OBJECTION II
Le bureau de charité ne reçoit pas ceux qui mériteraient d'être reçus et n assiste pas ceux qui devraient être assistés (xvii).
Cette objection ressemble beaucoup à celle produite plus haut sous le n® xiv. On peut répondre de nouveau que des enquêtes sont faites.
Que d’ailleurs le bureau ne se propose pas seulement d’abolir la mendicité, mais encore de bannir la fainéantise. Que l’on donne donc à un père de famille ce qui luy est nécessaire pour ne pas mourir de faim, sans fournir l’équivalent de ce qu’il peut gagner par le travail.
OBJECTION lll.
Le bureau ne donne que du pain aux pauvres qui ne sont pas dans la maison de la charité^ le moyen qu ils vivent? (xYiii).
Si ces pauvres sont valides et d’un âge à ne pouvoir être nourris d’un seul pain, le bureau ou les reçoit dans la maison, ou règle ce qu’il juge là-dessus. Il suppose que ceux qui travaillent,
LE RENFERMEMENT DES PAUVRES
chacun selon ses forces, gagnent les autres choses dont ils ont besoin. Les administrateurs ne veulent jamais, en effet, encourager la paresse des gens valides.
Ici se placent deux objections formulées dans l’édition romaine de 1693 et non reproduite à Aix.
Ces objections prouvent, du reste, qu’il est bien difficile de contenter tout le monde :
Obiezione xiv. / Poveri sono troppo ben nutriti in questo Ospizio (p. 77).
Obiezione xv. / Poveri sono nutriti troppo male in quesf Ospizio (p. 79).
Le Père Guevarre répond aux premières critiques, que grâce à la sagesse des directeurs, les pauvres admis dans l’établissement ont une nourriture convenable, suffisante, mais exempte de toute recherche et de toute délicatesse superflue.
Il dit aux seconds contradicteurs que cette nourriture est au moins égale, si elle n’est supérieure, à l’alimentation ordinaire dont jouissent les artisans de la Cité; que les excès que se permettent les riches ne doivent pas être un sujet d’envie. « Et nelle case di molti Artigiani, i quali lavorano quanto i Poveri deir Ospizio, e più, non troverete l’alimento megliore, nè più abondante. «