eleccion de los Regidores... y cargo de visitar cada uno los enfermos de su quadra dos vezes cada dia... » {Ordinaciones, op.cit.., 1723, p. 37).
25. « 1672, quatre chirurgiens s’engagent pour sept ans à venir deux fois le jour matin et soir « mesme autant de fois qu’il sera besoin et particulièrement lorsqu’il y aura des plaies de conséquence », à la visite des pauvres et tous quatre ensemble à une visite générale le premier lundi de chaque mois » (Célestin Port, Inventaire arch., in-4, op. cit., p. xxv).
26. «... Plus seront tenus deuls fois le jour, l’un deulx pour le moings visiter le grand hospital de cette ville et ordonne, pour les pauvres malades ce qui sera de besoing et sy le barbier ou autre ayant charge au dit Hospital, leur porte les urines des dicts mallades, ou leur demande conseil, ou pour les blessés, seront tenus de leur en bailler leur ordonnance et receptes, le tout sans en prendre aucun salaire... » Registre des statuts des corporations (1590) (Delmas, op. cit.., 1891, p. 43).
L’examen des urines est en usage partout : « Vedendo lisignori Medeci tutte le orine, conforme all’antica consuetudine. . . » (Ordini... delV Ho pi taie grande di Milano, op. cit., cap. xx, § 2, p. 45).
« (Medeci)... debbano usar la carità cogl’infermi, e particolarmente con que’ che sono entrât! di fresco nello spedale, interrogandoli sopra lo stato délia loro infermità, del tempo, de’ rimedi, ed altro, ed osservando il polso, le urine, la lingua... » {Regole... délia S. S. Annunciata di Napoli, 1739, cap. v, op. cit., xxxii,
du matin et de trois heures dusoir; à THotel-Dieu de Paris (1787) il s’agit de sept heures en été et de huit heures en hiver ; la seconde inspection restant fixée à quatre heures de l’après-midi (Brièle, Collée, de docum.^ t. II, p. 186) ^7.
Les médecins de Clermont-Ferrand doivent choisir une heure déterminée, la plus convenable, u tant par rapport aux veilleuses, qui doivent les instruire de l’état où se sont trouvés les malades depuis la denière visite, que par rapport à la confection et distribution des remèdes » [Règlem. du grand Hôtel-Dieu., in-4, 1749, p. 19).
Les (( Cerusici principali » du Saint-Esprit aux bords du Tibre, sont tenus de se présenter de bonne heure dans les salles [Regole^ op. cit., p. 82).
Les praticiens de Naples (magnifici medici e cerusici primari) fixent l’heure de leur arrivée afin que les assistants et les aides se trouvent présents. Affînche tanto gli ufiziali, quanto i medici, e cerusici assistent, e giovani serventi, sapendo l’ora délia venuta de’ primari, si trovino pronli al servizio degl’ infermi seconde le loro respettive istruzioni [op. cit.^ in-4, 1739, p. 97)-^.
A Pistoie le service médical de l’hospice del Ceppo est assuré également à l’heure qui convient le mieux (Bargiacchi, op. cit.., I, p. 230).
Le mémoire envoyé par les Administrateurs florentins au Roi Henri VIII d’Angleterre, analysé dans le tome III de notre
27, « Ordre et devoirs des compagnons chirurgiens de l’Hostel-Dieu de Paris, 1655 : I. à cinq heures précises sortiront de chez leur maître et à cinq heures et demie commenceront à panser les blessés, que le maître chirurgien leur aura donnés et mis en main. . .
... VIII. Apres dîner, ils iront faire la saignée du bras, pieds, ventouses et autres ordonnances du médecin et maistre chirurgien, qu’ils observeront ponctuellement, et obéiront aux ordres du dit maistre chirurgien, auquel ils porteront l’honneur et le respect qu'ils doivent à un maistre.
IX. A deux heures précisément commenceront à panser les malades jusqu’à quatre heures et demie, avec le mesme soin et ordre ci devant prescrit... » (D'' Corlieu, Les chirurgiens de V Hôtel-Dieu de Paris du XV« au X7X® siècle.^ extr. Gazette des hôp., 1901, in-8, 16 p., p. 7 et 8).
28. A Milan on se guide sur la grosse cloche de l’Eglise métropolitaine. « Primo, che li Signori medici, e chirurgi s’habbiano à ritrovare ail’ Hospitale per visitar gl’ infermi la mattina almeno ail’ hora délia Gampana Maggiore délia chiesa metropolitana, acciô che gl’infermi siano visitât! à tempo debito, econlanecessaria commodité. » {Ordini... delV Hospitale grande di Milano., op.cit., cap, xx, p. 44-45. Voir aussi Saint-Esprit de Rome, année 1748, op. cit.., in-4, 1815, p. 144).
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ouvrage (p. 222-224), nous montre les médecins faisant leurs visites entourés de tout un cortège de surnuménaires, d’apothicaires, d’infirmiers, etc. Gette manière de procéder se retrouve partout et tient à la nature même du service Quelques exemples sont suffisants.
Dans l'Hôtel-Dieu d’Aix, lors de ses visites du matin et du soir, le médecin est assisté de l’apothicaire, qui porte le livre des ordonnances, et y écrit celles du jour, avec le nom des malades et le numéro de leur lit. Le semainier, le prêtre de la salle et le chirurgien sont à leur poste.
« Tous les jeudis le médecin assiste à la visite générale des blessés et au pensement que le chirurgien fait en sa présence » (op. cit., 1742, p. 37-39).
Dans les maisons des fils de Saint-Jean-de-Dieu, trois religieux accompagnent le médecin « sçavoir, un infirmier, un chirurgien et un apoticaire, L’infirmier expose la maladie, on interroge le malade et les religieux écrivent chacun sur un livre, ce que le médecin ordonne pour l’exécuter au temps marqué » [Bullaire^ op.cit.^ in-4, 1723, p. 229)
Certains praticiens, assistants ou surnuméraires, continuent d’ailleurs à résider dans les établissements hospitaliers pour parer à toutes les éventualités
29. « Aller est medicorum quaternio, Assistentes vocant, seu quod adsint et comitentur medicis præcipuis, cum ægros inspecturi veniunt, seu quod assiduè domi se continere debeant, unus saltem eorum ut casibus repentinis ægrotantium occurrant, ut adventores infirmos explorent, atque ut suis quique medicis référant, quæ in ægris sympLomata quas accessiones febrium aut periodos observarunt. » (D. Saulnier. De capite sacri ordinis S. Spiritus dissertation in-4, 1649 p. 142). Les règles du Saint-Esprit (1751, p..73), nous montrent le médecin principal entouré des médecins assistants, de l’infirmier en chef, de l’apothicaire et des élèves de garde.
30. Il y a dans cet établissement quatre médecins, qui servent par quartiers pendant trois mois chacun et, afin de ne rien livrer au hasard, « le médecin qui prend le quartier assiste aux visites des malades, trois jours avant la fin du quartier de son prédécesseur, pour shnstruire de leurs maladies. »
31. Pendant longtemps le chirurgien est donc chargé de suivre le médecin et de veiller à ^exécution de ses prescriptions (Pétrequin, Mélanges de chirurgie ou hist. médicale de V Hôtel-Dieu de Lyon^ 1845, p. 16). C’est le rôle que Ghamousset assigne aux chirurgiens dans un plan d’Hôtel-Dieu modèle {Œuvres , éd. de 1787, t. P", p. 195).
32. « Præceptor generalis S. Spiritus decrevit, et ordinavit, quod omnes medici assistentes debeant reperiri in suo Domicilio tempore Noctis, et dormire in Hospitali prædicti S. Spiritus, et in Caméra, seu domicilio cuilibet eorum assig-
« A l’avenir, dit le règlement de la Charité (Lyon 1693), le maître chirurgien ne sortira de la maison que deux fois par semaine, en différents jours, et ne pourra rester dehors que quatre heures au plus » (Rolle, /nu., op. cit.^ t. III, p. 134).
§ 3. — Des privilèges accordés aux médecins et chirurgiens^ ainsi que des honoraires alloués.
En France, malgré l’opposition des corporations de communautés, les compagnons chirurgiens attachés aux hôpitaux obtiennent d’être nommés maîtres sans payer les droits d’usage. Le temps de service exigé est généralement de six années ; Aix [op. cit.., p. 39); Lyon, Hôpital de la charité (année 1619) (/nu., op. cit.^ série A, p. 19). En vertu de Lettres patentes de l’année 1645, l’hospice des Incurables à Paris jouit du privilège de pouvoir faire admettre comme maître, sans frais, le principal chirurgien après six années de service (Feulard, Laënnec^ op. cit.^ preuves, XVI, p. 103-104).
A Angers le médecin et le chirurgien desservant l’Hôtel-Dieu sont exemptés durant leurs fonctions : de tutelle et curatelle ; du guet et garde ; du logement des gens de guerre ; « ensemble de toutes charges publiques et impositions «
En 1787 un sieur Nozereau, médecin de l’hôpital de Loudun, et ne touchant de ce chef aucun honoraire, se plaint de la taxe à laquelle il est imposé et s’adresse à l’Inspecteur général Colombier qui appuie sa requête sans grand espoir de réussir (Arch. Nat., F15 2282).
nato, et in dicto Hospitali existen. Sub pæna privationis dicti Officii Assistentis ipso facto irremissibiliter incurren. » {Notificazione, in-4, 1815, op.cit., ann.,1652, p. 20). « Ordenamos que aya en casa dos Licenciados, que duerman en ella... »> {Ordinaciones. Zaragoza^ op. cit., ^123, p. 39).
33. Brièle {Notes, op. cit., p. 28-29) cite à ce sujet un curieux incident. Un sieur Cabany ayant fini son stage à l’Hôtel-Dieu en 1766, « craignant d’indisposer contre lui la corporation des maîtres chirurgiens, voulut passer sa thèse, mais le Bureau le lui défendit formellement, sous peine de perdre le bénéfice de ses six années de service à l'hôpital. »
34. « Après six ans de service ledit chirurgien acquérera le droit de maîtrise et sera reçu maître sans être tenu de payer aucune jurande ni autres droits accoutumés aux réceptions des chirurgiens » (Lettres patentes, septembre 1740).
i;.E SERVICE MÉDICAL
Quant aux honoraires ils sont modiques ; certains praticiens servent même gratuitement (Delmas, Hôp. de Poitiers^ année J 764, op. cit., p. 48)^5.
Voici quelques chiffres :
Hôtel-Dieu de Paris, 1568, traitement de Simon Malmedy, docteur Régent, 120 1. ; 1573, Robert Groson, 150 1. ; 1585, Philippe Hardouin de St. Jacques, allocation exceptionnelle de 400 1. En 1614, le nombre des malades augmente, les honoraires montent à 600 1. (titulaire le sieur Bazin). Plus tard 1656-1661, il y a sept médecins dont les traitements varient entre 300 et 600 1. Au XVIII® siècle (1735), minimum 600 1.^ maximum, 1000 1. (Brièle, Notes, op. cit,, p. 20 à 25).
Les chirurgiens reçoivent des indemnités notablement inférieures . Tous ces praticiens subissent le contre-coup des orages révolutionnaires et le 27 nivôse, an 7, ils exposent leur misère au citoyen Lareveillière-Lepeau Cette navrante requête est classée purement et simplement.
En dehors de l’Hôtel-Dieu nous trouvons que le sieur Daron,
35. « En Angleterre dans la plupart des hôpitaux des provinces les médecins ne reçoivent point d’honoraires ; ils en sont dédommagés par le privilège d’avoir un ou plusieurs élèves qui seuls ont le droit de suivre, dans l’hôpital, le médecin et le chirurgien, d’assister à leurs visites et à leurs opérations. C’est une sorte d’apprentissage que ceux-ci font payer aux élèves depuis cent jusqu’à trois cents guinées par an. Il y a ordinairement dans chaque hôpital deux médecins, deux chirurgiens et un apothicaire. . . » {Aikin., Réflexions sur les hôpitaux. Étab. d’humanité, op. cit., n° 12, p. 95, t. XIV).
36. En 1622 l’auteur des Caquets de Vaccouehée (édit. 1850, p. 251) parle d’un médecin de l’Hôtel-Dieu « qui a quatre cens écus de gages ». A Angers, en 1568, des personnes charitables se cotisent « pour aider à faire couper une jambe à un malade » ; il leur en coûte 104 sous 10 deniers. En 1689 un opérateur touche 15 livres pour l’opération de la pierre faite à un pauvre (Gélestin Port, op. cit.., in-8, p. 39.) « Pour une jambe de bois à un garçon à qui on a coupé la jambe 3 livres » (Année 1689, Inv. hosp. de Bordeaux., op. cit., p. 75).
37. « 27 nivôse, an 7. Les médecins des hospices civils du dép. de la Seine exposent leur misère au citoyen Lareveillère-Lepeau par l’entremise du citoyen Mallet. Ils lui observent qu’ils n’ont presque rien reçu depuis plus de 17 mois, que plusieurs sont dans la plus cruelle détresse ; et ont été forcés de vendre jusqu’à leurs livres. Qu’il y a parmi eux d’octogénaires qui exercent depuis plus de quarante ans. Ils connaissent les bonnes intentions du ministre de l’Intérieur, mais malheureusement sa bonne volonté n’a point encore eu d’effet, ils en ignorent la cause. Peut-être même est-il trompé et se recommandent au citoyen Lareveillère-Lepeau pour l'éclamer sur cet objet très intéressant et très pressant pour eux. » Signé Mallet, médecin du grand hospice d’humanité. En tête de cette lettre se trouve inscrit au ministère un majestueux : a classer. (Arch. Nat., 364).